Annick Vigeant

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Annick Vigeant
 

Contre tout

Publication: 19/10/2012 11:15

C'est tout à fait particulier de voir aller les membres et partisans du Parti libéral et de la Coalition Avenir Québec depuis l'élection du Parti Québécois le 4 septembre dernier. Ceux mêmes qui dénonçaient haut et fort le supposé immobilisme du PQ, qui à leurs dires voulait gouverner à coups de moratoires, font en fait tout en leur possible pour que le gouvernement fasse du sur-place et que le Québec cesse d'avancer, et même recule à de nombreux égards. Notamment par peur de l'inconnu et de l'innovation, eux qui ne prêchent pourtant que par le risque inhérent à l'entrepreneuriat. Première contradiction.

Le plus beau risque que pourrait et devrait prendre le Québec actuellement, c'est bien celui de l'économie durable. Investir dans le développement d'énergies propres, c'est l'avenir, on ne peut se tromper là-dessus. D'autant que c'est déjà notre marque de commerce et celle qui a mis le Québec sur la map, avec Hydro-Québec. Oh que l'on critique Hydro-Québec! La vache sacrée! Mais c'est pourtant le plus grand symbole d'innovation du Québec, celui qui nous a permis de passer au stade de société moderne.

Ceux mêmes qui accusent le Parti Québécois de vouloir renfermer le Québec sur lui-même, de vouloir le fermer au monde, c'est eux qui ces derniers jours ont dénoncé à hauts cris les efforts diplomatiques de la première ministre Pauline Marois et du ministre Jean-François Lisée au Congo et en France. Deuxième contradiction.

Comme le soulignait Christian Rioux ce matin : «Il faut avoir la mémoire bien courte, perdu tout sens de l'État et renié l'héritage nationaliste, de Georges-Émile Lapalme à Robert Bourassa en passant par Paul Gérin-Lajoie, pour ne pas se réjouir que la France réaffirme le caractère privilégié de ses relations avec le Québec. Les dénigrer et les ridiculiser, c'est sombrer dans une forme de cynisme populiste détestable et, surtout, faire peu de cas des intérêts supérieurs du Québec, qui ne peuvent se passer d'une relation privilégiée avec la France, aujourd'hui comme hier.»

Ceux mêmes qui s'offusquaient au plus haut point du retrait de l'enseignement de l'anglais en première année, une approche dont l'efficacité sur le bilinguisme des élèves est pourtant grandement mise en doute, c'est eux qui maintenant crient au scandale de voir imposer la loi 101 dans les garderies.

Ainsi, il faudrait à tout prix enseigner l'anglais à nos enfants dès 6 ans -- une question de survie nationale! -- mais apprendre le français, par ailleurs la seule langue officielle du Québec, aux nouveaux arrivants dès leur plus jeune âge de façon à mieux les intégrer, avec leur famille, à la vie citoyenne et à faciliter leur transition linguistique vers l'école primaire, ah ça non! Quel scandale! Du fascisme linguistique! S'il ne s'agit pas là d'une troisième contradiction, il s'agit donc d'un mépris complet pour le bon sens. Ou d'une désaffection profonde pour la survivance du français en Amérique. Ou d'un manque total de fierté pour ce peuple qui se bat depuis 400 ans pour continuer d'exister. Ou encore d'une méconnaissance crasse de notre histoire nationale. Celle-là même qui a été évacuée du programme scolaire sous le gouvernement Charest. Tiens tiens.

Jouer sur la peur. Jouer sur les mots. Jouer sur la vérité. Jouer sur l'ignorance. Toujours jouer. Faut-il le leur rappeler : on n'est plus en campagne électorale. Il est maintenant l'heure de gouverner, de faire passer nos intérêts supérieurs avant les intérêts partisans et de faire avancer le Québec. D'arrêter de s'excuser d'exister. Et d'arrêter d'avoir peur.

Loading Slideshow...
  • Qui fait quoi à l’Assemblée Nationale?

    Lorsqu’il est question de politique, les Québécois distinguent aisément les tâches qui reviennent à la première ministre, aux députés, aux ministres et aux porte-paroles en matière de ceci ou de cela. Par contre, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent l’utilité du whip, le concept de leader parlementaire ou le nom de l’actuelle protectrice du citoyen. Voici donc une présentation de quatre fonctions parlementaires des députés, de cinq personnes désignées par l’Assemblée et du plus haut dignitaire sur le plan protocolaire au Québec.

  • Président de l'Assemblée nationale

    Actuellement: Jacques Chagnon, député de Westmount-Saint-Louis, mais celui-ci pourrait changer avec la venue du nouveau gouvernement. C’est à lui que les députés s’adressent lors de leurs interventions à l’Assemblée. Ses tâches principales consistent à arbitrer les séances, s’assurer du bon déroulement des travaux, protéger les droits des députés, préparer les prévisions budgétaires et représenter l’Assemblée dans ses rapports avec d’autres gouvernements. N’ayant pas droit de vote, sauf en cas d’égalité des voix, il cesse d’appartenir à son groupe parlementaire, dès qu’il entre en fonction.

