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31/01/2018 14:57 EST | Actualisé 31/01/2018 16:07 EST

Valérie Plante veut des «croque-glace» pour s'attaquer à la neige et au verglas

Euh... c'est quoi cette bibitte?

La Ville de Montréal se dotera bientôt d'une nouvelle flotte de véhicules pour s'attaquer au déneigement. La mairesse Valérie Plante veut permettre aux arrondissements d'acheter des «croque-glace», genre de petit tracteur muni de pics pour briser la glace avant de la ramasser.

Cette drôle de bibitte est en essai dans l'arrondissement de Ville-Marie depuis deux ans, dans le cadre d'un projet pilote. La mairesse souhaite élargir cette possibilité à l'ensemble de la ville.

Gryb

Table de concertation des déneigeurs

La mairesse a fait cette annonce au lendemain d'une série de critiques pour la qualité du déneigement à Montréal. Le responsable des services aux citoyens, Jean-François Parenteau, s'est même excusé sur Twitter pour avoir tardé à déclencher une cinquième opération de chargement de la neige.

Mme Plante et M. Parenteau souhaitent mettre en place une table de concertation des déneigeurs. Ils font ainsi suite à une demande de l'Association des entrepreneurs de déneigement du Québec (AEDQ). Cette table doit permettre de réviser annuellement les objectifs, les modalités des contrats et les appels d'offres à venir, entre autres.

Selon M. Parenteau, une rencontre est d'ailleurs prévue avec l'AEDQ pour la mise en place rapide de cette table.

Mario Trudeau, président de l'AEDQ, a toutefois été surpris de cette annonce. Il n'a pas été averti de la décision de l'administration Plante et n'a pas reçu d'appel pour une prise de rendez-vous.

Il se dit toutefois heureux de ce dénouement.

«La Ville de Montréal a intérêt à réunir tout le monde pour améliorer le déneigement», lance-t-il.

Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal, estime cependant que cette table est superflue.

«Les contrats sont très clairs. Les responsabilités aussi. C'est à l'administration de prendre des décisions et de coordonner le tout. Il semble y avoir une indécision, ils patinent avec les mots alors que les Montréalais patinent sur les trottoirs», lance-t-il.

M. Perez salue toutefois l'achat de «croque-glace».

L'ancien hippodrome pour entreposer la neige

Par ailleurs, Mme Plante et M. Parenteau soulignent que la Ville a déjà reçu la quantité de neige qui est normalement prévue dans un hiver au complet. Conséquence: deux des trois sites d'entreposage de la neige sont à pleine capacité. Le troisième, le site Angrignon, est plein à 90%.

La Ville demandera donc une autorisation du ministère de l'Environnement pour entreposer la neige sur le site de l'ancien hippodrome Blue Bonnets. La Ville est devenue propriétaire du site cet automne.

Or, l'hippodrome doit faire l'objet d'un important redéveloppement immobilier. Jusqu'ici, la Ville ne prévoit pas devoir décontaminer les sols outre-mesure, mais l'entreposage de la neige deviendra une source de contamination.

L'administration n'a pas abordé la question des coûts de décontamination.

Selon le président de l'AEDQ, l'ajout d'un site d'entreposage est une bonne nouvelle. La surcharge des autres sites complique et retarde les opérations de déneigement.

Meilleure cohérence

De plus, M. Parenteau souhaite améliorer la cohérence des opérations de déneigement entre les arrondissements. Le déglaçage et l'épandage d'abrasifs, notamment, relèvent des arrondissements et non de la ville-centre.

«Ce qui est constaté, c'est la disparité d'un arrondissement à l'autre. Dans le cas de la semaine qui vient de se passer, il y a des arrondissements qui ne sont passés que deux fois pour l'opération de déglaçage alors que d'autres sont passés six fois. Ceux-là ont été plus populaires», souligne-t-il.

M. Parenteau affirme avoir envoyé une lettre aux maires d'arrondissements à ce sujet il y a deux semaines.