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L' #%* de prince charmant

04/11/2013 12:37 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST
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be my valentine

Ce billet a été initialement publié sur le blogue d'Anne-Marie Dupras Ma vie amoureuse de marde.

Je ne sais pas si c'est la faute aux contes de fées, au cinéma américain, à la société ou à ma grande naïveté, mais depuis Billy, soit depuis le commencement, un des buts de ma vie est vite devenu d'avoir un chum. Un amoureux. Un quelqu'un qui m'aime plus spécialement que les autres. Comme si c'était une condition sine qua non au bonheur. J'étais vraiment convaincue et totalement conditionnée au fait qu'une femme le devient réellement quand elle est la femme de quelqu'un.

Z'avez remarqué comme l'épouse dit mon mari alors que l'époux, lui, dit ma femme ?

Ça, ça aide pas.

C'est donc vers 10-11 ans que ma vie se résumait à deux modes : soit j'avais un chum, soit j'en magasinais un.

Worst case scenario, j'avais l'œil sur quelqu'un. Et comme j'ai deux yeux, c'était pas rare que chacun de ceux-ci soit rivé sur deux quelqu'uns différents. Histoire d'avoir plus de chances. Faut ajouter que c'était pas trop difficile d'en trouver deux, vu que mes critères pour avoir le kick sur un gars à cette époque, honnêtement, c'était juste d'être cute. Si en plus il savait que j'existais: woot woot! Là, il était en business et se voyait automatiquement surclassé en classe gars super hot.

Évidemment, en vieillissant, je suis devenue pas mal plus exigeante (lucide? réaliste?) alors les critères se sont accumulés pour devenir lentement, mais sûrement, ce qui ressemblait de plus en plus à une liste d'épicerie...

Ironiquement, la même mautadine de liste s'est mise à raccourcir vers mes 40 ans :

- Ok, yé pas obligé d'être super cute, mais ça serait l'fun que j'ai pas envie de le "blurrer" sur nos photos de couples;

- Bon, j'admets qu' il ne doit pas absolument avoir fréquenté l'université, mais ça serait le fun que UQAM rime pas juste avec Berri dans sa tête;

- Non, ce n'est pas obligatoire qu'il me dise des phrases comme "Je t'aime plus qu'hier, mais moins que demain" mais ça m'allumerait vraiment qu'il ait ça en lui de me répondre autre chose que "Moi aussi" si je lui dis que je l'aime.

Quand j'y pense aujourd'hui, je me rends compte que j'étais vraiment convaincue que si j'avais un chum, je serais heureuse, et donc que célibataire = malheur. Comme si mon bonheur n'avait qu'un lointain rapport avec moi, mais dépendait tellement de l'autre. On entend (trop) souvent tendre moitié, c'est bien la preuve qu'on nous dompte à croire qu'on est incomplet quand on n'est pas en couple!

Je cherche quelqu'un qui me complète!

Ben voyons! Il te manque pas une vis pour monter ta bibliothèque de salon, c'est quelqu'un pour entre autres t'aider à la monter que tu veux, non?

(Là je tiens à préciser que c'est une image, une analogie. Bien évidemment, on ne cherche pas quelqu'un juste pour ça. Il faut aussi sortir les vidanges, tondre le gazon, écraser les araignées...)

J'ai donc pas mal toujours attendu qu'un homme vienne faire mon bonheur à ma place, un peu comme la bonne fée le faisait dans le compte de Cendrillon. Et d'ailleurs, parlons-en de Cendrillon! Conte de fée pas à peu près : elle torche 3 femmes désagréables, habillée en guenille, et pouf, une fée marraine apparaît, la fait habiller par des Souris-Airoldi, l'envoie au bal en citrouille pimpée et v'la ti pas que ça fini qu'elle marie le Prince. Juste ça. Ça donne presque le goût de faire le ménage! Presque.

Conditionnée et bombardée à grands coups de Cendrillon, Blanche-Neige et autres filles qui se font sauver par des gars, disons que c'était facile de croire que le bonheur passait par là. Le gars.

Sauf que me v'là rendue à 40 ans et je me rends compte que la plupart des larmes, angoisses et déprimes de ma vie sont directement liées à mes relations (espérées ou vécues) avec des hommes. Oui ils m'en ont apporté du bonheur, mais le prix à payer a souvent été monnayé en coeur brisé

Ça fait que Cendrillon, la prochaine fois, laisse faire le bal pis va donc t'acheter du poison à rat pis occupe-toi des belles-sœurs pas fines pis des souris.

Comme le chante une fille bien de notre époque :

"Le prince charmant c't'un cave pis la princesse c't'une grosse salope. y'en aura pas de facile."


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