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La réalité virtuelle pour aider les donateurs à comprendre l'impact de leurs actions caritatives

01/07/2016 10:55 EDT | Actualisé 01/07/2016 10:55 EDT

Ce billet de blogue a été coécrit par Averie Hah et Alan Shekhtman, et traduit par Ophélie Martin.

Quelques exemples de levées de fonds caritatives qui se servent de la réalité virtuelle

Imaginez que vous aperceviez un prospectus ou une publicité vous montrant des enfants du tiers monde visiblement malheureux. Ressentez-vous un sentiment d'empathie qui vous poussera à être généreux ou ressentez-vous davantage une sorte de culpabilité malaisante que vous désireriez éviter? Les statistiques choquantes et les images fortes ont fonctionné pendant un temps - le message se voulait puissant et émouvant. Cependant, après quelques prospectus et publicités de trop, ce même message a fini par s'essouffler et a largement perdu de sa portée.

Les photos ne sont plus aussi touchantes et les statistiques n'ont plus autant d'impact puisque «l'effet choc» de ces dernières a quasiment complètement disparu. Le problème pour la plupart d'entre nous réside dans la distance, à la fois physique et émotionnelle, qui nous sépare de ceux qui ont besoin d'aide. Les donateurs ne sont plus autant investis dans les œuvres caritatives, car de nombreuses ONG ne parviennent plus à susciter de l'empathie, et encore moins à communiquer l'ampleur du problème. Alors, que nous reste-t-il à faire? Quel avenir s'ouvre-t-il aux diverses levées de fond et autres œuvres caritatives?

La solution réside peut-être au cœur de la haute-technologie. Les exemples qui suivent montrent comment certains organismes se servent de la réalité virtuelle dans un but caritatif ou associatif.

La réalité virtuelle comme «déclencheur d'empathie»


Alors que le plus grand problème pour les ONG reste le fossé physique et émotionnel entre les donateurs et ceux dans le besoin, le plus grand avantage de la réalité virtuelle est que vous pouvez être quelque part physiquement tout en étant projeté au cœur d'un nouvel environnement. Cela explique donc pourquoi la RV se place comme étant la solution parfaite pour les ONG puisque celle-ci permet de combler l'écart émotionnel. De nombreuses ONG et autres entreprises sociales l'ont déjà bien compris alors qu'elles utilisent ce moyen afin de promouvoir et défendre leurs causes.

Cependant, la réalité virtuelle en vaut-elle vraiment la peine? Encore faut-il répondre à la question des coûts associés à ces nouvelles installations et les résultats observés. Il est vrai que les films et le processus de postproduction pour la réalité virtuelle coûtent inévitablement du temps et de l'argent. Il reste même coûteux ne serait-ce que d'écouter un contenu en réalité augmentée (de $2 pour des lunettes en carton jusqu'à $200 pour un cyber-masque). Comme l'a formulé le directeur marketing CGI de Felix & Paul Mochizuki, l'efficacité de la réalité virtuelle reste la question à $64 000.

La réponse? L'usage de la réalité virtuelle paie. Comme l'indique les graphiques ci-dessus, $3,8 milliards de dons en aide aux personnes touchées par la crise syrienne ont été récoltés après la diffusion de Clouds Over Sidra (Nuages sur Sidra), un film en réalité virtuelle projeté lors de la 3e Conférence internationale humanitaire. Ce montant surpasse largement les prédictions qui s'élevaient à $2,2 milliards. Pour prouver encore davantage l'efficacité de la campagne, l'UNICEF est désormais en train de tester la diffusion du film dans les rues de 40 pays différents, en proposant une levée de fonds en «face à face» avec les populations dans le besoin. À ce jour, une personne sur six qui a participé à l'expérience a fait un don à l'UNICEF, soit le double de la fréquence des dons usuels.


