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Les contorsions intellectuelles de PKP

19/05/2015 10:28 EDT | Actualisé 19/05/2016 05:12 EDT

Le discours triomphal de Pierre Karl Péladeau après son élection comme chef du Parti québécois laisse entrevoir le genre de stratégie de communication que ce dernier pourrait adopter pour tenter de berner les électeurs à «faire du Québec un pays».

M. Péladeau a affirmé dans son allocution que le « modèle québécois » nous aurait permis de nous hisser dans le palmarès des pays les plus justes et les plus équitables. Il a certainement raison de dire que les Québécois sont parmi les plus taxés en Amérique du Nord si c'est ce qu'il implique quand il parle d'une société plus « juste ». Mais est-il vraiment « juste » de dévêtir Paul de force pour habiller Pierre? Doit-on être fier d'être ceux en Amérique du Nord qui confisquent le plus la richesse de leurs compatriotes? Quant aux inégalités de richesse, ce à quoi PKP faisait sans douté référence en parlant d'une société « équitable », le coefficient d'inégalités au Québec, tel que compilé par Statistiques Canada, est pratiquement le même en 2011 que ce qu'il était en 1976, moment de la première accession au pouvoir du parti du nouveau chef. Le fameux « modèle québécois », si cher aux péquistes (et aux libéraux...), n'a aucunement réduit ces inégalités malgré qu'on l'ait appliqué sans ménagement au Québec depuis 35 ans.

Péladeau clamait lors de sa tirade qu'Hydro-Québec était un des joyaux collectifs des Québécois qu'il fallait préserver à tout prix. Rappelons qu'une étude fouillée de Claude Garcia rendue publique en 2008 démontrait qu'Hydro-Québec était l'une des sociétés de production d'électricité les moins bien gérées en Amérique du Nord. Malgré une légère amélioration récente de sa productivité, elle se classe encore dans le peloton de queue à l'échelle du continent. C'est ce même zircon qui perd 695 millions de dollars par année avec les éoliennes, facture qui est refilée au consommateur prisonnier de ce monopole improductif. On veut préserver une telle incompétence?

Pierre Karl Péladeau a aussi indiqué que les sièges sociaux de nos « fleurons québécois » disparaissent à petites doses. Pourtant, une étude publiée le lendemain du discours dans La Presse indiquait que le Québec comptait, en 1980, 102 des sièges sociaux des 500 plus grandes entreprises canadiennes. Ce nombre a varié légèrement à la hausse et à la baisse depuis et il s'établissait en 2013 à... 95! Pour le drame, on repassera. D'ailleurs, on peut se demander si le nombre de sièges sociaux n'aurait pas augmenté en l'absence du fardeau fiscal et réglementaire écrasant de notre fameux «modèle québécois».

Enfin, PKP laisse sous-entendre dans son adresse que le français était en recul dans notre province. Pourtant, les statistiques décortiquées par les chercheurs Vincent Geloso et Martin Coiteux (maintenant président du Conseil du trésor) démontrent que le français comme langue d'usage augmente au Québec.

Nous n'avons pas fini de subir les contorsions intellectuelles de Pierre Karl Péladeau qui ne reculera devant rien pour attirer les Québécois dans la cage à homards... D'autant plus que celles-ci seront bientôt alimentées par un institut de recherche scientifique et appliquée sur l'indépendance pour mesurer «les bienfaits et les bénéfices» de l'option qu'il défend. On croirait revoir le vieux film de Richard Le Hir, le ministre responsable des fameuses « études » sur la faisabilité de la séparation du Québec. Peut-être cet institut mettra-t-il à jour ces études et, tant qu'à y être, le budget de l'An 1 de François Legault? Et tout cas, peu importe les résultats de ces présumées « études », parions que le directeur de cet « institut » sera bien placé pour être promu futur ministre de la Propagande sous un gouvernement péquiste dirigé par M. Péladeau!

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