POLITIQUE

Valérie Plante critiquée pour son manque d'engagements envers les personnes handicapées

Un groupe de défense des droits des personnes handicapées lui reproche son manque d'engagements en matière d'accessibilité universelle.

27/11/2017 19:44 EST | Actualisé 27/11/2017 19:44 EST
Olivier Robichaud

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, a dû faire face à la critique dès la première réunion du conseil municipal depuis les élections. Un groupe de défense des droits des personnes handicapées lui reproche son manque d'engagements en matière d'accessibilité universelle.

Les porte-parole du Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIQ), connu pour ses sorties médiatiques contre les lieux inaccessibles en fauteuil roulant, se sont présentés à l'hôtel de ville lundi. Le président par intérim, Laurent Morissette, estime que l'accessibilité ne semble pas très haute sur la liste de priorités de Projet Montréal.

«Nous avons des questions pour Mme Plante et ses élus. Nous voulons qu'ils nous disent pourquoi on ne parle jamais de nous. Nous nous questionnons sur le fait qu'on ne fait qu'effleurer du bout des lèvres tout ce qui a trait à l'accessibilité universelle, la mobilité réduite, l'exclusion sociale, la pénurie de logements adaptés, et j'en passe», affirme-t-il.

M. Morissette prend le relais de Linda Gauthier, fondatrice du RAPLIQ, qui a tenté sa chance comme candidate dans le Plateau-Mont-Royal pour Équipe Denis Coderre. Mme Gauthier était d'ailleurs à ses côtés lundi après avoir pris un poste de coordonnatrice au sein de l'organisme.

M. Morissette a quant à lui tenté de devenir candidat de Projet Montréal dans le district Marie-Victorin, sans succès.

Rien sur un registre des logements accessibles

Mme Gauthier se désole notamment qu'une partie du programme adopté par les membres de Projet Montréal ne se retrouve pas sur la plateforme électorale du parti. Le parti de la mairesse s'était donné comme objectif la création d'un registre qui contiendrait la liste de toutes les unités d'habitation accessibles et adaptées de Montréal. Cette promesse ne figure toutefois pas dans la plateforme électorale du parti, qui ne contient d'ailleurs aucune mesure concernant les logements accessibles.

Comme nous le rapportions le 22 septembre, ce registre est réclamé notamment par l'organisme Ex aequo parce que les personnes handicapées ont beaucoup de difficulté à trouver des logements qui répondent à leurs besoins, même dans les rares cas où de tels logements sont disponibles.

Simon Philippe Caron, agent de défense des droits pour Ex Aequo, se dit inquiet de cette absence.

«Cette idée a été reprise par plusieurs candidats pendant la campagne électorale. Je suis un peu plus inquiet maintenant que je vois que ça n'a pas été ajouté à la plateforme», indique-t-il.

M. Caron se dit heureux des engagements de la mairesse en matière de logements sociaux, puisque la majorité des personnes handicapées ont besoin d'appartements à faible prix. Il estime toutefois que le registre était «le seul truc vraiment structurant par rapport au logement accessible et adaptable».

L'ex-maire Denis Coderre avait accueilli favorablement cette proposition lors de la dernière séance du conseil municipal avant les élections. Il avait aussi proposé la création de 950 unités de logement social par année, dont 30% seraient accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Mme Plante affirme qu'elle n'en est qu'au début de son mandat, mais que la question de l'accessibilité est très importante pour son parti. Sa plateforme contient notamment une promesse de rendre accessible l'ensemble des stations de métro d'ici 2030.

Rappelons que le RAPLIQ a lancé un recours collectif contre la Ville de Montréal et la Société de transport de Montréal au sujet de l'accès aux stations de métro.

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