POLITIQUE
19/01/2018 11:55 EST | Actualisé 19/01/2018 15:03 EST

Une femme démolit le Sénat devant Justin Trudeau et la foule l'acclame

«Ils ne font rien», a-t-elle lancé.

THE CANADIAN PRESS

Lors d'une rencontre de la tournée politique du premier ministre à Québec jeudi, les applaudissements ont atteint leur apogée après qu'une femme eut mis en doute la pertinence du Sénat.

«Il est ridicule qu'une chambre non élue puisse infirmer les décisions prises par la Chambre des communes élue», a déclaré la femme au premier ministre Justin Trudeau en français devant une foule rassemblée à l'École secondaire De Rochebelle.

Elle a qualifié le Sénat de «relique du passé» qui préserve les influences coloniales britanniques, ajoutant: « Ce qui est encore pire, c'est que le Sénat est devenu une maison de retraite pour les anciens députés libéraux et conservateurs. Les sénateurs reçoivent 125 000 $ et ils ne font rien », a-t-elle ajouté. Des applaudissements ont éclaté dans le gymnase à la suite de ses remarques.

Trudeau a débuté en disant qu'il aurait été d'accord avec elle il y a deux ans. Par contre pour abolir le Sénat, le pays devrait rouvrir la Constitution, a-t-il expliqué.

«Je ne dis pas que ce serait terrible d'essayer d'améliorer certains éléments de la Constitution», a déclaré Trudeau. « Ce que je dis, c'est plutôt l'énergie politique qui devrait être déployée, les conversations interminables auxquelles cela conduirait et les nombreux débats constitutionnels qui absorberaient tout l'oxygène politique dans notre système pendant plusieurs années. »

« De mon point de vue, et beaucoup, d'autres ont exprimé les mêmes préoccupations, il est peut-être préférable de prendre cette énergie et de l'utiliser afin de traiter des problèmes qui préoccupent nos citoyens au quotidien plutôt que de s'occuper de la Constitution canadienne ».

Trudeau a critiqué le gouvernement précédent pour avoir fait «trop de favoritisme politique», en faisant des nominations partisanes au Sénat. Il a fait l'éloge de sa propre influence sur l'institution, affirmant que sa décision en 2014 de retirer tous les sénateurs du caucus libéral était un pas vers un Sénat plus indépendant.

Il a reconnu certaines anicroches dans le processus, ajoutant qu'il y avait toujours place à l'amélioration.

« Je sais que c'est beaucoup mieux que ce que nous avions avant », a-t-il déclaré.

Un Sénat plus indépendant devient une arme à double tranchant pour les libéraux au pouvoir.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais.

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