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Au nom de «l'a-guère»

01/06/2014 09:23 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Il est des communautés qui se créent au fil des âges et des espaces et qui se définissent à travers leurs membres (générations au même profil) qui entrent dans l'histoire, qu'on l'admette ou non, par les faits marquants de leur combat d'affirmation. J'aimerai vous inviter à faire la découverte d'un peuple qui s'est établi dans notre ère et qui erre sur nos terres : il s'agit du Peuple de « l'a-guère ».

Ce peuple tient son nom d'un fléau qui le touche de plein fouet et contre lequel il lutte chaque jour avec les seules armes sa disposition : la créativité des mains nues. « L'a-guère » est synonyme « d'insuffisance de revenu » et cela est tout particulièrement visible dans les Cités des pays industrialisés. « L'a-guère » n'est pas la pauvreté, qu'on ne s'y méprenne pas. Elle est cependant plus proche de la précarité sans en prendre le costume, car « l'a-guère » est plus reluisant que le précaire. Le peuple de « l'a-guère » vit avec un revenu qui le met à l'abri de la survie. Son combat à lui est plus proche de la « guère-il-y-a » urbaine et quotidienne qui vise à profiter de tout le confort de vie qu'il mérite pour les acquis de son parcours. Cette lutte est une longue marche entamée par ses prédécesseurs vers l'incrément de patrimoine, un meilleur accès à la richesse non seulement par partage du revenu de la part des gouvernants, mais aussi, par sa propre création de valeur en tant qu'acteur économique. Cette marche n'est autre qu'un retour à un âge d'or global pour sa civilisation.

Les prédécesseurs de « l'a-guère » sont cette génération issue des classes moyennes des pays en développement (opérant essentiellement dans la fonction publique), et qui a, à l'origine, toujours habité ce « no mans land » du confort. Fondant l'espoir sur l'éducation, comme leurs parents l'ont fait pour eux en les sortant du milieu rural, ils ont choisi de consentir à d'énormes sacrifices pour voir leurs progénitures sortir de la terre mère pour acquérir la connaissance nécessaire pour continuer à améliorer le patrimoine familial. Ces derniers constitueront par la suite, le flot de migrants économiques partagés entre l'établissement dans les Cités de leurs études ou le retour dans la Terre mère après une longue absence, souvent sans réseau, sans capital particulier et conscient des défis de la vie locale. Le Peuple de « l'a-guère » se doit de réaliser, cependant, sa part dans la longue marche de la civilisation en contribuant par ces efforts à améliorer ses conditions de vie et constituer un patrimoine pour la génération future qui prendra le relais avec d'autres problématiques et d'autres vocations.

Qui veut la paie prépare « L'a-guère ». J'ai choisi alors d'œuvrer pour donner à ce Peuple sa raison d'être à travers sa fierté retrouvée et son patrimoine effectif. Le revenu est un élément essentiel de notre temps. Pas besoin de condamner le riche au nom d'une énigmatique parabole sur les chameaux et les aiguilles. On ne peut vouloir lutter contre la pauvreté en maintenant les peuples dans des conceptions qui leur font craindre paradoxalement l'accès à la richesse. « L'a-guère » se doit de recourir à cette paie, ce revenu, comme un outil pour s'accomplir sur le plan humain voire sur le plan spirituel. Comment concevoir en effet qu'on ne puisse atteindre cet accomplissement personnel, qui est sans nul doute le but de toute existence, sans s'affranchir des contraintes matérielles.

J'aurais tendance à me répéter dans mes propos, mais c'est à ce prix que le déclic doit s'opérer pour que ce Peuple de « l'a-guère » se décide à quitter sa torpeur pour entreprendre des projets devant l'amener à réaliser l'incrément de patrimoine et garantir l'accès à un meilleur poids économique à toute la communauté. Ce poids est un gage de prise en compte dans les décisions politiques qui nous concernent et affectent tous. Malgré les définitions qu'en donnent les universitaires, je me contente de voir en l'entrepreneuriat ethnique, un complément d'initiatives et de projets à entreprendre de façon concrète pour garantir cette paie, ce revenu de confort. Ceux qui pensent déjà avoir atteint ce confort sont ceux qu'on entend le plus souvent ronfler et qui présentent une grande inertie à être mobilisée par exemple pour offrir la chance à d'autres d'émerger. Il ne peut y avoir de confort tant que le patrimoine n'offre pas une utilité à la communauté ou à la personne de façon durable...

La paie est donc à souhaiter pour les cœurs et je me bats pour « l'a-guère »

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