Alain-G. Gagnon

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Avantage Legault

Publication: 06/08/2012 00:36

Après seulement quelques jours de campagne, Jean Charest a vu s'effriter l'avantage que lui confère sa position de chef du gouvernement malgré ses efforts soutenus des dernières semaines pour ratisser le Québec et distribuer des subventions dans les régions où le Parti libéral peine à s'enraciner. Or, le Parti québécois et la Coalition Avenir Québec sont parvenus à tirer leur épingle du jeu en ciblant les faiblesses du parti ministériel : manque d'intégrité, copinage, clientélisme, marchandisation du savoir, autoritarisme, docilité à l'endroit du gouvernement central. Toutefois, c'est la Coalition qui sort renforcée des premières escarmouches pour plusieurs raisons et c'est ce qui me fait croire que l'équipe Legault a le vent dans les voiles.

Au premier jour de la campagne, le chef de la CAQ a su exploiter avec efficacité le talon d'Achille du PLQ en présentant son projet de Loi 1, un plan d'action pour mettre en échec la collusion et la corruption qui seraient devenues systémiques sous les Libéraux de Jean Charest. François Legault a frappé un grand coup en recrutant Jacques Duchesneau, un homme-clé qui jouit d'une grande popularité dans la lutte anti-corruption mais qui est aussi réputé pour ses déclarations intempestives. L'entrée en scène de Jacques Duchesneau a pour effet de remettre au centre du débat les travaux de la Commission Charbonneau que Jean Charest avait souhaité éviter durant la campagne.

La CAQ compte déjà dans son équipe Maud Cohen, l'ancienne présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, qui apporte à son tour beaucoup de crédibilité au grand ménage promis par la CAQ dans le financement des partis politiques et l'attribution des contrats gouvernementaux. Aux deux nouveaux venus s'ajoute l'ancienne députée adéquiste, Sylvie Roy, qui a tenu ce dossier à bout de bras à l'Assemblée nationale. Le chef de la CAQ qui parle avec fierté de son trio d'incorruptibles, aura cependant fort à faire pour garder son nouveau porte-étendard de l'intégrité à l'abri des controverses. Il en est tellement conscient qu'il a exempté Jacques Duchesneau de l'obligation d'amasser 25,000 dollars pour le financement de sa campagne dans la circonscription de Saint-Jérôme. Mais cette exigence de la CAQ de recueillir des fonds pour avoir le privilège de se présenter sous sa bannière reste une pratique inquiétante dans les autres circonscriptions.

Le leader de la CAQ est parvenu à conserver l'avantage de la patinoire au cours des premiers jours en ciblant un autre dossier, celui de la santé au cœur des préoccupations des Québécois. Sa recrue Gaétan Barrette a présenté clairement et sans détour son plan d'intervention pour donner accès à des médecins de famille et réduire le temps d'attente. Il reste à savoir si ses propositions tiennent la route ou ne sont que de la poudre aux yeux. Mais, on a pu constater que cette initiative mettait sur la défensive les Libéraux qui avaient promis en 2003 de régler ces problèmes au cours des six premiers mois de leur mandat.

Il demeure des zones d'ombre importantes du côté de l'équipe de François Legault pouvant refroidir l'ardeur des électeurs. Le vote de la CAQ en faveur du projet loi 78 (aujourd'hui Loi 12) sous prétexte qu'il permettait aux étudiants d'avoir accès aux établissements d'enseignement malgré le fait qu'il suspendait plusieurs sections des chartes canadienne et québécoise en matière de droits et libertés constitue une erreur que le chef caquiste a admise trop tard puisque le Québec vit aujourd'hui sous le régime de cette loi inique. Pendant le conflit, François Legault a encouragé le gouvernement Charest à adopter la ligne dure et à faire preuve d'intransigeance à l'endroit des étudiants, allant même jusqu'à prôner l'utilisation de tous les moyens nécessaires pour imposer le retour en classe. Cela donne froid dans le dos. Cette erreur de jugement de la part du leader de la CAQ pourrait bien le suivre jusqu'aux urnes.

Enfin, la démission en catastrophe de l'agent officiel de la CAQ, Marc Deschamps, qui a été mis en examen dans le scandale du Faubourg Contrecoeur à Montréal, jette un doute quant à la probité d'un parti voulant faire toute la lumière sur le financement occulte des formations politiques sur la scène provinciale. Étonnant que le chef de la Coalition n'y ait vu aucun problème jusqu'au moment d'attirer Jacques Duchesneau dans ses rangs.

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %

 

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