Depuis le début du débat des frais de scolarité, plusieurs étudiants manifestent dans les rues contre la décision de Line Beauchamp d'augmenter de 325$ par année les frais de scolarité. Bien que ceux-ci croient légitime de manifester dans les rues, certains remettent en question la bonne volonté des associations étudiantes. En effet, les associations étudiantes convoquent les étudiants de leur faculté, les font voter sur la question de la grève étudiante et reconduisent le vote aux dates prévues.
Cependant, un groupe d'élèves adécidé de dire « STOP » à ce que certains confondent à la démocratie. Lundi prochain, dans la salle 3.14 du Palais de Justice de Québec, à 8 :45 du matin aura lieu le procès en Cour supérieure du « groupe des 10 » contre l'Université Laval, ses 2 syndicats, la Confédération de toutes les associations étudiantes, l'Association de Sciences sociales et l'Association d'Anthropologie. Si le juge tranche en faveur de Laurent Proulx et du « groupe des 10 », cela constituera un précédent historique : le fait de bloquer l'accès aux salles de cours et pavillons deviendra illégal.
Le groupe des 10
Nous les appelons « le groupe des 10 ». Ce petit groupe de 10 étudiants, dirigé par Philippe Champagne, comprend des élèves de sciences politiques et relations industrielles de l'Université Laval. Le groupe des dix, auquel s'est joint le premier étudiant de l'histoire de Québec à poursuivre une association étudiante dans le cadre d'une grève illégale, Laurent Proulx, demandera lundi matin à un juge de la cour supérieure de se prononcer sur le piquetage des cours qui bloque l'accès aux étudiants et enseignants. Tout comme Laurent Proulx, « le groupe des 10» est conseillé gratuitement par le célèbre coroner Yvon Garneau de Drummondville. On aime les pro-bonos qui vont déstabiliser ces chères associations étudiantes, un vrai délice!
Laurent Proulx : un homme en mission déterminé à faire valoir ses droits
Nous nous souvenons tous de Laurent Proulx qui a mis en demeure l'association d'anthropologie de l'Université Laval. Privé de son cours en raison du piquetage organisé par l'association dans le cadre d'une GGI (Grève Générale Illimitée), il estime qu'il est victime d'un préjudice, car le droit de piquetage est réservé aux syndicats de travailleurs. Suite à la une du Soleil du vendredi 16 mars, Laurent Proulx multiplie les entrevues dans les medias. Lors de son entrevue au 93Fm, le journaliste Carl Langelier a confirmé que durant l'entrevue, les lignes ouvertes se sont remplies d'auditeurs sympathiques à la cause du jeune homme. Laurent Proulx n'est membre d'aucun parti politique, ni du MÉSRQ (Mouvement des Étudiants Socialement Responsables du Québec) mais semble bénéficier d'un appui populaire grandissant. Le maire Gendron appuie ouvertement la cause de l'étudiant. Comme quoi les étudiants arborant le carré rouge n'ont pas toujours droit au monopole médiatique! Quelle bonne nouvelle!
Le jour même de la parution de l'article dans le Soleil, l'UQTR (Université du Québec à Trois-Rivières) a annoncé, suite à un vote de GGI pris 2 jours plus tôt, que les cours seraient repris dès le samedi matin. Dans un courriel, envoyé à l'ensemble de ses membres, affirme qu'elle prendra les mesures nécessaires pour maintenir l'accès aux classes et aux pavillons de son campus.
À ce sujet, toujours aucune réaction du porte-parole de la classe, Gabriel Nadeau-Dubois, dont l'association poursuivie est membre. C'en est presque surprenant!
Monsieur le Juge, à l'autre bout de l'échelle, tout en bas, se trouvent ces éternelles victimes : les étudiants
À 14h00 cet après-midi, un huissier de Québec est parti sur le campus de l'Université Laval. Il avait avec lui 6 avis de présentation en cour supérieure. Ces derniers visaient :
L'Université Laval, la Confédération des Associations D'Étudiants et d'Étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), le Syndicat des Professeurs et Professeures de l'Université Laval, le Syndicat des Chargées et Chargés de Cours de l'Université Laval, l'Association des Étudiants et Étudiantes en Sciences sociales (AÉSS) et l'Association des Étudiants et Étudiantes en Anthropologie de L'Université Laval (AÉÉA).
L'issu de cette action judiciaire pourrait changer l'histoire du Québec en matière de grève étudiante. Que ce soit le code civil ou criminel, ou le Code du travail dans le cas des travailleurs, il formellement interdit au Québec d'empêcher quiconque de jouir du droit commun. Or, la Charte des Droits et Libertés de la personne est très claire à ce sujet. Selon l'Article 6, toute personne a droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens, sauf dans la mesure prévue par la loi. Selon l'article 49, une atteinte illicite à un droit ou à une liberté reconnus par la présente Charte confère à la victime le droit d'obtenir la cessation de cette atteinte et la réparation du préjudice moral ou matériel qui en résulte. En effet, selon l'article 180 du Code criminel, les lignes de piquetage seraient considérées comme étant de la nuisance, donc illégales.
