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La question de l'urne

05/04/2014 08:42 EDT | Actualisé 05/06/2014 05:12 EDT

Quel sera le principal enjeu électoral auquel les électeurs seront confrontés lorsqu'ils entreront dans l'isoloir le 7 avril?

Pauline Marois aurait voulu que ce soit la Charte, mais le sujet ayant été surmédiatisé bien avant le déclenchement du scrutin, les électeurs semblent en avoir soupé du sujet.

Mme Marois avait habilement mis le sujet du référendum sur la voie d'évitement avec son Livre blanc jusqu'à ce que Pierre Karl Péladeau ramène le sujet à l'avant-scène, probablement le "poing tournant" de la campagne. Mais le faible pourcentage d'appui à l'indépendance a convaincu l'électorat qu'il n'y aura pas de référendum à court terme.

La maxime « Qui lance de la boue creuse son trou » a occupé la troisième phase de la campagne. Mais puisque l'élection de 2012 portait sur ce sujet et que, de toute façon, l'électorat est convaincu qu'aucun des chefs n'est blanc comme neige, les électeurs semblent ne pas avoir mordu à l'hameçon.

Les derniers jours ont donné lieu à des stratégies électoralistes improvisées qui sont cousues de fil blanc et ne font qu'augmenter le cynisme des électeurs: Mme Marois qui veut baisser soudainement les impôts, François Legault qui se découvre un intérêt nouveau pour la dette du Québec, Philippe Couillard qui veut nommer un ministre des PME, etc.

Que reste-t-il alors après quelque 30 jours de campagne?

Le ressentiment épidermique au PQ est acquis, du moins dans la région de Québec où je me présente comme candidat. Quant aux libéraux, c'est bonnet blanc et bonnet blanc avec le PQ sauf quant à la question nationale, qui n'est pas un enjeu. On a par contre encore en mémoire les hausses successives de la TVQ, la cotisation santé et l'augmentation de toutes sortes de taxes, dont celle sur l'essence.

La CAQ a pris un soudain et rafraîchissant tournant vers la droite depuis trois semaines, mais les contradictions du chef laissent les gens perplexes : la folie des grandeurs du projet St-Laurent, « non » aux hausses d'Hydro-Québec aujourd'hui même si M. Legault avait dit « oui » il y a 18 mois, protégeons les contribuables avec une charte, mais misons 115 millions de dollars au loto-pétrole d'Anticosti avec l'argent de ces mêmes contribuables, bref malgré le fait d'avoir temporairement sorti les ex-adéquistes du placard pour les mettre en valeur, on doute de la sincérité et des convictions profondes de ce souverainiste en moratoire.

L'enjeu électoral, du moins dans la région de la capitale où je me présente, a peut-être été « anybody but Pauline » mais je sens qu'aujourd'hui, il est plutôt « OK mais est-ce que pour une fois je pourrais exercer mon vote en faveur d'un parti qui correspond à mes valeurs plutôt que d'être forcé de voter pour empêcher un parti que je n'aime pas de gagner?»

Le Parti conservateur du Québec, un nouveau parti qui présente quelque 60 candidats, répond qu'il est le seul vrai parti de droite au Québec. Pas à droite depuis trois semaines, mais de droite économique dans sa constitution, dans son ADN, dans ses fibres et dans ses valeurs les plus profondes, dont la boussole idéologique claire pointe de façon cohérente et consistante vers le Nord vrai. Un parti qui ne reculera pas dès que les syndicats ou les groupes de pression patronaux élèveront la voix et qui ne se lancera pas dans de grandioses projets pour bâtir un monument au chef du parti.

La population a, cette fois-ci, l'opportunité d'encourager une véritable possibilité de changer le livre de recettes plutôt que de seulement changer de chef comme on l'a fait depuis 40 ans.

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