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Trudeau fait reculer les droits des syndiqués

23/11/2015 09:36 EST | Actualisé 23/11/2016 05:12 EST

Le premier ministre Trudeau a réitéré sa promesse d'abolir les lois C-525 et C-377. Les syndiqués canadiens seront perdants au change.

La loi C-525 modifie le processus de création et de dissolution des syndicats des employés du gouvernement fédéral et d'entreprises de juridiction fédérale (telles les entreprises de transports et de communications). Avant la nouvelle loi, un syndicat pouvait être formé simplement en obtenant les signatures de 50% +1 des employés, sans vote des employés. La nouvelle loi prévoit que dès que 40% des employés signent une carte, un vote secret doit être tenu et la majorité des employés visés doit voter en faveur de la création du syndicat pour que celui-ci voie le jour.

Les règles pour désyndiquer les employés ont aussi été changées. Dorénavant, si 40% des employés syndiqués le demandent par écrit, un vote secret sur la désyndicalisation doit être tenu, et c'est la majorité des employés exprimant leur choix qui décide du sort du syndicat.

Ces changements marquaient un début de reprise du contrôle des syndicats par les syndiqués fédéraux. Mon attachement envers la liberté m'a toujours fait considérer de façon positive la possibilité pour les travailleurs de se regrouper librement en association d'employés. La représentation au moyen d'un syndicat est on ne peut plus légitime quand elle est le fruit d'ententes contractuelles volontaires entre les employés.

Mais, au fil des ans, certains syndicats ont perdu de vue leur mission essentielle qui est de représenter leurs membres dans la négociation de leurs conditions de travail. Les votes secrets et la possibilité d'initier une désyndicalisation de façon démocratique avait pour but de redonner un peu plus de contrôle aux syndiqués et de rendre les directions syndicales plus imputables de leurs gestes envers leur base.

De son côté, la loi C-377 avait comme objectif d'obliger les syndicats à divulguer annuellement à leurs membres, sans que ceux-ci n'aient à en faire la demande, comment sont dépensées leurs cotisations syndicales. Les histoires d'horreur entendues à la commission Charbonneau militaient en faveur de cette mesure de transparence et de reddition publique de comptes, qui auraient eu pour effet de rétablir un climat de confiance dans l'appareil syndical québécois.

Le slogan de la campagne de M. Trudeau était «Ouverture. Transparence. Équité.» Les syndiqués qui ont pu espérer pendant quelques instants avoir retrouvé la liberté d'exprimer sans crainte de représailles leur droit de s'associer ou non et celle de savoir comment sont dépensées leurs cotisations forcées sans crainte d'être excommuniés ont raison de se demander au nom de quelle ouverture et de quelle transparence M. Trudeau restreint les droits et libertés syndicales que le gouvernement précédent leur avait redonné, et ramène les syndiqués canadiens à l'époque de l'obscurantisme syndical.

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