LES BLOGUES

La chance, une compétence qui se développe?

29/04/2013 10:52 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT
Shutterstock
young and fresh clover leaves...

On a toujours cru que la chance était un cadeau qui nous tombe dessus, une faveur du sort. On tente sa chance, la chance nous sourit, notre chance tourne, on a un coup de chance ou alors on manque de chance, la chance nous a abandonné et on finit par dire : « Je n'ai jamais eu de chance.» La chance semble tellement injuste. Qui ne se rappelle pas de cet Américain de 26 ans, fils de millionnaire, qui a gagné 107 millions de dollars à la loterie en 2011?

Que dire maintenant de l'expression « savoir saisir sa chance » ou « faire tourner sa chance » ? Voilà qui devient plus intéressant puisque ces expressions nous sortent de la passivité. La chance n'est plus un élément extérieur qui nous passe sous le nez et choisit ses élus mais plutôt une entité cherchant à être reconnue et saisie au vol pour que nous puissions nous l'approprier. Aurions-nous donc un rôle à jouer pour que la chance nous sourit?

Sommes-nous les artisans de notre chance?

De plus en plus d'auteurs, de psychologues et de philosophes pensent que oui. La chance n'est pas un oiseau frivole. Nous devons cependant affûter nos sens pour pouvoir la reconnaître. Perplexes?

Philippe Gabilliet est professeur en comportement organisationnel et en leadership à Paris. Il loge à l'enseigne de l'optimisme. Pour lui, la chance est une compétence. Bonne nouvelle puisque les compétences, ça se travaille. Tout d'abord, l'auteur définit la chance comme la capacité de créer autour de soi des conditions d'apparition des opportunités.

Ces opportunités se présentent sous 4 formes : les rencontres que nous faisons, l'information qui circule autour de nous, les décisions qui sont prises dans notre milieu et qui peuvent signifier une ouverture pour nous et enfin le fait d'être attentif aux demandes qui sont faites par les autres et auxquelles nous pourrions répondre. Cela signifie donc que la chance a horreur de la passivité, du manque de curiosité. Elle veut que nous aiguisions nos réflexes, que nous soyons en éveil.

Il y a quand même des gens plus chanceux que d'autres non ?

On ne peut bien sûr pas ignorer certaines impasses, sociales par exemple. Difficile en 2013 de ne pas admettre qu'un enfant qui grandit en Amérique du Nord est plus chanceux en général qu'un autre résidant en Syrie. Prenons donc des individus du même tissu social. Il est probable que ceux ayant adopté une vision plus optimiste de la vie, croyant que la chance est pour eux, ont de meilleures chances d'améliorer leur sort. L'optimisme et la chance marchent d'ailleurs main dans la main. Certains parlent aussi de résilience, cette capacité qu'ont certaines personnes à transcender les épreuves.

« Déboulonner la loi de Murphy »

Vous souvenez-vous d'avoir déjà disserté de la rôtie qui tombe « toujours » sur le côté où il y a de la confiture ? C'est la loi de Murphy. Pourtant, selon Leo Bormans, auteur du livre Optimiste, guide pratique pour voir la vie du bon côté, Murphy était un optimiste. Il tentait seulement de nous faire comprendre que lorsque les choses vont bien...on ne s'en aperçoit tout simplement pas. De là notre propension à tenir le langage « Pourquoi faut-il toujours que ça m'arrive à moi ? » lorsqu'un pépin survient. La réalité est que si un événement doit arriver... il arrive. C'est ce que nous en faisons qui fait la différence. Comment allons négocier avec cet imprévu ? Allons-nous nous abattre, être passif ou allons-nous transformer cet événement en opportunité ?

Bonne pratique !

A lire :

Eloge de la chance ou l'art de prendre sa vie en main par Philippe Gabilliet, éditions Saint-Simon

Optimiste, guide pour voir la vie du bon côté, Leo Bormans, éditions de l'Homme.