BIEN-ÊTRE
01/02/2018 12:49 EST | Actualisé 01/02/2018 16:44 EST

Quoi faire quand l'un de vos proches semble touché par un trouble alimentaire?

Du 1er au 7 février, c'est la semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires.

Getty Images/iStockphoto

Quoi faire quand un proche semble touché par un trouble alimentaire? Ce 1er février sonne le début de la semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires qui se déroulera jusqu'au 7 février. Ces 7 journées emmenées par l'ANEB - Anorexie et boulimie Québec - ont pour but de nous éveiller à ces troubles qui peuvent toucher l'un de nos proches, enfant, ami(e), parent. Le HuffPost Québec a saisi cette occasion pour interviewer Dr Mimi Israel - chef du département de psychiatrie, Institut Douglas et professeure agrégée, Département de psychiatrie, Université McGill.

Au Québec 21 024 personnes sont touchées par les troubles alimentaires. Chiffre fourni par le site de l'ANEB

Qu'est-ce qu'un trouble alimentaire?

Les troubles du comportement alimentaire sont des désordres complexes, principalement caractérisés par des habitudes alimentaires anormales, une crainte intense de prendre du poids et une grande préoccupation par rapport à l'image corporelle. On compte 4 troubles principaux qui sont l'anorexie nerveuse, la boulimie, l'hyperphagie boulimique et les troubles alimentaires non spécifiés. Pour en savoir plus ces troubles, cliquez ici.

Le trouble le plus commun est l'hyperphagie boulimique qui affecte quasiment autant les hommes que les femmes: 2 hommes pour 3,5 femmes (autour de 3% de la population est touché). Quant à L'anorexie, elle touche un homme pour 10 femmes ( c'est 1% de la population). La boulimie, c'est 2% de la population. Dr Mimi Israel

Quand surviennent les troubles alimentaires?

« On le sait, les troubles alimentaires surviennent généralement à l'adolescence, c'est pour cela qu'il est important quand on est parents de faire attention aux messages que l'on véhicule. Ne pas se montrer obsédés par l'alimentation, ne pas mettre la pression sur les enfants en leur parlant de leur poids ou en stigmatisant sur des habitudes alimentaires malsaines. Et bien sûr, il est primordial de leur démontrer que l'estime de soi, ce n'est ni le poids ni l'apparence, mais qui on est vraiment.»

Quels sont les signes qui peuvent nous alarmer?

«Quand on est proches avec des gens, on a tendance à manger avec eux. On peut assez rapidement relever les changements qui s'opèrent. Par exemple un changement de pratique tel que devenir végane ou lorsque la personne commence à dire que certains aliments ne sont pas santé. Associée à ces changements suit une perte de poids. Il y a aussi ceux qui commencent à s'excuser de ne pas participer à des activités sociales en invoquant: "je n'ai pas faim" ou encore " j'ai déjà mangé". L'indice le plus évident est bien sûr: la perte de poids non motivé - lorsque la personne n'a pas manifesté son désir de perdre un poids déterminé.»

À quel moment cela devient un trouble?

«Lorsque ça devient obsessif, lorsque le poids devient la priorité absolue, lorsque ça supplante tout le reste. L'obsession est commune à tous les troubles alimentaires. Dans les cas les plus graves, 90% du temps peut-être dédié à penser à cela.»

Quelles sont les premières questions à poser lorsqu'on a un doute?

«Combien de temps dans la journée tu penses à ton corps, à ce que tu as mangé ou ce que tu vas manger? - sont parmi les questions de départ.»

Comment en parler avec un proche?

«En le questionnant. Est-ce que tu penses que c'est un problème? Dernièrement j'ai remarqué que tu sembles très préoccupé par ton poids. Et l'inciter à se tourner vers de l'aide. En contactant l'ANEB - mais sachez qu'on ne peut pas forcer une personne à chercher de l'aide. Il faut avant tout l'aider à reconnaître son malaise et ce que cela entraîne de négatif - notamment en démontrant à la personne qu'elle semble plus fatiguée, qu'elle ne participe plus à des rendez-vous sociaux alors qu'elle en avait l'habitude. Autrement dit, démontrer comment le négatif a pris le pas sur le positif. Cela passe par un processus de confiance, il faut y aller tranquillement et surtout en respectant la personne.»