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Pour l'amour de Françoise David

31/03/2014 11:43 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Maman m'a dit: «Mon fils il faut aller voter pour l'amour de Françoise David...» J'ai dit à maman: «Maman Françoise, je l'aime d'amour, mais moi je ne vote pas, je lutte...»

Ce billet est dédié à toutes ces personnes, qui comme ma maman voient une lueur d'espoir dans les yeux pétillants de cette grande dame d'une douceur réconfortante. Grande dame, dans le sens non libéral de la chose. Grande dans le sens que Françoise lutte, elle lutte depuis bien longtemps. Elle lutte depuis 40 ans pour le droit des femmes ainsi qu'une société juste et égalitaire. Ce n'est pas une « dame de fer », c'est une dame du peuple.

Un peu comme une enfant entrant pour la première fois dans une école, Françoise David s'est affirmée timidement, mais avec une intelligence et une éloquence sans égal dans cette institution où les loups côtoient les licornes.

Devant ces bourreaux du libéralisme, elle a su donner une leçon d'humilité durant les débats des chefs à ces pseudo-représentants du peuple, avec une poétique qui ne se pointe presque jamais le nez dans ce monde dominé par la testostérone au masculin. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, la politique est encore dominée par une conception patriarcale et ultra-rationnalisante de la domination.

Françoise David apporte cette brise printanière et élégante qui souffle sur le traditionalisme politique québécois. À force de souffler dessus, elle est en train de le tasser. Ce qui semble être du domaine de l'utopique présentement s'imposera comme une fatalité pratique dans un avenir proche.

Rêver, c'est d'abord faire abstraction de la triste réalité qui s'impose rationnellement aux individus. Le changement ne se fait pas dans le rationnel exagéré par la peur quantifiée. La rêverie permet de s'échapper de cette camisole psychiatrique dans laquelle les partis traditionnels ont emprisonné la population.

Pelleter des nuages, comme le fait Québec solidaire, c'est après tout tenter de nous dégager de la noirceur dans laquelle le politique a tendance à nous plonger avec des discours de peur comme on peut les entendre encore une fois dans la campagne électorale 2014. La peur du référendum, la peur du gros méchant loup libéral. La peur, toujours la peur...

Françoise David et Québec solidaire se sont donnés pour objectif de vous bercer afin de vous faire rêvasser. Les autres partis se sont donnés comme objectif de vous faire faire des cauchemars. Malheureusement, la peur a toujours été un outil de dissuasion beaucoup plus efficace que l'espoir. Le cauchemar permet le contrôle, la rêverie permet la liberté.

Noam Chomsky disait : « On avait parfaitement compris, longtemps avant Georges Orwell, qu'il fallait réprimer la mémoire. Et pas seulement la mémoire, mais aussi la conscience de ce qui se passe sous nos yeux, car, si la population comprend ce qu'on est en train de faire en son nom, il est probable qu'elle ne le permettra pas. » C'est exactement l'approche utilisée par les partis traditionnels. Amnésier la mémoire collective pour mieux la contrôler.

Ne l'avez-vous pas constaté à maintes reprises avec Phillipe Couillard ? Cette répression de la mémoire collective est si efficace qu'on a déjà oublié la corruption libérale et nous sommes prêts à redonner le pouvoir à ce parti politique. Ne l'avez-vous pas constaté d'innombrables fois avec Mme Marois ? Cette répression de la mémoire collective est si efficace que certains et certaines ont oublié, déjà au lendemain du déclenchement des élections, la piètre performance du gouvernement péquiste et la mise en place d'un contexte de peur avec la charte digne d'une droite radicale perdue dans le néant électoraliste et identitaire.

Le 7 avril prochain, la majorité de la population québécoise ira jouer à la démocratie. Vous savez ce que je ferais cette journée-là? Je ne vais pas jouer, je vais lutter. Ma maman ? Elle va aller voter Québec solidaire.

Voilà maman, je l'ai écrit. Maintenant, je peux continuer à lutter ? Mon prochain rendez-vous ? Le 3 avril 2014 à 14h à la Place Émilie-Gamelin... Parce qu'après tout, seule la lutte paye.

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