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L'échec du terrorisme au cœur de la démocratie canadienne

25/10/2014 08:41 EDT | Actualisé 25/12/2014 05:12 EST

L'organisation terroriste de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), que les forces canadiennes combattent actuellement dans le cadre d'une coalition internationale, demeure un défi pour l'Occident. L'attentat contre le Parlement du Canada présente non seulement des liens de cause à effet avec la présence militaire canadienne en Irak, mais aussi l'occasion pour les djihadistes d'affirmer leur capacité de nuisance en frappant l'Institution la plus protégée du pays à travers des citoyens canadiens adeptes de l'Islam radical prôné par l'EIIL. En conséquence, le choix d'attaquer le Parlement et les forces armées par les islamistes Michael Zehaf-Bibeau et Martin Ahmad Rouleau qui ont tué respectivement les soldats Nathan Cirillo et Patrice Vincent ne sont pas hasardeux, mais une volonté délibérée de vaciller la souveraineté canadienne, au nom de l'ÉIIL. Pourquoi attaquent-ils leurs propres concitoyens ? Y-a-t-il des liens entre les djihadistes canadiens et les terroristes étrangers ? Comment parviennent-ils à échapper les services de renseignements ?

L'union sacrée des Canadiens pour faire triompher la démocratie

Le Canada fonde sa démocratie parlementaire sur le multiculturalisme, l'âme de l'humanité qui unit son peuple dans la diversité. C'est pourquoi il s'élève toujours au-dessus des intérêts particuliers pour promouvoir la laïcité, la liberté, le respect, l'ouverture, la tolérance et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui font de lui un pays particulier à l'avant-garde de la solidarité internationale en faveur des populations pauvres. Ainsi, l'attaque du Parlement est une atteinte aux valeurs susmentionnées.

Le Canada apporte une réponse sans faille, dès lors que son peuple et sa classe politique sont unis derrière son armée et sa police pour faire triompher la démocratie contre le terrorisme. Cette unanimité montre que la démocratie canadienne loin d'être affaiblie a gagné le combat, dès lors que chaque leader politique mentionne sur un ton grave et solennel la nécessité de préserver l'unité canadienne. D'abord, le premier ministre Stephen Harper qualifiait d'affront « aux valeurs canadiennes », en affirmant avec force que [...] nous ne serons pas intimidés ». Ensuite, Thomas Mulcair du NPD, parle d'actes haineux qui ont échoué, car « Nous resterons debout, solidaires des uns des autres [...]. Nous allons l'emporter contre ceux qui propagent la peur ». Enfin, Justin Trudeau du PLC, met en garde contre l'amalgame en disant que : «Nous ne pouvons pas laisser ces événements nous miner. [...] Les Canadiens savent que de tels actes, commis au nom de l'islam, sont une déformation de votre foi».

Les djihadistes canadiens et la promotion de la haine

Les djihadistes canadiens sont conscients que la haine est un poison mortel qui est capable de détruire nos relations intercommunautaires fondement de l'unité canadienne. Ainsi, ils veulent entrainer les Canadiens dans le choc des civilisations par le biais du radicalisme, qui ne conduit qu'au rejet, à l'incompréhension et à la violence. Pour atteindre leur but, ils créent des liens avec les fondamentalistes canadiens plus réceptifs au discours de l'EIIL ou d'AQMI. Par exemple, Aaron Yoon est un Canadien qui a été arrêté en Mauritanie pour tenter de rejoindre AQMI ou d'autres qui veulent aller en Irak ou en Syrie.

Mais, l'action de Nelson Mandela peut nous aider à déjouer les fondamentalistes : «Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens apprennent à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer». Cet héritage qui a été à l'origine du triomphe d'une Afrique du sud multiculturelle et démocratique peut nous inspirer comme canadien.

Les djihadistes canadiens nuisent aux intérêts d'Ottawa dans le monde

Le Canada a des intérêts politique, économique et géostratégique permanents qu'il entend défendre de façon légale dans le monde. La poursuite de ces intérêts explique l'exposition du Canada aux dangers du terrorisme, et ce dès lors qu'il a ses citoyens, ses militaires, ses alliés, ses services publics terrestres, maritimes, aériens, ses entreprises et ses organisations gouvernementales qui constituent tous des cibles potentielles pour les terroristes. Mais comment fera-t-il face à ces défis sécuritaires ? La réponse à cette question exige la prise en compte des pistes de solutions ci-dessous.

Stratégie préventive

La politique sécuritaire du Canada doit être préventive et non réactionnaire. En d'autres termes, ses services secrets doivent d'abord, identifier l'ensemble des menaces susceptibles d'affecter sa souveraineté à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire, en s'attelant à comprendre leurs origines et la motivation de leurs auteurs. Ensuite, ils doivent déterminer les répliques à apporter contre le terrorisme. Enfin, le terrorisme est un fléau transfrontalier qu'aucun pays ne peut vaincre seul, d'où la nécessité de travailler avec les alliés dans le respect des accords internationaux. Ainsi, le Canada doit privilégier la prévention en détectant la moindre menace chez les populations vulnérables.

Stratégie de proximité locale

Cette stratégie doit être menée avec professionnalisme et la plus grande confidentialité. Car, l'objectif est de travailler dans les milieux sensibles afin de discerner les personnes vulnérables afin de les aider à réintégrer la société à travers des politiques d'accompagnement et des programmes d'insertion professionnelle de réintégrer. D'où la nécessité d'établir un partenariat entre différents paliers de pouvoirs administratifs qui garantit le succès de telles opérations. «Voilà pourquoi son appel aux administrations locales, aux collectivités, aux dirigeants, aux universités et aux citoyens pour participer aux efforts déployés à l'échelle nationale ».

Stratégie expérimentale sur le terrain

Cette approche mise beaucoup sur une expérience de terrain, dont l'objectif est de comprendre la menace loin des frontières canadiennes. Donc, il faut travailler avec les personnes ressources d'origine d'ailleurs, pour obtenir des renseignements pertinents sur les leaders des organisations terroristes telles que l'EIIL ou AQMI, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieure du Canada. Comme le disait son ministre de la sécurité publique : «Le Canada est plus résolu que jamais à protéger les Canadiens et à soutenir la lutte mondiale contre le terrorisme».

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