POLITIQUE
12/01/2018 14:25 EST | Actualisé 12/01/2018 14:57 EST

La banlieue veut réécrire le budget de Montréal pour éviter les hausses de taxes

Ce n'est pas seulement à Montréal, que le nouveau budget fait mal.

Olivier Robichaud
Beny Masella, maire de Montréal-Ouest

Les maires des villes liées à l'agglomération de Montréal réclament un nouveau budget municipal, deux jours après avoir appris que leurs quotes-parts augmenteront de 5,3% en moyenne.

Les quotes-parts versées à l'agglomération accaparent environ 50% des budgets des villes liées, en moyenne. Les augmentations imposées par Montréal, qui atteignent plus de 9% dans le cas de Mont-Royal et Montréal-Est, se traduiront donc vraisemblablement en augmentations de taxes pour les résidents.

«Il s'agit d'une croissance tout aussi inacceptable qu'injuste et qui doit être corrigée par respect pour les contribuables, qui n'ont pas voté pour une hausse de taxes aussi draconienne», affirme le maire de Montréal-Ouest, Beny Masella, qui est aussi président de l'Association des municipalités de banlieue.

Selon M. Masella, les villes liées ont préparé leurs budgets en fonction d'une augmentation des quotes-parts qui suivrait le niveau de l'inflation, soit 2,1%. Certaines municipalités ont même déjà adopté leur budget. Westmount devait en faire de même hier, mais a reporté l'exercice d'une semaine afin de tenir compte de l'augmentation de 6,7% qu'elle devra subir.

Rappelons que le budget de l'agglomération est préparé par l'administration montréalaise. Les autres municipalités peuvent voter contre au conseil d'agglomération, mais Montréal détient la majorité des voix.

Revoir les dépenses

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a justifié l'augmentation de la charge fiscale par la nécessité d'investir dans certaines infrastructures, notamment les infrastructures de l'eau. Une bonne partie de l'augmentation provient aussi de la décision d'imposer tout de suite les changements à la TVQ et aux régimes de retraite, plutôt que de poursuivre l'étalement sur plusieurs années.

Les maires des banlieues réclament toutefois qu'elle s'assoie avec eux pour trouver des économies qui leur permettraient de limiter l'impact sur leurs contribuables.

«Si la Madame pense qu'elle a besoin de faire ces investissements, la chose qu'on demande c'est peut-être qu'il faut revoir certaines autres dépenses qu'elle va ajouter», lance-t-il.

«En plus d'être mairesse de Montréal, Mme Plante est présidente de l'agglomération et doit considérer, à ce titre, l'impact de ses décisions pour l'ensemble des contribuables, y compris ceux de nos 15 villes qui versent la moitié de leurs taxes à l'agglomération», ajoute pour sa part le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle.

M. Bourelle est également vice-président de la Commission sur les finances et l'administration de l'agglomération de Montréal.

Soulignons que la quote-part versée par la Ville de Montréal à l'agglomération augmente aussi de façon substantielle, soit 6,8%. Cette somme représente 42,8% de la part du budget qui relève du conseil municipal.

L'administration persiste et signe

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, refuse d'admettre qu'elle a brisé une promesse électorale, elle qui avait promis de limiter la hausse de taxes au niveau de l'inflation pour ensuite présenter une hausse de 3,3% pour les Montréalais. Sur les ondes de Radio-Canada, elle a aussi refusé de revoir son budget.

«Si nos choix budgétaires ont un impact important sur la fiscalité de Montréal et des municipalités reconstituées, c'est pour permettre à la Ville et à l'agglomération de réduire les coûts à long terme et de dégager une marge de manœuvre pour l'avenir», ajoute pour sa part le président du comité exécutif, Benoit Dorais.

Un précédent

MM. Masella et Bourelle rappellent que ce ne serait pas la première fois qu'une administration montréalaise retourne à la planche à dessin après avoir présenté son budget. Au début de son second mandat, Gérald Tremblay avait présenté un budget 2006 qui contenait des augmentations de 1% pour le résidentiel et 2% pour le non résidentiel.

En campagne électorale, M. Tremblay avait promis un gel de taxes. Face à la grogne populaire, il est revenu devant le conseil municipal un mois plus tard en réduisant certaines dépenses pour accorder le gel promis.

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