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Anticosti et cie: la vieille recette dirigiste vouée à l'échec

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On peut se réjouir du démarrage projeté de la mine McInnis à Port-Daniel. La pureté du calcaire, la présence d'un port en eau profonde et le peu de concurrence dans le marché oligopolistique du ciment sont des facteurs d'attraction. Mais il y a des risques, comme dans tout projet, dont la surcapacité actuelle et la faiblesse de la reprise mondiale. Si le concept est si attrayant, les investisseurs se seraient bousculés au portillon et le Québec aurait pu bénéficier des retombées économiques et de rentrées fiscales sans mettre à risque un seul sou des contribuables. L'annonce laisse plutôt l'impression que c'est le gouvernement qui a insisté pour investir en brandissant, peut-être, des approbations réglementaires plus rapides si on donnait l'occasion à Mme Marois se faire une annonce préélectorale pour acheter des votes en région...

L'annonce d'Anticosti soulève aussi des problèmes importants. Le projet est très risqué. Le chiffre galvaudé de 46 milliards de barils de pétrole laisse peut-être pantois des dirigistes comme François Legault, mais on n'a pas encore vu une seule goutte de pétrole liquide et il est possible que la fracturation ne puisse libérer qu'un ou deux pour cent de la ressource. Au coût éventuel de 120 milliards de $ pour développer les 12 000 puits de forage, la valeur potentielle de 80 milliards de $ remet en question la rentabilité du projet. Voilà pourquoi les grandes pétrolières ont peut-être abandonné Anticosti... L'annonce de Mme Marois me rappelle plutôt quelqu'un qui est en faillite et qui achète un billet de loterie en espérant que ça va régler ses problèmes de dette. Les gagnants de cette loterie sont d'ailleurs déjà choisis. Ce sont les actionnaires de Junex, Petrolia et Corridor Ressources qui avaient vu la valeur de leurs actions chuter de plus de 85% et qui sont sauvés avec nos impôts en échange d'une conférence de presse mettant en vedette la première ministre.

Le fiasco des expériences dirigistes où les politiciens ont gagé au casino avec nos impôts est révélateur. Soquip et la perte de 80% de la valeur de son investissement dans Scepter Ressources, le plan de Jacques Parizeau de transformer le Québec en OPEP de l'amiante qui a coûté 338 millions (en dollars de 1979), l'aventure du minerai de fer par Sidbec-Dosco (perte de 919 millions en dollars de 1990), Québecair, Steinberg, Provigo, Brascade, Domtar, Québecor Média et la SGF (perte d'opportunité de 7 milliards de dollars), pour ne nommer que ceux-là... Voilà quelques rappels de la déroute interventionniste à la soviétique que le PQ et le PLQ ont pratiquée depuis 40 ans.

Toutes ces subventions et aides fiscales aux entreprises détournent les ressources des entreprises les plus performantes pour des fins établies par des fonctionnaires ou politiciens qui ne peuvent se substituer au marché afin de prendre de meilleures décisions d'allocations de capital et de ressources. Ce «malinvestissement» détruit la richesse puisque ces dollars, s'ils n'étaient pas confisqués de la poche des contribuables, auraient été dépensés, épargnés ou investis par ceux-ci de façon plus productive.

Je propose plutôt d'éliminer les subventions quitte à diminuer les taux d'impôt de toutes les entreprises. On attirera ainsi les vrais investisseurs (et non les accros aux mamelles de l'État) qui seront généreusement récompensés s'ils ont du succès, mais dont l'échec ne sera pas porté par le contribuable.

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L'île d'Anticosti vue par le photographe Marc Lafrance
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