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Le piton collé et le coeur recollé

07/12/2013 09:09 EST | Actualisé 06/02/2014 05:12 EST

Ce billet a été publié sur le blogue d'Anne-Marie-Dupras Ma vie amoureuse de marde.

La dernière année a été assez éprouvante pour mon p'tit cœur qui tenait déjà avec du masking tape.

Après avoir rompu avec mon fiancé il y a un peu plus d'un an, j'ai laissé mon cœur se recoller et ma confiance en moi remonter un tout p'tit peu, puis j'ai remis ma petite face sur les sites de rencontres.

Après quelques mois et quelques rencontres so-so, j'ai rencontré un homme qui me plaisait beaucoup. Vraiment beaucoup. Il était pas mal tout ce que je désirais et apparemment, je le lui rendais bien. Parce qu'un gars qui pleure pendant la chose en te disant des trucs comme «Mais t'étais où toute ma vie? Je t'ai enfin retrouvée!», et qui dit être convaincu qu'on est des âmes sœurs et qu'on se retrouve vie après vie, ça fait son effet. Oui c'est too much, mais allô: je suis une fille, j'étais en amour, ça fait que j'y croyais.

Puis après trois mois de fréquentation quasi parfaite (de mon point de vue), le gars à qui je n'arrivais pas à trouver de défauts et avec qui j'avais envie de passer un bout de vie parce qu'avec lui le bonheur était beau et simple, bien il a tout arrêté. Boum. Comme ça, du jour au lendemain. Un soir, il me disait qu'il m'aimait, il le disait même à mes amis, à ma famille.

«Non mais elle est tu extraordinaire ma blonde quand même?», qu'il leur disait. Oui, oui, la veille.

Et bien le lendemain, à 7 heures le matin, il me flushait. Faut se lever de bonne heure pour me faire pleurer, mais à 7h, apparemment, ça fonctionne. Comme ça, sans réelles explications, des larmes aux yeux et un motton dans la gorge, il m'a donné du «Ça ne marchera pas... essaie pas de comprendre... c'est moi... j'suis tout mêlé...», puis m'a donné une boîte avec mes choses. Je suis rentrée chez moi en pleurant sans arrêt. J'avais beau mettre les essuie-glaces, ça ne donnait rien, la pluie était du mauvais côté du pare-brise. Tout ce à quoi j'ai eu droit par la suite, c'est un courriel vague, avec toujours aussi peu d'explications, et une deuxième boîte avec le reste des mes choses, laissée devant ma porte.

J'ai sorti mon gros rouleau de masking tape, j'ai repatché mon cœur, encore, et je me suis fait violence pour ne pas laisser les petites voix me convaincre que c'est ma faute, que c'est clair que l'amour, c'est pas pour moi, que je devrais me faire poser un cœur en plastique.

Quand j'ai sorti mon cœur des soins intensifs, j'ai laissé passer du temps et entrer de la naïveté, ça fait que je me suis remis la p'tit face sur un site de rencontres. Après quelques semaines, j'ai commencé à correspondre avec quelqu'un qui me plaisait beaucoup. Nos courriels me donnaient des frissons et la rencontre fut encore mieux. S'ensuivit un mois doux comme du miel et sucré comme un cupcake. Mon coeur et mon âme se sont remis à croire que peut-être que ça se pouvait. Je ne me suis pas trop embarquée, car chat échaudé craint l'eau chaude mais j'ai tout de même ouvert le demi sous-sol de mon cœur en laissant la porte entre-ouverte. Juste au cas.

Puis, un matin (j'ai une face à krisser là le matin faut croire), je me suis fait dire «Écoute, ça marche pas... Je m'excuse, je ne me comprends plus... T'es une super bonne personne.... C'est pas toi mais je dois arrêter ça.»

J'ai eu droit à mon petit sac avec mes choses, un beau petit «Prends soin de toi!» et je me suis rendue chez moi, bredouille et en larmes. Encore. Au début de la relation, des fois, tu deviens humide. Ben à la fin aussi, mais pas pour les mêmes raisons.

J'ai acheté deux paquets de crazy glue à cœur, parce qu'un moment donné, ça commence à ben faire puis, je vous le donne en mille : ben oui, après quelques semaines et des grosses doses d'intra-veineuses de «t"es belle, t'es fine t'es capable» dans le miroir, où est-ce que j'ai remis pas petite face? Ben oui, épaisse (moi, pas vous!) : sur un site de rencontres.

Tsé quand tu dis, en amour avec l'idée du couple...

Après une trallé de gars qui ne m'intéressent pas, y'en a un qui m'a charmée tant avec ses airs de beau gosse qu'avec ses mots. Séduite j'étais. Maudit que je suis faible devant des yeux qui brillent et des mots de plus de cinq lettres.

Bref, après une dizaine de jours d'échanges écrits, on s'est finalement rencontrés. On a passé un après-midi que je qualifierais de 9 sur 10 sur une échelle de «oui je te veux» et on s'est quittés en s'embrassant comme des adolescents, se promettant de se revoir très très bientôt.

Ce soir là, je me suis endormie avec un gros sourire dans la face et j'ai fait des rêves hot hot hot. Le lendemain matin, j'e me suis réveillée avec un mauvais feeling. Un nœud dans le ventre, un pressentiment de Ayoye à venir. Deux heures après, j'ouvrais un courriel du mec en question qui me disait «Écoute...ce n'est pas toi mais j'ai pensé à ça... je préfère ne pas poursuivre, bla bla bla...bonne chance... bla bla bla...».

Vraiment.

Pour vrai.

Le f*cking lendemain.

Donc selon mes calculs, si la tendance se maintient, à mon prochain rendez-vous, le gars devrait aller aux toilettes en plein repas, puis me texter 15 minutes plus tard pour me dire qu'il s'est sauvé par la fenêtre de la salle de bain et qu'il est en route vers chez lui. Mais, tout de même, il tient à ce que je sache que ce n'est pas moi, il est tout mêlé, et bla bla bli, et bla bla blu.

Pas grave.

Parce que:

T'es belle, t'es fine t'es capable.

T'es belle, t'es fine, t'es capable.

T'es belle, t'es fine t'es capable.


Mes cartes de la Saint-Valentin

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