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À l'aide, berger Morneau!

24/03/2016 04:04 EDT | Actualisé 25/03/2017 05:12 EDT

La lecture des 308 pages du budget fédéral a de quoi donner le vertige.

Page après page, les mesures hétéroclites s'ajoutent pour constituer une orgie de dépenses qui fera gonfler la dette nationale de 113 milliards de $ sur 5 ans - constituant des impôts futurs que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants.

On fortifie la classe moyenne avec la spectaculaire allocation canadienne pour enfants. Puis, on aide les jeunes canadiens à réussir en bonifiant les bourses. On supporte les jeunes à obtenir une expérience de travail précieuse par une stratégie emploi jeunesse renouvelée grâce au conseil sur les jeunes du premier ministre et au groupe d'expert sur l'emploi chez les jeunes.

Puis on porte assistance aux chômeurs avec une assurance-emploi plus généreuse. Ensuite on encourage les travailleurs en investissant dans l'acquisition de compétences et en renforçant la formation des apprentis en milieu syndical. On continue en secondant les collectivités à être plus vigoureuses en investissant dans le logement abordable.

C'est ensuite au tour des familles de recevoir le secours de l'État avec un soutien à l'apprentissage et à la garde des jeunes enfants. Viennent ensuite quelques beaux dollars pour que la population se sente chez elle dans les collectivités et on y arrive avec de plus beaux musées, parcs et arénas.

Le chapitre suivant, c'est l'innovation qu'il faut seconder à coups d'incubateurs et d'accélérateurs. Au tour ensuite des fabricants pour élargir leurs possibilités commerciales. On consacre ensuite un chapitre complet à donner l'aumône aux autochtones et un autre sur le développement de l'économie verte.

Enfin, un Canada équitable requiert qu'on appuie les aînés et un beau Canada exige plus d'argent pour les arts et la culture. Mais il faut aussi porter assistance au reste de la planète. Et finalement, le gouvernement doit s'aider lui-même à mieux fonctionner. N'oublions pas l'aide à combattre l'évasion fiscale. Et comme dessert, le fameux programme d'infrastructures pour accompagner les municipalités à réparer leurs égouts et à construire des infrastructures sociales.

Après avoir lu cette danse incessante de milliards, on ne peut que se poser la question suivante: qu'est-ce qu'on ferait si le gouvernement fédéral n'était pas là pour nous aider? Comment diable la société canadienne pourrait-elle réussir et se développer sans l'aide, l'appui, l'assistanat et le secours incessant de l'État fédéral?

Et en fermant le grand livre du budget, on peut remercier béatement l'État fédéral de venir à notre secours en nous tenant la main du berceau au tombeau et en étant notre bienveillant berger, toujours là pour nous protéger.

«Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger» - Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique (1840)

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