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Les sexologues sont des acteurs essentiels dans la lutte contre les agressions à caractère sexuel

La culture du viol, ce n’est ni un mythe, ni une fabrication, ni un complot.

25/10/2017 06:00 EDT | Actualisé 25/10/2017 06:19 EDT
andrea laurita
Nous croyons que les sexologues sont des acteurs essentiels dans la lutte contre les agressions à caractère sexuel.

Une fois de plus, nous assistons à une prise de parole qui frappe. Tant de femmes, trop de personnes ont été agressées, abusées, harcelées, intimidées de manière sexuelle. Pendant que nous prenons socialement acte de l'inquiétant phénomène, les appels aux actions concrètes se multiplient. Encore. L'éducation à la sexualité est présentée comme la solution la plus efficace pour favoriser les rapports sexuels égalitaires et contrer les agressions à caractère sexuel.

Notre gouvernement a déjà élaboré un projet d'apprentissages en éducation à la sexualité qu'il comptait rendre obligatoire à tous les élèves du primaire et du secondaire, partout au Québec. C'était il y a deux ans. Le projet demeure sur la table, entre autres choses, parce que l'implantation pose défi. Depuis le début, les sexologues se présentent comme les seuls professionnels en éducation à la sexualité. Nous souhaitons apporter notre expertise au succès de cet important projet de société, en travaillant en concertation avec nos partenaires qui possèdent aussi une expérience en la matière. Les sexologues souhaitent être concertés dans ces prises de décisions, afin de s'assurer d'une implantation de qualité.

La culture du viol, ce n'est ni un mythe, ni une fabrication, ni un complot.

Comme plusieurs de nos partenaires de la santé et des services sociaux, nous faisons le constat que la problématique des violences à caractère sexuel s'inscrit dans un contexte sociétal qui inclue, mais dépasse la simple responsabilité individuelle. La culture du viol, ce n'est ni un mythe, ni une fabrication, ni un complot. Il apparaît clair que certains comportements inadéquats sont encore tolérés, gardés sous silence, banalisés, et ce, dans toutes les sphères sociales, quelles qu'elles soient. Cette situation est inacceptable. Il est urgent d'agir.

Aux décideurs qui ont entre leurs mains l'avenir de nos enfants, nous demandons que soient adoptées des mesures concrètes visant à enrayer la culture du viol et les problèmes multiples qui en découlent.

Nous croyons que les sexologues sont des acteurs essentiels dans la lutte contre les agressions à caractère sexuel. Ainsi, la présente lettre vise à inciter la classe politique à prendre ce problème au sérieux en adoptant les mesures suivantes :

  1. Imposer un programme d'éducation à la sexualité à l'échelle nationale dans TOUTES les écoles primaires et secondaires du Québec;
  2. Exiger que ledit programme soit encadré par des sexologues afin de garantir une implantation réussie, et ce, dans TOUTES les commissions scolaires du Québec et milieux privés;
  3. Développer la politique nationale de lutte contre les violences sexuelles en augmentant le financement des ressources spécialisées pour les survivant.e.s;
  4. Dans une optique de complémentarité, développer les ressources en intervention après des agresseurs afin de réduire le risque de récidive;
  5. Agir en prévention, notamment en organisant des campagnes de sensibilisation au consentement touchant l'ensemble du Québec;
  6. Faire suivre ces mesures d'un financement adéquat.

Nous croyons fermement qu'il y a une volonté d'agir. De nombreux politiciens ont exprimé le désir de faire changer les choses.

Passons de la parole aux actes!

Ce texte est cosigné par Guillaume Perrault, Annie Caron, Valérie Morency et Isabelle Laforest, du comité éducation à la sexualité en milieu scolaire, Association des sexologues du Québec.

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