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Le dangereux mirage «Royalmount»

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André Fortin avait vu juste :

La coop, le gaz bar, la caisse pop, le croque-mort
Et le magasin général
Quand j'y retourne ça m'fait assez mal
Y'est tombé une bombe su'a rue principale
Depuis qu'y ont construit le centre d'achat
....
Avant la v'nue du centre d'achat
Sur la grande rue c'était plus vivant qu'ça
...
Quand j'y r'tourne c'est pathétique
Ça va donc bien mal su'a rue principale
Depuis qu'y ont construit le McDonald

Le méga projet Royalmount avec ses 8 000 places de stationnement est clairement un projet anti-écologique issu d'une vision dépassée du développement urbain. Coincé entre des autoroutes déjà surachalandées, le projet impose la voiture pour accéder aux commerces. Pire, la construction de tels complexes commerciaux de divertissement et d'achat fauchera inévitablement plusieurs entreprises de proximité.

Pour les citoyens, c'est l'embouteillage de nos routes et le désossement à petit feu de nos petits commerces et notre économie locale, aux profits des grandes chaines, souvent multinationales.

Tout y est pensé et aménagé pour que le consommateur y reste le plus longtemps possible et, surtout, y dépense le plus possible. Tout ça dans un environnement aseptisé, créé de toutes pièces. C'est clinquant, mais ça n'en est pas moins pathétique.

C'est la même formule qui a été reproduite au Quartier Dix30. Il suffit d'agrandir l'angle de notre regard, un peu plus large que ce coin de Brossard, pour voir à quel point « ça va donc bien mal su'a rue principale depuis qu'y ont construit le centre d'achat ».

Plusieurs commerces de détail ont fermé leurs portes sur la Rive-Sud comme à Montréal. En repoussant les commerces loin des zones résidentielles on contribue à la dégradation et l'appauvrissement du tissu urbain.

Les grandes franchises font leur nid dans l'économie de nos villes, mais détruisent peu à peu les petits commerces, les emplois et le tissu social qui vient avec et qui assure la vitalité, le caractère vibrant et la sécurité des quartiers.

Tout cela au détriment - à plus long terme- des consommateurs locaux qui sont parfois séduits par le mirage de ces développements clinquants. Car ces consommateurs sont aussi des travailleurs qui ont besoin des emplois et des services et des impôts locaux que génère une économie à forte implantation locale, axée sur les commerces de proximité, qui auront été les victimes du mirage de l'oasis de la consommation « Royalmount ».

Rien ne se perd, rien ne se crée. Plutôt que de magasiner dans leur quartier, les consommateurs vont aller dépenser dans ce méga centre.

Dans certains quartiers montréalais, des commerçants peinent à joindre les deux bouts ou ferment carrément leurs portes. À Québec solidaire, nous sommes présentement en train de dresser un portrait de la situation économique des artères commerciales de nos trois comtés. Jusqu'à présent, personne ne s'attend à un rapport encourageant.

Peut-on réfléchir collectivement à l'avenir de notre espace ?

Heureusement, plusieurs détails restent à ficeler avant que ce mégaprojet aille de l'avant. Un plan particulier d'urbanisme (PPU) devra être adopté à Mont-Royal pour autoriser le changement de zonage et de nombreuses dérogations. La Ville de Montréal, tout comme le ministère des Transports, devra aussi donner leur feu vert.

Il y a surement mieux à faire. Aux États-Unis, de très nombreux centres commerciaux ont fermé leurs portes au cours des dernières années. Cette vision d'un développement d'immenses centres d'achats et de divertissement doit être laissée au siècle dernier alors que les citoyens souhaitent de meilleurs services de proximité dans des quartiers alliant habitations et emplacement commerciaux.

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