POLITIQUE
20/12/2017 14:41 EST | Actualisé 20/12/2017 15:31 EST

38% des morsures proviennent des pitbulls, selon la Ville

Projet Montréal maintien le cap et permet à nouveau la possession de ce type de chien.

Aletakae via Getty Images

Alors que l'administration Plante annule l'interdiction des pitbulls à Montréal, l'opposition dévoile des chiffres de la Ville indiquant que 38% des morsures enregistrées sont perpétrées par ce type de chien.

Le document distribué par Mouvement Montréal montre que 263 morsures de chien ont été enregistrées par la Patrouille de contrôle animal en 2016, dernière année complète dont les données sont disponibles. La race a pu être déterminée dans 225 cas.

De ce nombre, 86 cas impliquent des pitbulls, soit 38% du total. Les bergers allemands arrivent en seconde position avec 26 morsures (12%).

Les chiffres de janvier à octobre 2017 sont sensiblement les mêmes: 60 morsures de pitbulls, soit 37% du total.

Les pitbulls sont donc largement surreprésentés dans les statistiques sur les morsures, puisqu'ils ne comptent que pour 3% des 48 335 chiens enregistrés au cours de la dernière année. La population canine totale, incluant les chiens non enregistrés, est estimée à 115 000 bêtes. La proportion de pitbulls n'est pas connue.

Des rapports sur les permis et les interventions animalières sont déposés chaque mois à la Ville. Mouvement Montréal n'a pas accès aux chiffres après octobre 2017, puisque le parti s'est retrouvé dans l'opposition à la suite de la défaite électorale du 5 novembre.

Le chef intérimaire du parti, Lionel Perez, réclame que ces rapports soient diffusés mensuellement au grand public.

Selon la mairesse Valérie Plante, ces données ne tiennent pas compte du fait qu'il est souvent difficile de déterminer si un chien est un pitbull.

«Les vétérinaires s'entendent pour dire que c'est très difficile parce qu'il y a beaucoup de croisements entre les types de chiens. Ce que nous avons décidé de faire ce matin, c'est de faire en sorte de limiter les morsures en fonction de tous les types de chiens», affirme-t-elle.

Le comité exécutif a décidé mercredi de lever l'ensemble des règles visant spécifiquement les pitbulls. Le reste du règlement sur le contrôle des animaux demeurera en vigueur jusqu'à ce que l'administration en dépose un nouveau, prévu pour 2018.

Lorsque l'ancienne administration de Denis Coderre a décidé de bannir les pitbulls, elle avait diffusé des données semblables. Le nombre total de morsures semble avoir diminué depuis l'adoption du nouveau règlement, puisque la Ville en comptait alors 36 en un an. La proportion de gestes commis par des pitbulls est toutefois restée stable.

La sœur de Christiane Vadnais, décédée l'an dernier lorsqu'elle a été attaquée par le pitbull de son voisin, estime que le geste de Projet Montréal est irresponsable.

«Avec tout ce qu'on a comme information, je ne comprends pas cette décision. Ça met la sécurité du public en danger», affirme Lise Vadnais.

Cette dernière ne croit pas que la surreprésentation des pitbulls dans les statistiques soit due à un problème d'identification des races.

«Qu'est-ce que ça va prendre? Est-ce qu'il va falloir que ce soit quelqu'un proche des élus pour qu'il y ait un règlement qui passe?», lance-t-elle.

Mme Vadnais fonde beaucoup d'espoir sur le projet de loi provincial qui interdira les pitbulls sur l'ensemble du territoire du Québec. Sterling Downey, conseiller municipal de Projet Montréal, a toutefois ouvert la porte à ce que la Ville fasse fi de cette loi si elle est adoptée.