Arielle Grenier

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Amo, amas, amat...

Publication: 13/02/2013 14:39

«Il aime en vérité, celui qui tremble de dire son amour.» - Philip Sidney

Être célibataire pendant la Saint-Valentin, c'est pénible, voire «chiant». Vivre une peine d'amour pendant que tous les couples semblent célébrer leur bonheur, c'est plus que dur pour certains, c'est même décourageant, démoralisant ou déprimant. Je comprends ce sentiment: celui où on peut avoir de la difficulté à exprimer notre peine, comme si les mots ne pouvaient mettre en évidence le poids qui nous occupe, la peine qui nous écrase le cœur. Je dédie ce texte qui m'est très cher à tous mes lecteurs qui ne trouvent pas les mots, à tous mes lecteurs qui cherchent le texte parfait pour mieux se faire comprendre et pour tous mes lecteurs qui se sentent seuls durant la fête des amoureux.

Lorsque j'entre dans un bar, dans un cinéma, dans un magasin ou dans une salle de cours, je les vois partout, ils sont toujours présents: ces couples heureux, ces amoureux fous. J'entre dans un espace qui devient alors inconfortable, qui est un peu trop beau pour moi, alors je me tais et j'observe. J'observe les yeux, les joues qui rougissent, j'observe les mains qui angoissent et la chair de poule qui vient se nicher sur la peau à chaque caresse, à chaque souffle et à chaque regard soutenu. J'en viens à envier cet amour qui les entoure telle une robe légère et chaude. Cette même robe qui ne nous fait pas très bien à tous, cette robe qui se déchire parfois et que l'on essaie de recoudre avec d'autres morceaux de tissus. L'amour est alors un rêve que chacun aime entretenir. L'amour est alors indispensable pour vivre lorsqu'on le connaît, le vrai. J'en viens donc à la conclusion que l'amour donne des ailes, comme ils disent, qu'il me rendra heureuse, qu'il est la clé du bonheur. Je parlerai donc du côté plus sombre de l'amour, même si je sais que l'amour peut être beau et magique, je me concentrerai seulement sur le côté qui rend malade.

Il ne faut pas oublier que l'amour est un sentiment puissant qui exige la confiance et l'abandon de soi. Pourtant, on parle rarement du côté nocif de l'amour quand il nous fait perdre la tête et nous coupe l'envie de manger, quand il effraie chaque molécule de notre être et va se nicher dans notre moelle osseuse; quand il nous donne la chair de poule. Quand l'amour nous rend aveugles, nous laisse dans le noir complet et nous détruit peu à peu. On dit que l'amour rend aveugle, il peut donc nous arriver deux choses : soit nous sommes guidés par un autre, soit nous restons dans notre noirceur et essayons de trouver le bout du tunnel seuls. C'est dans cette solitude et dans cette tempête, qui n'existe que dans notre tête, que le mal arrive.

Pourtant, nous restons debout et nous essayons d'avancer malgré le chagrin, malgré la solitude, malgré l'abandon, malgré le désespoir, nous avançons vers l'inconnu. C'est plus facile d'avancer vers l'inconnu, car le «connu» est trop froid, trop difficile et il nous fait trop souffrir. L'homme n'aime pas les chemins difficiles, il aime la facilité, peut-on le blâmer? Peut-on exiger de lui qu'il souffre et reste dans cette position? Je crois qu'il faut vivre dans la seconde qui nous rend vivants, car après tout, la vie comporte des joies et des malheurs, de l'amour et de la haine, du beau et du laid, des sourires et des larmes. Je crois qu'il faut avoir aimé jusqu'à l'usure, qu'il faut avoir aimé jusqu'en être devenu malade pour connaître ce qu'est l'amour, le vrai.

On dit qu'il y a deux amours; l'amour avec un grand A comme le disait une grande dame du Québec, Janette Bertrand, dans le titre de sa série, et l'amour qui nous a fait soupirer. L'amour avec le grand A est celui de la passion et des moments heureux. L'amour qui nous a fait soupirer est celui qui nous aura épuisés, qui nous aura demandé tout et qui aura tout pris. Pour avoir tout donné, il faut avoir aimé plus que l'on ne pouvait se l'imaginer, plus que l'on ne pouvait le faire. Il faut s'être donné entièrement et ne pas s'être préoccupé du reste. Jacques Brel nous a dit dans La Quête:

«Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile...
»

