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Le bâillon de Françoise David, l'envers de la démocratie

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Le Rassemblement pour la laïcité (RPL) désapprouve la motion condamnant l'islamophobie présentée récemment par Françoise David et appuyée par l'Assemblée nationale. Loin d'éclairer le débat sur la question de l'intégrisme musulman et l'islamisme que rejette l'immense majorité des Québécois, cette motion est une façon détournée d'imposer le bâillon sur les enjeux fondamentaux touchant la démocratie, la libre-pensée, l'enjeu de laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes. Ces enjeux sont d'ailleurs actuellement au cœur des délibérations entourant le projet de loi 59. De manière très méprisante, la députée de Gouin a exprimé son exaspération face à ces débats qu'elle juge avoir assez duré et auxquels elle n'a pourtant pas participé, ou si peu.

Le niqab : un étendard de l'intégrisme et de l'islamisme

La députée explique en plus que la question du niqab n'est pas un enjeu d'importance et qu'à l'occasion de l'élection fédérale du 19 octobre, l'urgence serait de se débarrasser « d'un gouvernement conservateur antifemmes, antiécologiste, antitravailleurs, antiréfugiés et guerrier », position partisane s'il en est une. C'est le choix de la députée de prétendre que la question du niqab est négligeable, mais cette opinion n'est certainement pas au diapason de ce pensent les Québécois et les Québécoises. Le niqab, faut-il le rappeler à la députée, est l'étendard du wahhabisme et de l'idéologie salafiste; il est le symbole du groupe armé État islamique (EI). Son rejet par la population québécoise est totalement justifié et ce refus n'a rien à voir avec l'intolérance.

La promotion du concept d'islamophobie par la mouvance islamiste

Il va de soi que l'Assemblée nationale peut réprouver toute forme de violence contre les musulmans ou tout autre groupe religieux, qu'il soit catholique, judaïque ou sikh. Que la députée de Québec solidaire emploie le concept d'islamophobie pour dénoncer des cas de violence à l'endroit de femmes musulmanes, c'est autre chose. Référer à l'islamophobie, un concept fumeux, ça s'appelle un détournement idéologique. Le RPL réitère que le concept d'islamophobie été conçu et véhiculé depuis les années 1980 par la mouvance islamiste mondiale et ses organisations pour couvrir leurs exactions et briser la critique dont elles étaient la cible. Cette mouvance assimile sciemment et malhonnêtement l'islamisme (une idéologie rétrograde et liberticide) à l'islam (une religion). La stratégie des islamistes est d'associer ceux et celles qui rejettent leurs dogmes réactionnaires et obscurantistes à une haine contre l'islam, à des actes blasphématoires, même lorsqu'ils dénoncent l'oppression faite aux femmes et la violence déployée contre les homosexuels.

Le concept d'islamophobie est aussi frauduleusement associé à la « xénophobie » ou au « racisme ». En 1979, Kate Millet a été l'une des premières visées par les mollahs iraniens, accusée « d'impérialisme et de racisme contre l'islam » pour avoir appelé les femmes iraniennes à se dévoiler. Salman Rushdie a été accusé d'apostat, de haine et de blasphème, une attaque menant à une condamnation à mort par fatwa. En janvier 2015, lors du massacre de Charlie Hebdo, Geneviève Lepage, représentante de l'Association musulmane québécoise (AMQ), a qualifié l'hebdomadaire humoristique français de publication « islamophobe envenimant les rapports » et fomentant « la division et l'intolérance». Voilà que maintenant, dans le monde occidental, les organisations islamistes se réjouissent de l'adoption d'une telle motion au Québec.

Le Rassemblement pour la laïcité désavoue fortement cette motion adoptée par l'Assemblée nationale. Le libellé de ce texte, sous la forme d'une condamnation de l'islamophobie, n'a aucune raison d'être. Cette proposition soumise au vote procède d'une rhétorique néfaste, celle de l'idéologie islamiste. Le RPL condamne le jeu auquel s'adonnent la députée Françoise David et son parti Québec solidaire contre la libre-pensée, avec la complicité du gouvernement libéral. La liberté d'expression est le fondement même d'une société démocratique. Comment ne pas percevoir l'appui du gouvernement à une telle motion comme un geste court-circuitant et biaisant le débat démocratique en cours sur le projet de loi 59? Le RPL ne peut s'empêcher non plus de réprouver le ralliement du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec à une manipulation dont le Québec n'a pas besoin.

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