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Lettre à mes ami.e.s d'Option nationale

«Personnellement, je n'ai jamais cru que QS serait autre chose qu'indépendantiste.»

07/12/2017 11:05 EST | Actualisé 07/12/2017 11:05 EST
Jacques Boissinot/PC

Le vote en faveur de la fusion vient d'être adopté, avec une forte majorité, au congrès de Québec solidaire (QS). À votre tour, maintenant, de vous prononcer sur cet important projet de rassemblement politique. À votre tour de décider si vous désirez envoyer un électrochoc à la scène politique québécoise! C'est en espérant vous convaincre de voter en faveur de ce projet que je vous écris ces quelques mots.

Dès la naissance d'Option nationale (ON), j'ai été pris d'une profonde tristesse. Je ne comprenais pas pourquoi autant de personnes ne voyaient pas en QS ce que moi j'y voyais : un excellent véhicule pour faire progresser l'indépendantisme québécois.

Comme plusieurs, j'ai été attiré par ce projet alternatif politique en suivant et en lisant Françoise David. À l'époque, certains indépendantistes se désolaient que son livre, « Bien commun recherché », abordait la question de l'indépendance avec un point d'interrogation plutôt qu'un point d'exclamation. Certains y ont vu un péché originel, une sorte de faute qui démontrait, dès le départ, la timidité indépendantiste du parti à naître.

Personnellement, je n'ai jamais cru que QS serait autre chose qu'indépendantiste. Le congrès de 2009 qui devait officiellement trancher la question était d'ailleurs sans ambiguïté sur le sujet. Ce que QS pouvait contenir « d'aile fédéraliste » a quitté le parti à ce moment-là.

En se battant pour la liberté et la justice, on embrasse nécessairement plusieurs causes.

Mon implication dans le parti s'est intensifiée à partir de 2011 alors que je me suis présenté à l'investiture de la circonscription de Hochelaga-Maisonneuve. Je ne l'aurais jamais fait pour un parti ambigu sur la question nationale. Autant en 2012 qu'en 2014, l'indépendance était un des thèmes principaux de la campagne électorale. Françoise David était d'ailleurs la seule, au débat des chefs, à s'engager à tenir un référendum dans le premier mandat. En 2018, QS sera le seul parti présent à l'Assemblée nationale à formuler, de nouveau, un tel engagement.

En se battant pour la liberté et la justice, on embrasse nécessairement plusieurs causes : indépendantisme, justice sociale, féminisme, diversité sexuelle, diversité culturelle, écologie, etc. Des gens joignent QS pour l'une, l'autre ou un mélange de ces causes. Et c'est ce qui fait notre force. En fusionnant nos deux partis, vous ajouterez vos forces, vos compétences et votre détermination au bassin de solidaires qui militent déjà en faveur de l'indépendance à l'intérieur du parti.

Je ne pourrais terminer cette lettre sans souligner l'ouverture du parti aux différentes initiatives indépendantistes de ses membres. À titre d'exemple, j'ai proposé, en 2014, de former une délégation de QS pour observer le référendum écossais. Le parti m'a demandé en 2015 si je voulais répéter l'expérience pour la Catalogne. Attendant la venu d'une petite fille, j'ai dû passer mon tour cette année, mais j'étais heureux de voir que la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, faisait partie de la délégation. À chaque fois, j'ai reçu l'appui et la coopération entière des élu.e.s et des employé.e.s du parti.

Un autre exemple? En 2013, le 175e anniversaire de la déclaration d'indépendance du Bas-Canada de 1838 allait passer complètement inaperçu. Le document, d'une étonnante modernité, mérite d'ailleurs d'être davantage connu du grand public. C'est sans difficulté que j'ai convaincu les « comm » et mes collègues Manon et Andrés de faire une petite vidéo dans laquelle nous avons lu quelques extraits qui résonnent encore aujourd'hui.

J'invoque ces quelques exemples pour vous démontrer qu'il y a de la place pour les initiatives indépendantistes à l'intérieur de QS. J'y ai toujours été confortable et je suis convaincu que vous le serez tout autant.

En espérant de tout cœur avoir la chance d'être le premier nouveau membre du collectif ON au sein du parti unifié.

Solidairement,

Alexandre Leduc
Membre fondateur de Québec solidaire