POLITIQUE
22/01/2018 11:21 EST | Actualisé 22/01/2018 12:57 EST

Le Dr Lionel Carmant, potentiel ministre de la Santé de la CAQ, «déçu» du Dr Barrette

« Dr Barrette n’a pas réussi à faire le travail que je m’attendais qu’il fasse »

SAINTE-ADÈLE – Dr Lionel Carmant a beau toujours être en « réflexion » pour devenir candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), cela ne l'empêche pas de critiquer les réformes en santé du ministre Gaétan Barrette.

« Dr Barrette n'a pas réussi à faire le travail que je m'attendais qu'il fasse », a fait valoir le neurologue spécialisé dans les cas d'épilepsie chez les enfants à l'hôpital Sainte-Justine, lors de l'ouverture du caucus de la CAQ dans les Laurentides.

La Presse révélait lundi matin que Dr Carmant serait pressenti pour devenir ministre de la Santé s'il était élu dans un gouvernement de la CAQ. Il pourrait être candidat sur la Rive-Sud de Montréal, possiblement à Longueuil.

Mais pour l'instant, le médecin s'est vu confier un mandat d'expert-conseil pour préparer une stratégie de dépistage et d'intervention des problèmes de neuro-développement des enfants, qui sera dévoilée pendant la campagne électorale.

Cela ne l'a pas empêché de tenir un discours de politicien. « Quand Dr Barrette est allé en politique, je pensais qu'il allait pouvoir faire un changement. Quatre ans plus tard, je dois réaliser que les choses n'ont pas ou peu changé depuis qu'il est en poste. »

Dr Carmant se dit « décu » de l'évolution du système de santé et de l'accès aux soins. C'est d'ailleurs ce qui la pousse dans les bras du parti de François Legault, qui est l'un de ses bons amis à Outremont.

« Si tout était parfait [dans le milieu de la santé], je ne serais définitivement pas avec vous ce matin, a-t-il dit aux journalistes. J'adore ce que je fais dans la vie et je pourrais continuer avec plaisir. »

Les propos de Legault refont surface

D'origine haïtienne, M. Carmant ne s'est pas montré mal à l'aise avec les propos du chef de la CAQ, l'été dernier, sur la vague migratoire d'Haïtiens en provenance des États-Unis. M. Legault avait l'impression que le Québec était devenue une « passoire » parce que les migrants entraient en grand nombre, « en faisant fi des lois ».

Le potentiel candidat répond que l'histoire « a un peu donné raison » à M. Legault. Il croit que les nouveaux arrivants pourraient contribuer à la société québécoise si la CAQ prenait le contrôle de la « situation de l'immigration au Québec ».

« Les gens qui arrivent ici, comme mes parents, quand ils ont l'emploi qu'on leur a promis et la situation qu'ils désiraient, ça se passe bien, dit-il. Quand c'est fait n'importe comment, c'est beaucoup plus difficile, on crée des ghettos et les gens sont insatisfaits. Les générations qui suivent vont aussi être insatisfaites. »

C'est la première fois que M. Carmant songe à faire le saut en politique. Il dit avoir passé son tour en 2012 et en 2014 parce qu'il était trop occupé à mettre sur pied le Centre intégré du réseau en neuro-développement de l'enfant. Il fera part de sa décision ce printemps.