« Dilemme du Prisonnier »
Selon les associations étudiantes qui ont voté le droit de grève, le droit de piquetage est légal et est même encouragé par les associations étudiantes à travers le Québec. Par contre, si les associations étudiantes se prévalent de droits syndicaux, il est clair dans le Code du travail et la jurisprudence que le piquetage est interdit. En contrepartie, si ces associations disent qu'elles ne forment pas un syndicat, le Code du travail ne leur donne pas un droit de grève. Conclusion, si les associations continuent d'encourager le piquetage et affirment leur droit de grève, elles peuvent se faire poursuivre tant au civil qu'au criminel. Alors, chères associations étudiantes, qu'allez-vous faire? Continuer votre grève, tout en maintenant le piquetage ou cesserez-vous le piquetage pour laisser le droit aux étudiants d'assister à leurs cours?
Je suis juriste, et ça ne fait aucun sens! Mais vraiment AUCUN! Juste le fait de penser qu'on peut mélanger dans une même action du droit criminel et les droits issus de la Charte, si toutefois elle trouve application... Ça tient pas la route! Ça peut juste être une erreur, ça doit pas être les vrais articles sur lesquels se base le recours sinon ça ne fait absolument aucun sens!
SVP rectifiez cela c'est de la désinformation! Sinon faites de la recherche auprès d'un conseiller juridique.
1: Mme Grenier ne s’identifie pas comme journaliste, mais comme étudiante!
2 : Démocratique les associations étudiantes? Avec un vote à main levé et si vous n’êtes pas présent, tant pis pour vous! Qui a élu les dirigeant de ces associations, de quelle façon?
3 : La charte garantie le droit au piquetage, pas au blocage!
4 : Un scab (Briseur de grève) est un travailleur embauché pour remplacer un salarié en grève. Ce concept ne peut s’appliquer aux étudiants qui veulent poursuivre leurs cours.
Bravo Arielle!
1: D'accord, mais ça on l'avais compris!
2: Démocratique? Évidemment. Et ne scander pas haut et fort que le vote à main levé ne l'est pas. La chambre des Communes et l'Assemblée Nationale procède de cette façon depuis des lunes. Concernant l'élections des représentants associatifs, c'est avec un vote en début où fin d'année (selon les assos). Ce vote est principalement sous forme de référendum, avec une campagne électorale et tout. Mais est-ce que les étudiants y participe en grand nombre? Bof, c'est exactement comme le reste, on se fiche de tout sauf quand on s'en fiche plus.
Si les étudiant s'investissaient d'avantage dans leurs associations étudiantes, peut-être serais-t'il mieux représentés.
3: Il y a quand même eu un vote majoritaire sur une grève. Il ne faut pas brandir la démocratie et la bafouée en même temps.
4: Bon là...
Lorsqu'on en est rendu là, que ce soit pour un carré rouge ou pour un carré vert, c'est qu'on a fondamentalement échoué dans quelque chose de pourtant si simple: être ouvert au dialogue.
Si Mlle Grenier est ouverte à discuter sur la dimension juridique du présent conflit, je l'invite à me contacter. Pour ma part, j'en ai été incapable.
Lorsqu'on lit des phrases comme : "On aime les pro-bonos qui vont déstabiliser ces chères associations étudiantes, un vrai délice!", on perd l'essentiel d'un travail journalistique.
C'est un devoir de donner la parole à tous les camps dans un débat, elle est là la portée du quatrième pouvoir du journalisme.
Je lance donc une invitation, voire une alerte aux journalisme partisan.
Ce n'est pas parce que c'est écrit que cela est vrai. Ne soyez pas dupes, soyez le propre maitre de votre libre-arbitre, soyez des libres penseurs!
Catherine Desroches-Lapointe
Journaliste à l'Exemplaire
Journaliste http://lemetronome.ca
Bonjour Gabriel. Tu es intelligent, alors... Imposer les multinationales ou autres et les plus fortunés n'est pas la solution, car ils partiront du Québec. Et Charest le sait très bien. Acharnez-vous plutôt à faire dégringoler les rectrices et recteurs à des salaires normaux. Et s'en parler des multitudes de magouilles des cadres, des enseignants, etc...
500 000$/année pour un recteur, tu trouves ça normal toi ? Et les BONUS de départ de 250 000$ ? Et les passes droitent des étudiants qui ont un parent ou des contacts pour obtenir un doctorat à bon marché et sans efforts ? Les enseignants savent comment faire baissé la cote R. Ils savent aussi comment la faire monter. Fait une véritable bonne enquête et tu verras. Serge (diplômé en psycho)
Du même coup, je me demande si vous êtes aussi contre les impôts progressif sur le revenu et le capital ?
En lisant ce billet, on ne peut que faire le constat que, dans une société privilégiant la libre circulation des biens et des marchandises (ce que chacun est devenu : une ressource humaine), tout ce qui gêne cette circulation ne peut qu'être nuisible à la société. Conclusion : il faut rétablir cette circulation.
