Alain-G. Gagnon

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Les risques d'éclatement du PLQ

Publication: 30/08/2012 11:21

Les liens que le Parti libéral du Québec avait réussi à tisser avec les Québécois pendant près d'un demi-siècle se sont à ce point effrités sous le règne de Jean Charest qu'il est permis de douter de l'avenir de cette formation. Les derniers sondages confirment un recul majeur du PLQ chez les francophones avec des appuis de moins de 20%, loin derrière le Parti québécois (36%) et la Coalition Avenir Québec (30%).

Le PLQ s'était fait connaître au début des années 1960 par la mise en place de programmes sociaux, de réformes majeures en éducation assorties d'une politique d'accessibilité aux études postsecondaires ainsi que par la défense des intérêts du Québec au sein de la fédération. En s'éloignant des principes et des politiques qui lui avaient donné un profond ancrage dans la société québécoise, le parti est devenu méconnaissable pour bon nombre de ses électeurs naturels.

Les anglophones et les allophones qui ont longtemps vu les Libéraux comme étant la meilleure garantie contre l'indépendance sont aujourd'hui mal à l'aise face aux allégations de corruption et de collusion qui sèment le doute sur l'intégrité du gouvernement. Ils sont aussi inquiets des véritables intentions du parti sur la question linguistique puisque le PLQ donne, à tout moment, des signes qu'il pourrait les laisser tomber. Les récentes tergiversations de Jean Charest au sujet de l'application de la Loi 101 aux institutions de compétence fédérale établies au Québec en sont un exemple. Il faut se rappeler aussi les élections de 1976 et de 1989 où anglophones et allophones ont boudé le PLQ. Lors du scrutin de 1976, l'appui des Anglo-Québécois s'est déplacé vers l'Union nationale en raison de la ratification deux ans plus tôt de la Loi 22. Puis, en 1988, les Anglophones ont jeté leur dévolu sur le Parti Égalité, formé par d'anciens députés libéraux issus de la communauté anglophone, pour protester contre la décision du gouvernement Bourassa de recourir à la clause dérogatoire pour l'affichage en français.

Or, depuis l'arrivée au pouvoir de Jean Charest à Québec en 2003, les anglophones et les allophones manifestent leur insatisfaction à l'égard du PLQ en s'abstenant de plus en plus de voter. On pourra consulter avec grand intérêt l'étude de Thomas Lafontaine dans laquelle il explique l'abstention du vote au Québec pour la période de 1980 à 2008.

Si par le passé, le parti a pu s'enorgueillir d'héberger deux grandes tendances (les interventionnistes et les affairistes), force est de constater que depuis le départ de Claude Ryan à la tête du PLQ, la formation a eu tendance à tourner le dos aux politiques publiques fondées sur le partage des richesses et sur une plus grande justice sociale. Ce sont les défenseurs de l'entreprise privée, évoluant autour de Raymond Garneau, Reed Scowen, Pierre Gobeil, Pierre Fortier, Claude Forget et Daniel Johnson fils, qui ont imposé leur vision. La victoire des affairistes a fait fuir les électeurs les plus progressistes du PLQ qui ont été tentés par de nouvelles formations politiques dont Québec Solidaire qui fait timidement la promotion de l'indépendance et, plus récemment, la Coalition Avenir Québec et l'Union citoyenne du Québec (UCQ). L'arrivée de l'UCQ traduit un malaise additionnel chez les Libéraux d'autant plus que cette formation reprend à son compte l'héritage de la révolution tranquille qui a été abandonné par le PLQ. Le programme de ces néo-Libéraux surprend par son désir de redonner au Québec une volonté d'agir au chapitre des relations fédérales-provinciales, de forcer les grandes entreprises à payer leur juste part des redevances à l'État, de soutenir les étudiants, de doter le Québec de sa propre constitution et de faire avancer son statut plurinational.

Depuis l'échec référendaire d'octobre 1995, pour répondre aux appels des sirènes de la mondialisation, le Parti libéral s'est graduellement déplacé vers la droite de peur de voir l'Action démocratique du Québec lui ravir des « parts du marché » électoral. Les effets de ce repositionnement se font de plus en plus sentir. Jean Charest a réussi à faire du Parti libéral un vrai parti conservateur.

Le fait que le PLQ ait tourné le dos à son aile progressiste a eu une autre conséquence, celle de fournir des munitions au Nouveau Parti démocratique qui veut tenter à nouveau de s'implanter au Québec après l'échec percutant de Jean-Paul Harney à la fin des années 1980.

En abandonnant ainsi ses éléments les plus avant-gardistes, le PLQ y va d'un pari qui semble risqué. Ce parti qui parvenait à rassembler les électeurs fédéralistes de gauche et de droite est maintenant en voie de créer les conditions propices à l'émergence de diverses factions qui viendront affaiblir ses propres chances de succès et, qui sait, peut-être le conduiront à sa perte. On peut déjà prévoir que ce parti dont le programme consiste à mettre l'accent sur le principe de l'utilisateur-payeur, la hausse des droits de scolarité et des tarifs, s'aliénera encore davantage les électeurs francophones. Du côté des anglophones - où l'on retrouve une plus grande sensibilité à la question sociale qu'à la question nationale - il est probable qu'ils participeront de façon moins intense que les autres Québécois au scrutin du 4 septembre d'autant plus que la campagne fait peu de cas de leurs revendications. Tout cela est de très mauvais augure pour l'avenir du PLQ.

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  • Jean Charest, accompagné par son épouse à son arrivée à TVA

  • Jean Charest à son arrivée à TVA

  • François Legault, accompagné par son épouse à son arrivée à TVA

  • Les échanges ont été virils entre les deux chefs

  • Jean Charest, combatif durant le débat

  • François Legault, à l'offensive durant le débat

  • Jacques Duchesneau, dubitatif durant le débat

  • François Legault lors du point presse post débat

  • Jean Charest lors du point presse post débat

  • François Legault lors du point presse post débat

  • Jean Charest lors du point presse post débat

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