Où est l'éthique dans le fait de vivre mal? Et bien, si l'on doit aimer comme Jacques Brel nous l'a dit, il n'y a pas de morale, puisqu'il n'y a pas de raison à vouloir souffrir. On ne cherche pas le bonheur, on reste dans le malheur tout en attendant qu'il passe, ou que l'on plonge carrément dedans. Je pense qu'il faut avoir aimé en temps de pluie, quand le soleil brillait, qu'il faut avoir aimé le matin, le midi, le jour, le soir et la nuit, et qu'il faut avoir aimé dans le désespoir, dans la fatigue, dans la maladie, jusqu'à l'écroulement. Je crois qu'il faut s'être perdu, un peu dans l'autre, un peu nulle part, un peu partout. Je crois que pour avoir aimé à ce point, il faut avoir touché le fond en tombant amoureux, car dans l'expression « tomber amoureux », il y a le mot « tomber ». Ça devient une habitude de tomber et de se relever, ça devient une habitude de tomber et chercher la lumière, chercher un phare, trouver le bon bateau. C'est dans les tempêtes, dans les larmes, dans la nuit, au matin, dans le calme que l'on comprend ce qu'est l'amour. Quand on se laisse emporter et que l'on n'attend rien du courant, et surtout, c'est quand on reste à bord malgré les difficultés. Voilà ce qu'est l'amour ; c'est de s'être senti malade d'avoir échoué, d'avoir tout perdu en laissant le bateau derrière soi.

Paulo Coelho a écrit dans « Le Zahir » :

« L'amour est une force sauvage.
Quand nous essayons de le contrôler, il nous détruit.
Quand nous essayons de l'emprisonner, il nous rend esclaves.
Quand nous essayons de le comprendre, il nous laisse perdus et confus
».

Je crois que l'amour est une épice à laquelle nous nous devons de trouver le plat le plus approprié, le plus digne de recevoir cet amour. Nous ne pouvons demander en retour, nous ne pouvons le comprendre, nous ne pouvons le garder ; l'amour est une épice qui s'envole au souffle du vent. Ce qui nous rend si fous, c'est l'odeur qu'il avait, le goût que l'on imaginait et c'est les promesses qu'il annonçait. Tels des hommes qui n'ont jamais mangé, cet amour nous rendait fous de son parfum, cet amour nous a transformés et nous avons cessé d'exister comme la minute précédente. Nous avons regretté d'avoir connu cet amour, nous avons souhaité ne l'avoir jamais connu, nous avons souhaité mourir.

Je crois que pour avoir aimé, il a fallu s'être rendu au fond de nous-mêmes, jusqu'à haïr cet amour, jusqu'à nous détester. Je crois que pour avoir aimé, il a fallu devenir malade et souhaité ne jamais avoir pris le large avec cet amour, il a fallu souhaiter mourir la seconde où le navire est passé près de nous sans nous avoir accostés. Je crois que pour avoir aimé, il a fallu se détester d'avoir souhaité et d'avoir espéré en cet amour, qui n'avait jamais pris le large.

En fait, il serait injuste de cracher sur la beauté de l'amour. Je ne faisais qu'illustrer la beauté du malheur de l'amour. Toute robe a sa durée de vie ; certaines s'usent rapidement, d'autres restent dans le placard et n'en sortiront jamais, d'autres sont constamment envoyées chez le nettoyeur. Il y a même des robes qui sont portées toute une vie et qui ne s'abîment jamais, ce sont des robes vraiment chanceuses et bien entretenues. Malheureusement, il y a des robes que l'on ne désire plus voir, que l'on met au recyclage, que l'on donne à d'autres par ennui et non par générosité. Le destin de chaque robe est entre les mains de son propriétaire. Cependant, quand je regarde une vieille robe qui dure et qui est toujours belle, l'émerveillement est instantané et me fait oublier les malheurs que la mienne a connus. Ma robe, elle est noire et elle a beaucoup de dentelle, elle a beaucoup d'étiquettes avec le nom de tous ceux qui l'ont touchée. Ma robe, elle est noire, elle a des motifs rouges, elle est un peu usée pour son âge, elle a un trou au niveau du cœur. L'amour l'a un peu détruite. Et vous, votre robe, elle est comment?

Je tiens à vous dire que ce texte a déjà quatre ans. Mon professeur de philosophie au Cégep nous avait demandé d'écrire un texte où la moralité est contraire aux gestes que l'on pose. J'espère qu'il vous a touché comme il en a été le cas pour mon professeur qui a versé quelques larmes. Sachez que vous êtes des êtres merveilleux, sensibles et qu'il n'y a rien de mal à vivre ce mal. Je vous souhaite d'aller mieux, de mieux vous comprendre ou de le/la comprendre un peu plus. Je vous souhaite que l'année 2013 soit la bonne, qu'elle vous apporte l'amour que vous méritez. N'oubliez jamais que vous êtes des êtres merveilleux.

Ce texte a été publié dans le Prince Arthur Herald.

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