En fait, madame Grenier, vous êtes dans la droite ligne d'une vague de fond de l'« individu architecte de sa vie » qui n'en n'a rien à cirer des revendications des autres, et ce modèle est en passe de faire tache d'huile dans les sociétés occidentales. Le délestage étatique qui se dessine présentement n'est que la figure de proue d'une tendance plus lourde, celle de l'autonomisation systématique de l'individu, résilient en tout, obligé d'internaliser des problèmes qui lui sont externes.
Pierre Fraser
doctorant en sociologie
Université Laval
Premièrement, l'introduction de votre commentaire me déçoit grandement. Bien que je ne sois pas une admiratrice du maire Gendron, je crois que le fait que vous vous permettiez de le qualifier de "point défavorable envers la cause" ne constitue pas plus un point favorable envers la vôtre. Ce que j'y vois ici tient davantage du jugement de valeur que de l'argument béton.
Deuxièmement, je ne crois pas qu'il faille déduire que si 200 000 étudiants sont en grève à l'heure actuelle, c'est nécessairement que 200 000 étudiants sont en faveur de la grève et en défaveur de la hausse des frais de scolarité. Vous savez, de nombreuses associations étudiantes sont en faveur de la grève à moins de 55 %. Par ailleurs, de nombreuses associations étudiantes universitaires et cégeps se sont positionnés pour la hausse des droits de scolarité ou contre la grève.
Effectivement le monde est bien petit ! Si vous relisez attentivement mon texte, je ne prends position ni pour une partie, ni pour l'autre. Ma position épistémologique est la suivante : « Que se passera-t-il si nous adhérons massivement à l'un ou l'autre discours ? »
Ce que je démontre ici, c'est que, présentement, il y a une tendance de fonds vers un délestage étatique de plusieurs sphères de la société dans la plupart des pays occidentaux, et que ce délestage oblige l'individu à internaliser des problèmes qui lui sont externes : il doit devenir entièrement autonome et se fier de moins en moins à l'État pour s'assumer en tant qu'individu. Je ne dis pas que c'est la chose qui doit être faite, mais il y a là une tendance sur laquelle il faut se pencher et réfléchir.
Les revendications étudiantes sont le symptôme d'un malaise beaucoup plus profond. La question qu'il faut maintenant se poser est la suivante : « Est-il possible de freiner ou de ralentir le rouleau compresseur du néolibéralisme, ou bien de le transformer ? » Cette course à l'individu « architecte de sa vie » est-elle inéluctable ?
Pierre Fraser
Doctorant en sociologie
Université Laval
Je ne crois pas qu'il soit tellement édifiant d'accuser les gens qui souhaitent retourner en classe d'internaliser des problèmes qui leur sont externes vu leurs arguments bien peu égoïstes en faveur de la hausse des droits de scolarité. Je respecte le fait qu'une masse revendique le gel des frais de scolarité pour les raisons qui sont les leurs. Cependant, ce que je respecte moins, c'est que l'on accole systématiquement l'étiquette de nombrilistes aux individus en désaccord avec le mouvement étudiant pour les raisons qui sont les leurs. À chacun sa vision des choses. Il est remarquable d'avoir l'intelligence de saisir les problèmes, mais suréminent d'y trouver des solutions concrètes.
Marie-Claude Dufour
Étudiante à l'Université de Montréal
Relisez attentivement mon texte, et vous constaterez que je n'accuse personne et je n'accole aucune étiquette nombriliste. Je pose un simple constat sur un tendance lourde d'autonomisation systématique de l'individu. Il y a à peine dix ans, aucun étudiant n'aurait penser à entreprendre une action judiciaire contre d'autres étudiants pour présence de piquets de grève. Bien au contraire.
Écoutez attentivement leurs arguments : « J'ai payé, j'ai donc droit d'assister à mon cours. » L'éducation a donc glissé dans le champ du bien marchand, comme bien d'autres choses par ailleurs. Ce n'est ni banal, ni trivial. Maintenant, comment peut-on, suréminent, trouver une solution à ce problème ? Là est toute la question, et elle a besoin d'une solide position épistémologique avant même de pouvoir être discutée.
En ce sens, je ne me prononce ni en faveur de l'une ou l'autre partie, car il importe auparavant de replacer le problème dans un contexte plus global pour éventuellement lui apporter une réponse. À mon avis, il faut une refonte qui ne va ni dans le sens des opposants, ni dans le sens de ceux qui sont pour, mais dans le sens d'une société qui se transforme actuellement en profondeur à tous les niveaux sous l'impulsion des technologies numériques qui contribuent à consolider le processus d'autonomisation de l'individu.
Pierre Fraser
Doctorant en sociologie
Université Laval
Cette dame fait bien de militer en faveur de la hausse des droits de scolarité, parce que ce n'est visiblement pas par son mérite académique qu'elle augmentera la valeur de son diplôme.