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13/12/2017 12:31 EST | Actualisé 14/12/2017 13:49 EST

Le journaliste Louis-Philippe Ouimet, de Radio-Canada, blanchi par l'ombudsman pour son reportage sur Gilbert Sicotte

Guy Gendron estime que le dossier du journaliste était d'intérêt public.

PC/Denis Beaumont
Gilbert Sicotte

L'ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, estime que le reportage donnant une voix à des victimes alléguées de harcèlement psychologique de la part de Gilbert Sicotte respectait les normes des pratiques journalistiques de la société d'État.

Guy Gendron juge le topo du journaliste Louis-Philippe Ouimet, équilibré et équitable, soutenant qu'il contient un nombre important de témoignages sur le nombre total d'étudiants formés au cours des 25 dernières années par le Conservatoire, soit une vingtaine sur environ 300.

On y retrouve également une contrepartie aux allégations des étudiants, dit Guy Gendron, puisque Gilbert Sicotte a la chance de s'y faire entendre, tout comme d'anciens directeurs du Conservatoire ayant travaillé avec Sicotte.

L'ombudsman souligne également que le reportage donne une voix à des étudiants qui ont nuancé les agissements de l'enseignant Sicotte. «Le journaliste n'a donc pas laissé entendre que la condamnation était unanime.»

D'autre part, les plaintes formulées à l'endroit de Radio-Canada estimaient que le reportage ne donnait pas la parole aux étudiants actuels de Gilbert Sicotte. «Cela est faux. Le premier témoignage présenté à la caméra dans le reportage est celui d'une étudiante qui était inscrite au Conservatoire en 2016 et qui a été renvoyée en 2017. Ses propos ont ensuite été corroborés par Louis-Philippe Ouimet auprès d'un témoin qui fréquente encore le Conservatoire», écrit Guy Gendron dans sa décision.

Le journaliste a également été visé par une plainte pour le ton employé à l'endroit de Gilbert Sicotte, les téléspectateurs le jugeant agressif avec ce dernier. Or, pour l'ombudsman, il n'y a eu qu'un sentiment de «malaise» qui s'est dégagé de l'entrevue complète de 36 minutes. «Jamais l'un ou l'autre n'élève la voix ou ne montre quelque signe d'agressivité», note-t-il.

Un blâme contre les patrons

Guy Gendron écorche tout de même au passage la direction de l'information de Radio-Canada, qui, selon lui, n'a pas accordé au journaliste assez de temps et de ressources pour fignoler davantage son topo. Au coeur de ce blâme se trouve un plan de coupe critiqué par plusieurs plaintes où on juge que le journaliste semble douter des aveux de M. Sicotte. «Je crois cependant que dans l'empressement à "sortir" le reportage le jour même, on a négligé de protéger le journaliste contre lui-même. Il était sans doute engagé, cet après-midi-là, dans une course folle pour assembler toutes les pièces du casse-tête tout en jonglant avec les contraintes de temps», écrit-il.