Les liens que le Parti libéral du Québec avait réussi à tisser avec les Québécois pendant près d'un demi-siècle se sont à ce point effrités sous le règne de Jean Charest qu'il est permis de douter de l'avenir de cette formation. Les derniers sondages confirment un recul majeur du PLQ chez les francophones avec des appuis de moins de 20%, loin derrière le Parti québécois (36%) et la Coalition Avenir Québec (30%).
Le PLQ s'était fait connaître au début des années 1960 par la mise en place de programmes sociaux, de réformes majeures en éducation assorties d'une politique d'accessibilité aux études postsecondaires ainsi que par la défense des intérêts du Québec au sein de la fédération. En s'éloignant des principes et des politiques qui lui avaient donné un profond ancrage dans la société québécoise, le parti est devenu méconnaissable pour bon nombre de ses électeurs naturels.
Les anglophones et les allophones qui ont longtemps vu les Libéraux comme étant la meilleure garantie contre l'indépendance sont aujourd'hui mal à l'aise face aux allégations de corruption et de collusion qui sèment le doute sur l'intégrité du gouvernement. Ils sont aussi inquiets des véritables intentions du parti sur la question linguistique puisque le PLQ donne, à tout moment, des signes qu'il pourrait les laisser tomber. Les récentes tergiversations de Jean Charest au sujet de l'application de la Loi 101 aux institutions de compétence fédérale établies au Québec en sont un exemple. Il faut se rappeler aussi les élections de 1976 et de 1989 où anglophones et allophones ont boudé le PLQ. Lors du scrutin de 1976, l'appui des Anglo-Québécois s'est déplacé vers l'Union nationale en raison de la ratification deux ans plus tôt de la Loi 22. Puis, en 1988, les Anglophones ont jeté leur dévolu sur le Parti Égalité, formé par d'anciens députés libéraux issus de la communauté anglophone, pour protester contre la décision du gouvernement Bourassa de recourir à la clause dérogatoire pour l'affichage en français.
Or, depuis l'arrivée au pouvoir de Jean Charest à Québec en 2003, les anglophones et les allophones manifestent leur insatisfaction à l'égard du PLQ en s'abstenant de plus en plus de voter. On pourra consulter avec grand intérêt l'étude de Thomas Lafontaine dans laquelle il explique l'abstention du vote au Québec pour la période de 1980 à 2008.
Si par le passé, le parti a pu s'enorgueillir d'héberger deux grandes tendances (les interventionnistes et les affairistes), force est de constater que depuis le départ de Claude Ryan à la tête du PLQ, la formation a eu tendance à tourner le dos aux politiques publiques fondées sur le partage des richesses et sur une plus grande justice sociale. Ce sont les défenseurs de l'entreprise privée, évoluant autour de Raymond Garneau, Reed Scowen, Pierre Gobeil, Pierre Fortier, Claude Forget et Daniel Johnson fils, qui ont imposé leur vision. La victoire des affairistes a fait fuir les électeurs les plus progressistes du PLQ qui ont été tentés par de nouvelles formations politiques dont Québec Solidaire qui fait timidement la promotion de l'indépendance et, plus récemment, la Coalition Avenir Québec et l'Union citoyenne du Québec (UCQ). L'arrivée de l'UCQ traduit un malaise additionnel chez les Libéraux d'autant plus que cette formation reprend à son compte l'héritage de la révolution tranquille qui a été abandonné par le PLQ. Le programme de ces néo-Libéraux surprend par son désir de redonner au Québec une volonté d'agir au chapitre des relations fédérales-provinciales, de forcer les grandes entreprises à payer leur juste part des redevances à l'État, de soutenir les étudiants, de doter le Québec de sa propre constitution et de faire avancer son statut plurinational.
Depuis l'échec référendaire d'octobre 1995, pour répondre aux appels des sirènes de la mondialisation, le Parti libéral s'est graduellement déplacé vers la droite de peur de voir l'Action démocratique du Québec lui ravir des « parts du marché » électoral. Les effets de ce repositionnement se font de plus en plus sentir. Jean Charest a réussi à faire du Parti libéral un vrai parti conservateur.
Le fait que le PLQ ait tourné le dos à son aile progressiste a eu une autre conséquence, celle de fournir des munitions au Nouveau Parti démocratique qui veut tenter à nouveau de s'implanter au Québec après l'échec percutant de Jean-Paul Harney à la fin des années 1980.
En abandonnant ainsi ses éléments les plus avant-gardistes, le PLQ y va d'un pari qui semble risqué. Ce parti qui parvenait à rassembler les électeurs fédéralistes de gauche et de droite est maintenant en voie de créer les conditions propices à l'émergence de diverses factions qui viendront affaiblir ses propres chances de succès et, qui sait, peut-être le conduiront à sa perte. On peut déjà prévoir que ce parti dont le programme consiste à mettre l'accent sur le principe de l'utilisateur-payeur, la hausse des droits de scolarité et des tarifs, s'aliénera encore davantage les électeurs francophones. Du côté des anglophones - où l'on retrouve une plus grande sensibilité à la question sociale qu'à la question nationale - il est probable qu'ils participeront de façon moins intense que les autres Québécois au scrutin du 4 septembre d'autant plus que la campagne fait peu de cas de leurs revendications. Tout cela est de très mauvais augure pour l'avenir du PLQ.
