POLITIQUE

À quoi doit-on s’attendre de la nouvelle administration à Montréal?

Quelle approche sera favorisée dans la gestion de la Ville? Entrevue avec celui qui présidera le nouveau comité exécutif, Benoît Dorais.

20/11/2017 17:08 EST | Actualisé 20/11/2017 17:08 EST
Olivier Robichaud

Nouvelle mairesse, nouveau parti au pouvoir, nouvelles priorités. Comment l'administration Plante-Dorais marquera-t-elle une différence avec celle de l'ancien maire Denis Coderre? Quelle approche sera favorisée dans la gestion de la Ville? Entrevue avec celui qui présidera le nouveau comité exécutif, Benoît Dorais.

NDRL: Le HuffPost Québec a demandé une entrevue avec la mairesse Valérie Plante. Nous n'avons pas obtenu de réponse.

Valérie Plante a dévoilé lundi la composition de son comité exécutif. Selon M. Dorais, qui est aussi maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, un mot devra marquer l'ensemble du travail de la nouvelle équipe : la transparence.

«L'administration précédente nous a dit qu'elle serait transparente. Malheureusement, on a vu des lacunes à certains endroits», affirme-t-il.

Mme Plante a déjà promis de rendre public son agenda quotidien. Elle souhaite aussi mettre fin à la pratique instaurée par M. Coderre comme quoi ses invités n'avaient pas l'obligation de s'enregistrer auprès de la sécurité.

Selon M. Dorais, les élus de Projet Montréal, même les membres du comité exécutif, auront l'entière liberté de se prononcer publiquement contre un dossier mené par l'administration.

«Chez Projet Montréal, nous sommes habitués à être transparents. [...] Les gens vont pouvoir donner leur opinion. On verra qu'il semble y avoir un débat. Ce n'est pas à ça que nous avait habitué l'administration précédente», affirme-t-il.

Les arrondissements valorisés

Le nouveau président du comité exécutif souhaite également valoriser le travail accompli par les arrondissements.

«Il sera important de reconnaître que ce sont les arrondissements qui livrent les services de proximité aux citoyens. Ils sont les spécialistes.»

M. Dorais aimerait d'ailleurs que les services assurés par la ville-centre se rapprochent aussi des citoyens, avec des délais de réponse plus courts.

«On voit des cas, par exemple, de rejets industriels. Un citoyen va appeler le 311 pour savoir ce qui se passe. La demande sera prise en charge par le service approprié de son arrondissement, qui va se rendre compte que ça relève de la ville-centre. La Ville va envoyer un inspecteur, qui va renvoyer ça à l'arrondissement, qui va retourner ça au 311. Ça fait beaucoup de possibilités de "craques". On souhaite que l'inspecteur puisse communiquer directement avec le citoyen.»

Dossiers gérés en «trios»

La Ville de Montréal a multiplié les chantiers au cours des dernières années, entre autres à cause de projets ponctuels comme les legs du 375e, mais aussi à cause d'un réinvestissement massif dans les infrastructures routières et souterraines.

Projet Montréal souhaite réduire les irritants en créant une «brigade d'inspection des chantiers». Mais M. Dorais a annoncé lundi que les élus du comité exécutif formeront des «trios» de responsabilités semblables afin de mieux coordonner les travaux.

«Ils vont prendre ensemble de grandes orientations à présenter au comité exécutif», explique M. Dorais.

Par exemple, Sylvain Ouellet, responsable de l'eau, des infrastructures et de la commission des services électriques, sera jumelé avec le responsable du transport et de l'urbanisme, Éric Alan Caldwell, et la responsable de l'habitation, Magda Popeanu.

Selon M. Dorais, les plans et devis seront aussi rédigés de telle sorte que les délais entre chaque étape d'un projet soient resserrés. Un logiciel permettant aux fonctionnaires de géolocaliser les chantiers en cours est aussi prévu.

Réduire la partisanerie?

Pendant la campagne électorale, Projet Montréal a signé une entente avec Coalition Montréal afin que le candidat à la mairie de ce parti appuie Valérie Plante. L'entente prévoit une réduction de la partisanerie en laissant plus de place aux petits partis au sein des commissions de la Ville.

Mme Plante a aussi promis d'intégrer des membres des partis d'opposition dans son comité exécutif. Au final, seul le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, en fait partie. Et il a dû quitter Équipe Denis Coderre.

Lionel Perez, chef intérimaire d'Équipe Denis Coderre, estime qu'il s'agit d'une promesse brisée de Projet Montréal, une entité qu'il juge fortement partisane.

M. Dorais rejette cette accusation. L'élu était d'ailleurs chef de Coalition Montréal à une époque où trois de ses élus, Elsie Lefebvre, Réal Ménard et Russell Copeman, faisaient à la fois partie de son caucus et du comité exécutif de M. Coderre.

«Ça ne marchait pas. Un caucus, ça décide comment attaquer», affirme-t-il.

Selon M. Dorais, de nouvelles règles sont à venir concernant le fonctionnement du comité exécutif.

Poursuite de la diplomatie urbaine

Au cours des quatre dernières années, Denis Coderre a multiplié les missions diplomatiques à l'étranger, insistant sur l'importance de la «diplomatie urbaine». Sur cet aspect, Mme Plante continuera sur la lancée de son prédécesseur. Elle s'est d'ailleurs gardé cette responsabilité au sein de son comité exécutif.

«De plus en plus, l'avenir se dessine à travers les villes, affirme M. Dorais. Les missions à l'étranger sont d'excellentes opportunités d'aller chercher les meilleures pratiques. C'est ça qu'on fait à Projet Montréal.»

Selon M. Dorais, Mme Plante instaurera tout de même son propre style afin de faire rayonner Montréal.

Les nouveaux membres du comité exécutif auront l'occasion de mettre en pratique leurs nouvelles orientations et pratiques dès mercredi, lors de leur première réunion publique. La date de la prochaine séance du conseil municipal reste à déterminer. VOIR AUSSI: