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Open d'Australie 2015: Eugenie Bouchard reprend la vague

01/02/2015 11:02 EST | Actualisé 04/04/2015 05:12 EDT

Il y a un an explosait en terre australe la Genie-mania. Depuis, Eugenie Bouchard a quitté la galaxie des espoirs pour rejoindre celle des étoiles d'un tennis féminin qui ne s'en porte que mieux. Au-delà des résultats (seule joueuse à avoir participé à trois carrés d'as du Grand Chelem en 2014), l'année 2014 aura été celle de tous les changements pour la Québécoise, que ce soit hors court ou sur la ligne de fond. Sa sortie en quart n'est donc en aucun cas un échec : Eugenie peut déferler à nouveau sur 2015.

Goodbye Nick, Hello Nike

Si la voir gambader sur sa ligne de fond de court en ce mois de janvier donne des airs de copier-coller de l'an dernier, tout a changé pour Eugenie en 2014.

En terme de résultats tout d'abord, 32e au classement de l'année 2013, et considérée comme une étoile montante, elle finit 2014 numéro 7 mondiale avec la pression inhérente à cette place bien méritée. Elle devient au passage la première canadienne à atteindre la finale d'un Grand Chelem.

Ces changements au classement s'accompagnent d'autres, plus encombrants.

D'après l'agence de référence Influence communication, on a plus parlé d'Eugenie que de l'équipe entière des Alouettes en 2014. Un plumage en règle accompli à coups de premières historiques pour le tennis canadien, mais également grâce à au développement de la marque Eugenie.

C'est en effet en ces termes que la jeune joueuse s'était exprimée lors de son changement d'agence en décembre dernier «Je suis très excitée à propos de rejoindre WME/IMG, une compagnie qui est dans la meilleure position possible pour m'aider à atteindre mes objectifs d'affaires et maximiser la valeur de ma marque». Car l'agence développera, en plus d'Eugenie la joueuse, Eugenie la top modèle, pour sa division IMG Mode.

Son image s'en porte bien puisqu'en plus de son contrat avec Nike, qui doit être renouvelé cette année, elle est la nouvelle vedette de Coca-Cola, qui mise notamment sur elle pour vendre son Coke diète. Une surmédiatisation qu'elle semble apprécier: «Parfois, j'ai des demandes en mariage, mais je dis non, je suis trop jeune», confiait-elle au micro de Dave Morissette, à TVA Sports. Même le tout récent Twirlgate (à la demande d'un commentateur sur le court, elle avait fait virevolter sa robe en tournant sur elle-même, ce qui a occasionné nombre de réactions pointant le sexisme de l'intervieweur) ne l'a pas ébranlé.

Quant à son encadrement proche, là aussi, 2014 a été une année mouvementée, avec le départ de son coach depuis l'adolescence (même si elle avait également été entrainée par Nathalie Tauziat jusqu'au début de 2014) Nick Saviano, remplacé temporairement, semble-t-il, par Diego Ayala depuis novembre. L'intéressée n'a pas commenté cette séparation outre mesure, mais on peut penser que la rupture était devenue nécessaire pour enrayer le cercle de mauvais résultats entamé après sa finale à Wimbledon. Et, comme Philippe Cantin le relevait dans La Presse, du manque de temps de Nick Saviano hors tournois du Grand Chelem.

Avec toutes ces évolutions récentes, l'Australian open 2015 constituait bien un tournant dans la carrière d'Eugenie. Non pas pour prouver qu'elle était bien plus que la surprise de l'an dernier, ca, tout le monde le sait depuis longtemps. Mais pour retrouver une dynamique, perdue au milieu de l'été, qu'elle semble avoir retrouvé dans l'Est australien.

Rebondir en Australie

Si sa fiche indiquait au sortir de la quinzaine londonienne 2014 un probant 32 victoires pour 13 défaites, le reste de l'année fut plus que quelconque pour Eugenie l'ambitieuse : 9 victoires contre 10 défaites, dont le séisme de la coupe Rogers, au cours duquel elle fut balayée au premier tour devant famille et amis. Les raclées du tournoi des Maîtres de Singapour n'ont rien arrangé.

Pour Louis Borfiga, directeur du développement à Tennis Canada, cette fin de saison en chute libre était due à la fatigue, comme il l'avait indiqué dans un article dans La Presse. Et l'open d'Australie d'Eugenie semble lui donner raison.

Après avoir rechargé les batteries après le Masters, elle a vite repris le chemin du gymnase, dessinant ses épaules à grand renfort de fonte.

Lorsque la confiance nous quitte, faire la révolution dans son jeu n'est pas la bonne solution, et Eugenie n'en avait pas besoin. L'Open d'Australie nous a confirmé l'impression entrevue à la coupe Hopman : un retour aux sources des plus efficaces. Coup droit ravageur, rythme infernal et prise de balle tôt demeurent toujours ses meilleurs ingrédients pour faire tourner la partie de l'adversaire au vinaigre. Mais sa meilleure seconde balle (Begu y a bien goûté) et son jeu de jambes retrouvé lui évitent nombre de points gratuits dont elle gratifiait ses opposantes le semestre dernier. Le match contre Begu symbolise, malgré un petit passage à vide, ses bases retrouvées.

Son parcours fut sans faute jusqu'à miss Sharapova, plus sure d'elle, plus expérimentée et plus agressive que sa cadette, dont elle était l'idole étant jeune. Avec ce nouveau quart de finale, elle a su faire fi des courants contraires, surmonter les vaguelettes et s'assurer d'être dans la bonne direction pour atterrir en force Porte d'Auteuil en mai prochain.

En attendant, face à l'océan Pacifique, le vent dans les cheveux, elle peut retenir le chant de sa Genie Army : We're all in 'Genie's Army', yeah you will hear our roar, il n'a pas fini de résonner cette année.

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