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15/12/2017 17:04 EST | Actualisé 15/12/2017 17:04 EST

Plaidoyer pour la piste cyclable du pont Jacques-Cartier

Un groupe de cyclistes et de piétons manifesteront demain pour avoir accès à la piste cyclable du pont l'hiver.

Olivier Robichaud

Un groupe de cyclistes et de piétons manifesteront demain pour avoir accès à la piste cyclable du pont Jacques-Cartier l'hiver, même si elle n'est pas déblayée. Une demande refusée par la société qui gère le pont.

Mike Muchnik est un habitué du vélo. Chaque jour, il brave le froid, le vent, la neige... et les constats d'infraction pour traverser le pont et se rendre au travail, à Longueuil.

«Ça fait cinq ans que je fais ça. Avant, j'avais un deuxième vélo que je laissais au métro de Longueuil, parce qu'on ne peut pas amener un vélo dans le métro aux heures de pointe», souligne-t-il.

M. Muchnik est président de l'Association des piétons et cyclistes du pont Jacques-Cartier, qui milite pour que la piste cyclable du pont soit ouverte à l'année. Présentement, elle ferme après la première bordée de neige. Selon le cycliste, plusieurs centaines de personnes l'utilisent encore l'hiver, malgré les barrières installées.

«C'est le seul lien cyclable entre Montréal et la Rive-Sud. On veut que ça reste ouvert», affirme-t-il.

Une question de sécurité

Le pont et sa piste cyclable appartiennent à la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain (SPJCC), qui relève du gouvernement fédéral. Selon la directrice des communications de la Société, Julie Paquette, la piste ne sera pas ouverte tant que la sécurité de tous les usagers ne peut être assurée.

«On a eu des décès sur le pont en été, dans des conditions parfaites. Nous avons la responsabilité de dire que, si on l'ouvre, ce sera sécuritaire», dit-elle.

Cette affirmation ne satisfait pas M. Muchnik.

«Nous sommes capables de circuler de façon sécuritaire. On ne gagne rien à se faire mal sur le pont», dit-il.

Selon M. Muchnik, le vent déblaie naturellement la piste cyclable. Elle serait habituellement utilisable quelques jours après une bordée de neige.

«Certains usagers ont de bons vélos et de bons vêtements et ils sont capables d'affronter ce genre de conditions. Mais il faut que la piste soit utilisable pour le cycliste et le piéton moyen», répond toutefois Mme Paquette.

D'autant plus que le pont sera en chantier sous peu: 526 garde-fous qui empêchent les usagers de tomber dans le fleuve seront remplacés parce qu'ils sont en fin de vie utile.

Des études cet hiver

La SPJCC s'apprête à mener une série d'études au cours des prochains mois pour savoir comment entretenir la piste dans des conditions hivernales.

«On ne peut pas entretenir cette piste comme on le ferait pour une piste sur n'importe quel tronçon de rue. C'est très étroit, ce n'est pas n'importe quelle pièce d'équipement qui peut passer. Et les pentes sont très abruptes», affirme Mme Paquette.

La SPJCC ne peut pas non plus épandre du sel parce qu'il n'y a pas de membrane protectrice entre l'asphalte et la dalle de béton.

M. Muchnik déplore toutefois que ces études ne se fassent pas avec les cyclistes, en vérifiant les conditions sur le terrain.

Selon Mme Paquette, un atelier est prévu sur la piste en février. Elle espère pouvoir amener des cyclistes, «si les conditions le permettent».

Les études devraient coûter environ 1,67 M$, selon un reportage du Montreal Gazette.