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«Je ne céderai pas à La Meute et à la haine», dit Gabrielle Bouchard, nouvelle présidente de la Fédération des femmes du Québec

Sa simple présence à la FFQ a été l'objet de commentaires fort négatifs.

05/12/2017 12:31 EST | Actualisé 05/12/2017 12:39 EST
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La présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) n'entend pas reculer devant ses critiques, à la suite d'une chronique dénonçant le fait qu'une personne transgenre dirige le principal organisme représentant les femmes au Québec. Gabrielle Bouchard fait même un rapprochement entre l'argumentaire de Denise Bombardier et celui du groupe d'extrême droite La Meute.

La chronique de Mme Bombardier, parue vendredi dans Le Journal de Montréal, a créé tout un tollé sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnes ont critiqué les positions de Mme Bouchard concernant les termes «mère» et «maternité», mais sa simple présence à la FFQ a aussi été l'objet de commentaires fort négatifs.

Mme Bombardier a récidivé le lendemain avec une nouvelle chronique accusant les Québécois d'être craintifs et les médias d'être complaisants à l'égard de Mme Bouchard. Sa collègue Lise Ravary avait eu des commentaires semblables au mois d'octobre.

Ces commentaires ne surprennent pas la principale intéressée.

Je m'attendais à des résistances, c'est sûr.Gabrielle Bouchard

«On est encore dans des moments de tolérance vis-à-vis les personnes trans, vis-à-vis les personnes non binaires, vis-à-vis les homosexuels. Quand on parle de tolérance, c'est parce que ça nous agace encore un peu. Ce n'est pas de l'acceptation», dit-elle.

Mme Bouchard rejette l'idée qu'elle ne puisse pas comprendre la réalité des femmes du Québec parce qu'elle a changé de sexe à l'âge adulte.

«On n'examine jamais l'expérience des femmes nées femmes. Leur expérience n'est pas homogène. L'expérience d'une femme née à Londres ne sera pas la même que celle née au Bangladesh. Une femme née à Saguenay aura des expériences différentes que celle née à Montréal», affirme-t-elle.

La présidente de la FFQ souligne que le texte de Mme Bombardier a été applaudi par La Meute, un groupe d'extrême droite. Le porte-parole du groupe, Sylvain «Maikan» Brouillette, a partagé le lien accompagné d'un long commentaire.

«Comment est-ce possible qu'une transgenre en femme puisse représenter les féministes du Québec? N'y a-t-il pas là une aberration? Ne devrait-elle pas représenter les transgenres? N'est-il pas aussi aberrant qu'une niqabée qui représente les féministes québécoises?», écrit-il.

Capture d'écran

«Je ne céderai pas à La Meute et à la haine, dit Mme Bouchard. Quand un article nous dénonce et que c'est repris par La Meute, je pense qu'on est du bon bord.»

Mme Bouchard ajoute que ce débat est d'autant plus d'actualité que le Québec souligne présentement les 12 jours d'actions contre la violence envers les femmes. Elle sera d'ailleurs présente mercredi à la cérémonie honorant les victimes de la tuerie de Polytechnique.

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