Annie Dubé

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Le chainon manquant de la révolution

Publication: 17/03/2012 07:43

S'il ne fait pas de doute à mes yeux que des singes à cravate circulent parmi nous sur différents échelons, il est tout aussi véridique d'affirmer que les singes masqués piétinent les mêmes trottoirs de notre modernité.

Il est important de ne pas nier l'entière part de l'humain au règne animal. Ça aide à garder les faits en perspective. Cela dit, assumer sa bestialité, c'est aussi la surpasser. Or, rares sont les soirs où je peux m'endormir en étant convaincue que ce que j'ai observé lors des dernières heures était la preuve que cette journée-là, l'humanité méritait son titre d'exception dans l'ordre des choses.

Cette année encore, le 15 mars ne fut pas un de ces moments de grâce pour la conscience, cet organe que l'on dit unique à notre espèce et qui fait notre renommée parmi les nôtres.

J'ai lu sur les réseaux sociaux un pseudo manifeste du « carré noir », un nouveau symbole en tissu mou à accoler à sa veste chez certains cyberactivistes. Je me suis sentie curieuse, j'ai donc scanné en diagonale ce qui me semblait être une justification d'essentialisme anarchiste dans les mouvements sociaux actuels.

Je vous épargne les détails clichés de cette propagande extrémiste qui parle au nom de la brutale colère. J'ai retenu du lot un principal argument qui différencierait la brutalité citoyenne qui leur semble légitime à la brutalité policière : eux, ils fessent leur colère sur du matériel.

Je me suis questionnée sur ce qui différencie le respect des choses du respect des êtres. À première vue, on pourrait facilement penser que celui des êtres prime, et ce ne serait pas tout à fait bête.

Puis, le flash m'a réveillée cette nuit.

Qui aime briser du matériel? Mon chien. En fait, mon défunt petit chien. Il adorait détruire nos pantoufles comme s'il n'y avait pas de lendemain, dans toute sa gronde inutile.

Et que dire des ratons laveurs qui ont comme passe-temps la destruction d'objets cueillis au hasard? Les animaux n'ont pas de concepts très complexes du respect des biens d'autrui. S'ils sont affamés, ils vont essayer de voler, détruire, blesser. Des fois aussi pour s'amuser.

Sur la rue des Hommes, c'est plus souvent pour s'amuser.

Voilà une bonne dose de modestie plein la gueule pour l'espèce supérieure que nous sommes.

Ceci est un wake-up call.

 

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