(photos)Suivre Alain-G. Gagnon sur Twitter: www.twitter.com/AlainGGagnon
De ce fait, les Québécois n'appréciant pas se faire rouler par une classe de politiciens véreux se détournent du parti libéral. Capitaine Canada aura donc fabriquer le cercueil du PLQ avec le bois du Grand Nord. Il passera à l'histoire comme il le voulait mais certainement pas pour de nobles gestes
Et les sondages qui disent que si on ne fais pas notre souverainetée on vas finir par nous mettre à la porte du Kanada ..
Ça serait bien si les livres disaient un jour :"il y eut un soir il y eu un matin"... mais j'ai l'impression qu'on finira par devenir un pays sans même s'en rendre compte ! .
À ce sujet, on consultera avec profit:
1. "Death of the Liberal Class" (2010), par Chris Hedges.
2. "Chris Hedges - Death of the liberal class" -- Congress 2012 -- University of Waterloo, Wilfrid Laurier University.
http://www.youtube.com/watch?v=2hImYfdl5pE
C'est le summum du journalisme. Le seul problème c'est qu'il a malheureusement raison ..Les usa s'effondre
J'ai aussi beaucoup aimer Emmanuel Tod. qui est aussi très bon
Merci pour le lien, je vais écouter ca tout de suite
On peu se demandé maintenant a froid pourquoi la police avait besoin de la loi 78 pour faires leur arrestation et aussi pourquoi les médias n'étaient pas présent en cour pour suivre l'affaire et nous montrer ces casseurs ( une exception la fille de Kadir, dois-ton se demandé pourquoi ?)
Ça me laisse avec un gros sentiment de s'être fait avoir...
Ca été exactement la technique qu'il préconisait pour arrêter les terroristes c-a-d les isolé du support social.
Finalement, les Américains font la guerre à des pays de la même manière que Charest a justifié la violence contre sa population. On n’arrête pas les terroristes, on bombe directement tout le monde sans distinction par délit d’association à une pogné d’individus.
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Relisant vos propos, je pense à deux autres documents de Hedges qui sont de nature à vous intéresser:
1. "The Cancer in Occupy",
http://www.truthdig.com/report/item/the_cancer_of_occupy_20120206//
2. "Criminalizing Dissent",
http://www.truthdig.com/report/item/criminalizing_dissent_20120813/
Ces choses vont en effet très loin. C'est pourquoi il est bon de réfléchir avec ceux qui savent les mettre en contexte pour leur donner leur plein rayonnement... et de façon concrète, au quotidien. Nous apprenons ainsi à faire de même.
Je vous laisse sur ceci:
3. "The NSA Is Building the Country’s Biggest Spy Center"
http://www.wired.com/threatlevel/2012/03/ff_nsadatacenter/all/1
4. "Exclusive: National Security Agency Whistleblower William Binney on Growing State Surveillance"
http://www.democracynow.org/2012/4/20/exclusive_national_security_agency_whistleblower_william
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P.S. Ceci, pour la détente, en cette Fête du Travail...
A. "Bob Dylan - Times They are a-Changin"
http://www.youtube.com/watch?v=vCWdCKPtnYE
B. "Bob Dylan The Times They Are A-Changin' Lyrics"
http://www.lyricsfreak.com/b/bob+dylan/the+times+they+are+a+changin_20021240.html
Bien cordialement,
LC
Tous les chefs de parti ont sûrement commencé à écrire leur deux discours pour le speach de fin de soirée; un en cas de victoire et un en cas de défaite. Tous! non, Jean Charest n'en a préparé qu'un seul.
Je sais pas si c'est la blague qui est vraiment bonne ou mon grand plaisir profond de l'anticipation de la situation :)
Moi je met 5$ qui va dire que c'est pas de sa faute...:)
Le parti libéral a toujours été un regroupement de minoritaires et aujourd’hui ils récoltent ce qu’ils ont semé… leur clientèle historique est devenu adulte et s’est affranchie.
Prochainement, il ne restera que deux nations souveraines le Québec et le Canada…. Le parti Libéral aura bientôt perdu toute sa raison d’être. Nous seront tous majoritaires et le parti libéral disparaîtra paisiblement. Ce sera la fin du beau rêve à Trudeau et on en parlera dans les livres de science politique comme un exemple à ne pas suivre.
Le parti Libéral du Canada a perdu sa raison d’être.
Le Parti Libéral du Canada est le parti des minoritaires. Parce que c’est normal pour tout être humain de faire parti d’une majorité, ils ont perdu leurs quatre bases électorales. Je m’explique.
1.) Ils avaient le vote des Canadiens-Français du Québec. Depuis la révolution tranquille, ceux-ci se sentent majoritaires et sont devenus Québécois, ils votent donc plus à gauche maintenant (Bloc-NPD).
2.) Les Francophones hors-Québec s’assimilent à la majorité anglaise, pour devenir Canadian. Ils votent donc NPD ou Conservative, dépendant s’ils sont de gauche ou de droite. (ex. St-Boniface au Manitoba et Chéticamp, N-É qui sont allés Conservateur. Bathurst au N-B et le nord de l’Ontario qui sont allés NDP).
3.) Les immigrants aussi, qui après deux générations, s’assimilent aux Anglais et deviennent Canadian (NPD-Conservateur). Ils sont donc une clientèle d’électeurs éphémères, à renouveler constamment.
4.) Et la dernière minorité, les Anglais du Québec. C’est tout ce qui reste (libéral), mais c’est très limité, avec quelques contés dans le West-Island.
Mais il n'y a rien de "curieux" dans votre opinion. Elle est comme d'habitude non documentée et dépourvue de tout argumentaire.