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Nous sommes pauvres et de gauche!

23/01/2016 11:52 EST | Actualisé 23/01/2017 05:12 EST

L'Institut de la statistique du Québec (ISQ) nous annonce une vieille nouvelle : avec un revenu disponible par habitant de 26 046 $, le Québec se classe, pour une deuxième année de suite, au dernier rang des provinces et des territoires.

En 2014, la différence au chapitre du revenu disponible par habitant entre le Québec et le reste du Canada était de près de 5 500 $ en faveur de ce dernier. La situation a empiré au cours des dernières années. En 2004, le revenu disponible du Québec correspondait à 88,4 % de celui du reste du Canada, alors qu'en 2014, il ne représente que 82,6 %.

C'est une honte. Après 55 ans d'efforts soutenus par notre système social-démocrate pour en arriver à une société plus juste, plus compatissante et plus équitable, force est de constater que nos politiques de redistribution de richesse, nos politiques industrielles, nos politiques étatiques ont produit un échec lamentable : nous sommes les plus pauvres au pays.

L'ISQ, qui est supposé compiler des statistiques, se risque à tenter une explication. Le retard historique du Québec s'explique en bonne partie, selon elle, par le fait que les Québécois, comparativement au reste des Canadiens, travaillent moins d'heures en moyenne et sont proportionnellement moins nombreux à travailler. Qui plus est, le salaire horaire des employés québécois continue de demeurer sous la moyenne canadienne.

Pourquoi les Québécois travaillent-ils moins ? Est-ce parce qu'il y a au Québec plus de travailleurs de l'État que partout ailleurs et que ceux-ci travaillent moins d'heures et ont plus de congés, incluant les congés de maladie, que n'importe qui au Canada ?

Pourquoi sont-ils proportionnellement moins nombreux à travailler ? Serait-ce parce que les régimes de retraite des trop nombreux fonctionnaires leur permettent de prendre leur retraite plus jeune que partout ailleurs au Canada - ou que notre filet social est un hamac et permet à trop de gens de vivre au crochet de l'État - ou que les barrières à l'entrée au marché du travail sont trop élevées pour nos jeunes, nos immigrés, nos parents mono-parentaux ?

Pourquoi le salaire horaire des Québécois est-il sous la moyenne canadienne ? Est-ce parce que les employeurs québécois sont les plus taxés au Canada et ont donc moins d'argent à donner à leurs salariés ? Est-ce parce qu'ils paient les plus hautes taxes sur la masse salariale ? Est-ce que parce qu'il y a trop de barrières à augmenter la productivité ?

L'SQ tente de renflouer le modèle québécois en ajoutant que « sans l'intervention des différents paliers de gouvernement sous forme de transferts monétaires aux ménages (aide sociale, prestations d'assurance-emploi, rentes de retraite, crédits d'impôt remboursables, etc.), la différence de revenu entre le Québec et le reste du Canada serait encore plus grande. En 2014, les Québécois ont reçu en moyenne 1 147 $ de plus en transferts gouvernementaux que les autres Canadiens (..) Les transferts gouvernementaux sont aussi plus élevés au Québec qu'au Canada en raison des différentes mesures d'aide financière destinées aux familles offertes par l'administration publique québécoise. »

Est-ce que nous sommes pauvres malgré la générosité de l'État ou sommes-nous pauvres à cause de la générosité de l'État ?

Les études économiques répondent de façon concluante à cette question. Que ce soit selon l'Economic Freedom of the World Index, l'Index of Economic Freedom ou l'index Economic Freedom of North America, il est clair que les économies moins économiquement libres produisent les moins bons résultats en terme de richesse économique mesurée selon le PIB. Selon ce dernier, le Québec se classe au dernier rang des juridictions canadiennes en terme de liberté économique. Autrement dit, c'est au Québec que l'État intervient le plus, que ce soit au niveau de la réglementation (notamment la réglementation du travail) ou de la taxation, et en conséquence, c'est au Québec que nous sommes les plus pauvres du Canada.

Les gauchistes tireront sur le messager plutôt que de confronter la triste réalité : le modèle québécois, socialiste et étatiste, mis de l'avant par les gouvernements du Parti libéral et du Parti québécois depuis les années 1960 nous appauvrit collectivement. Et tant qu'on se cachera la tête dans le sable, nous continuerons à enfoncer notre classe moyenne et nos plus démunis dans le désespoir et la pauvreté.

Qu'on soit à gauche ou à droite, tous nous sommes d'accord sur l'objectif : nous voulons moins de pauvres, nous voulons que la classe moyenne puisse « joindre les deux bouts », nous voulons offrir plus d'opportunités à nos jeunes, nous voulons des retraités qui ont réussi à épargner pour leurs vieux jours, nous voulons aider les plus démunis qui sont incapables de subvenir à leurs besoins, nous voulons une société prospère. Nous avons appliqué depuis 40 ans le modèle prôné par la gauche et le constat d'échec est cuisant.

Il est temps de changer la recette.

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