  • Présidents de caucus

    Nicole Ménard, députée de Laporte (gouvernement) et Sylvain Pagé, député de Labelle, (opposition officielle). Le caucus de chaque parti est constitué de l’ensemble des députés qui siègent à l’Assemblée sous la bannière de ce parti. Choisis par le chef de leur groupe parlementaire, les présidents de caucus établissent l’ordre du jour et dirigent les réunions de leurs caucus respectifs. Ils doivent entre autres s’assurer que tous les sujets prévus sont examinés et que le temps qui leur est alloué soit respecté.

  • Whip

    Stéphane Billette, député de Huntingdon, (gouvernement) et Marjolain Dufour, député de René-Lévesque (oppostion officielle). Signifiant «fouet» en anglais, le mot «whip» représente la fonction disciplinaire du parti. Aidé d’adjoints, le whip s’assure que les députés manifestent une solidarité parlementaire, veille à ce qu’ils soient suffisamment nombreux à l’Assemblée et en commission (surtout les jours de votes), note le nom de ceux qui interviennent pendant les débats et remplit diverses fonctions touchant aux aspects matériels de la vie de ses collègues.

  • Leader parlementaire

    Jean-Marc Fournier, député de Saint-Laurent, (gouvernement) et Agnès Maltais, députée de Taschereau, (opposition) Possédant une connaissance approfondie des règles et coutumes parlementaires, il est le principal stratège et conseiller en la matière. En plus d’assurer un lien entre le Conseil des ministres et l’Assemblée, il a l’exclusivité de certains actes de procédures tels que la motion d’ajournement de l’Assemblée (qui met fin aux travaux d’une séance) ou la motion de renvoi en commission d’un projet de loi pour son étude détaillée.

  • Directeur général des élections - Jacques Drouin

    Jacques Drouin quittera ses fonctions le 11 juillet 2014. Responsable des élections provinciales (générales et partielles), municipales, scolaires et des référendums, il supervise la délimitation des circonscriptions électorales, la liste électorale permanente, le dépôt des bulletins de vote, leur dépouillement et la proclamation des résultats. Il veille également au contrôle du financement des partis politiques et des dépenses électorales, en plus d’avoir le devoir d’informer les électeurs de leurs droits électoraux.

  • Commissaire au lobbyisme – François Casgrain

    Assurant la surveillance des activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques, tels que les ministres, les députés et leur personnel, le Commissaire au lobbyisme effectue les inspections relatives à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme ou du Code de déontologie des lobbyistes qu’il a élaboré.

  • Commissaire à l’éthique et à la déontologie – Jacques Saint-Laurent

    Il guide les députés au sujet de leurs obligations concernant les incompatibilités de fonctions, les conflits d’intérêts, les dons et les avantages. De sa propre initiative ou à la demande d'un député, il peut faire des vérifications ou des enquêtes pour déterminer si des manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée ont été commis par un député ou un membre du Conseil exécutif.

  • Protectrice du citoyen - Raymonde St-Germain

    Elle prévient et corrige les erreurs ou les injustices commises à l’égard de toute personne ou groupe de personnes en relation avec un ministère, un organisme du gouvernement du Québec ou une instance du réseau de la santé et des services sociaux. Dans le meilleur intérêt des citoyens, elle peut proposer des modifications aux lois, règlements, directives et politiques administratives, ou à tout projet concernant ces matières. Même si elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte, plus de 95 % de ses recommandations sont acceptées.

  • Vérificateur général – Michel Samson (par intérim)

    Exerçant un contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens publics, il communique aux principaux intéressés ses constatations, ses commentaires et ses recommandations. Son apport consiste à promouvoir une reddition de comptes à la fois rigoureuse et transparente. Il vise à améliorer les pratiques de gestion à l'échelle gouvernementale. Depuis 2008, il vérifie également les livres et comptes des entités des réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes sans but lucratif qui gravitent autour de ces réseaux. Il a aussi la responsabilité de réaliser des mesures d’évaluation de l’efficacité et de la performance des sociétés d’État.

  • Lieutenant-gouverneur – Pierre Duchesne

    Représentant de la Couronne et reconnu comme le plus haut dignitaire sur le plan protocolaire, il a la tâche de nommer le premier ministre, les membres du Conseil exécutif (ministres) sur recommandation du premier ministre, ainsi que les juges des cours du Québec. Il est également responsable de la ratification des décrets du gouvernement, de la sanction des lois, en plus de veiller à la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale.

 

Suivre Annick Vigeant sur Twitter: www.twitter.com/AnnickVigeant

Suivre Le HuffPost Québec