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15/12/2017 14:02 EST | Actualisé 15/12/2017 15:43 EST

La droite et les antifas face à face devant les mosquées

Les deux groupes se sont échangé des invectives, mais aucun affrontement physique n'a eu lieu jusqu'à présent.

Olivier Robichaud

Une poignée de manifestants d'extrême droite se sont présentés vendredi devant une des mosquées impliquées dans la saga des femmes supposément évincées d'un chantier de construction. Un groupe de contre-manifestants antifascistes est venu leur tenir tête.

Les deux groupes, qui comptaient chacun entre 15 et 20 individus, se sont rassemblés vers 13h. Ils ont été accueillis par un important contingent de policiers. Près d'une trentaine d'agents étaient visibles sur la voie publique.

Les deux groupes se sont échangé des invectives, mais aucun affrontement physique n'a eu lieu.

Hier, le groupe d'extrême droite La Meute a annulé sa participation officielle à la manifestation, organisée en soutien aux travailleuses selon leurs dires. Un autre groupe, Storm Alliance, a seulement demandé à ses membres de ne pas porter leurs vêtements officiels.

Au moins une personne portait un manteau avec le logo de Northern Guard, un groupe anti-immigration fondé au Nouveau-Brunswick.

Les personnes interrogées sur place ont toutefois nié appartenir à l'un de ces groupes. Ils ont dit manifester pour le droit des femmes de travailler.

«C'est pas parce que c'est une mosquée. Ça aurait été n'importe-où qu'on aurait fait la même affaire», a dit l'un d'eux.

Du côté antifa, les contremanifestants se sont dit solidaires avec les musulmans qui fréquentent les deux mosquées, Ahl-Ill Bait et Baitul Mukarram.

«Il y a un poste de nouvelles qui a diffusé une fausse nouvelles, et regardez ce que ça a créé. [...] On est ici pour leur montrer qu'il n'y a pas que des cons au Québec», affirme un manifestant antifasciste.

Des fidèles abordés à la sortie de la mosquée Baitul Mukarram se sont dit désolés de la tournure des événements. Ils ne semblaient toutefois pas intimidés par la présence des manifestants.

«Moi, honnêtement, je les accueille ici à bras ouverts. Qu'ils viennent dans ma communauté, qu'ils viennent dans ma mosquée voir c'est quoi nos valeurs. Qu'ils apprennent c'est quoi l'Islam et qu'ensuite ils fassent leurs opinions», affirme un prénommé Mohammed, étudiant au cégep.

Rappelons que TVA Nouvelles s'est excusé vendredi pour son reportage diffusé mardi. Le reportage affirmait que les dirigeants des mosquées avaient réclamé que les femmes ne soient pas visibles sur le chantier le vendredi, mais ces allégations se sont avérées fausses selon la Commission de la construction du Québec.