Il est clair que la capacité de la réalité virtuelle à littéralement transporter le spectateur et lui permettre d'évoluer dans un nouvel environnement - que ce soit dans un paysage ravagé par un tremblement de terre au Népal ou le long du voyage d'une fillette Éthiopienne allant à l'école sous une chaleur accablante - permet de créer un sentiment d'empathie, et, par extension, une source de revenus. Si les donneurs arrivent à éprouver de la compassion pour la cause défendue, il devient possible pour eux de mieux comprendre le travail des volontaires, de mieux identifier les sources du problème et donc de mieux comprendre l'importance des dons.

Permettre de comprendre le véritable impact des dons

Comment pouvez-vous être sûr que vous avez réellement participé à la plantation d'un arbre à l'autre bout du monde ou que l'enfant que vous parrainez reçoit l'éducation et le matériel que vous financez? Lorsqu'il en vient aux œuvres caritatives, il existera toujours une demande de preuves, comme quoi les dons font une réelle différence. Ici encore, la réalité virtuelle semble être la solution adéquate.

TOMS, un modèle d'entrepreneuriat social, a été l'une des premières organisations à en faire l'expérience. Mycoskie, le fondateur de l'entreprise a ainsi déclaré: «Dans le fond, que vous soyez une ONG ou une entreprise sociale comme TOMS, la chose la plus importante demeure que nos clients et donateurs comprennent réellement l'impact qu'ils peuvent avoir.»


Grâce à la réalité virtuelle, les personnes n'aident désormais plus de simples étrangers, mais des «connaissances», voire même des amis. Une fois que les donateurs sont témoins de la différence qu'ils peuvent faire, ceux-ci deviennent enclins à aider dans une plus grande mesure.

«Nous pouvons monter de nouvelles activités qui permettront aux bénévoles d'utiliser leur imagination, leur savoir-faire et leur capacité à résoudre certains problèmes. Cette approche est radicalement différente que de simplement dire ''Salut, donne-nous de l'argent, c'est vraiment triste ce qui se passe là-bas tu sais.''»


De la compassion à l'action grâce à la réalité virtuelle

Au-delà de provoquer de l'empathie et de lever des fonds, la réalité virtuelle peut également permettre aux personnes d'agir plus concrètement. Bien que l'idéal serait d'emmener chaque bénévole potentiel en voyage humanitaire pour réunir le plus de mains d'œuvre possible, la plupart des ONG et autres entreprises sociales manquent de ressources nécessaires. C'est là que la réalité virtuelle intervient, puisque sa portée s'étend bien au-delà des besoins promotionnels. «Cela peut être une grande source de motivation et de formation pour ceux qui ont l'occasion d'acquérir de l'expérience sur le terrain ''virtuel'', ce qui est bien plus rentable qu'un déplacement sur le terrain ''réel''», écrit Becky Slack pour The Guardian. Fabian, le co-leader de UNICEF innovation explique également qu'une fois que les personnes commencent à être impliquées et attachées à la situation de façon plus tangible, «alors nous pouvons monter de nouvelles activités qui permettront aux bénévoles d'utiliser leur imagination, leur savoir-faire et leur capacité à résoudre certains problèmes. Cette approche est radicalement différente que de simplement dire ''Salut, donne-nous de l'argent, c'est vraiment triste ce qui se passe là-bas tu sais.''»

La triste réalité est qu'il devient difficile de provoquer l'intérêt pour les œuvres caritatives. Dans ce monde où tout va à 1000 à l'heure, il est devenu difficile de défendre sa cause, et encore plus difficile d'établir une vraie connexion avec les gens. Comme nous l'avons vu dans les quelques exemples précédents, il est temps pour les ONG et les entreprises sociales de penser aux avantages que présente l'usage la réalité virtuelle. Comme le dit Chris Mil de VRSE dans le clip qui suit, «la réalité virtuelle est une machine. Mais à travers cette machine, nous devenons plus compatissants, plus empathiques et plus connectés les uns aux autres pour, finalement, devenir plus humains.»


Ce billet de blogue a également été publié sur le Huffington Post Canada.

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