POLITIQUE

Québec interpelle Ottawa pour sauver les emplois de la Davie

La direction pourrait procéder à 800 mises à pied et ce, avant Noël.

08/11/2017 18:15 EST | Actualisé 08/11/2017 18:15 EST

QUÉBEC – Le futur du Chantier Davie, à Lévis, alimente une fois de plus les tensions entre Québec et Ottawa.

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion du député caquiste François Paradis pour demander au gouvernement fédéral d'ajuster sa stratégie nationale de construction navale afin d'octroyer au Québec « sa juste part des contrats fédéraux ».

La Davie, qui livrera le navire ravitailleur Astérix le 1er décembre, demande un contrat pour construire un deuxième pétrolier de classe Resolve afin de relancer ses activités. Le cas échéant, la direction pourrait procéder à 800 mises à pied tout juste avant Noël.

Le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour, a réitéré mardi qu'il avait rencontré les ministres fédéraux Marc Garneau aux Transports, Dominic LeBlanc à Pêches et Océans ainsi que Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille et député de Québec, à ce sujet.

Malgré la pression de Québec, les élus fédéraux ont rejeté une motion du Bloc québécois qui reprenait sensiblement le libellé de celle adoptée par l'Assemblée nationale. Les partis d'opposition à Ottawa ne s'expliquent pas ce rejet.

« La Marine royale canadienne a désespérément besoin d'un deuxième navire de soutien pour le ravitaillement pour les deux côtés du pays et le Chantier naval Davie a déjà fait ses preuves pour livrer la marchandise dans les temps et sans dépassements de coûts », a fait valoir Alain Rayes, le lieutenant politique des conservateurs au Québec.

« C'est démontré qu'il y a un besoin urgent, donc il n'y a aucune raison d'attendre à part les embûches administratives. Il n'y a rien qui empêche le gouvernement de pouvoir envoyer un signal fort [en faveur du projet] », a ajouté M. Rayes en entrevue.

« Nous reviendrons à la charge »

Le porte-parole bloquiste en matière de défense, Michel Boudrias, a déclaré qu'il était « franchement regrettable » que des élus québécois refusent d'appuyer une motion qui a reçu l'aval de l'Assemblée nationale.

« Nous reviendrons à la charge contre l'indifférence du fédéral alors même que 800 emplois sont en péril au Québec. Ce ne sera pas la première fois que je porterai ce dossier à la Chambre des communes. Cependant, c'est désormais avec le soutien unanime de l'Assemblée nationale du Québec que le Bloc québécois entend monter au front. »

Ottawa entend investir près de 100 milliards de dollars au cours des prochaines 20 à 30 années pour renouveler sa flotte, soutient Alex Vicefield, président de Chantier Davie. Pour l'instant, la majorité des contrats ont été attribués à Irving Shipbuilding, à Halifax, et à Seaspan, à Vancouver.

« Aujourd'hui, le Québec est à risque de perdre des emplois importants de la classe moyenne à cause de l'intransigeance bureaucratique et des obstacles s'interposant à un système d'approvisionnement déficient - malgré le fait évident que le Canada doit renouveler de toute urgence l'ensemble de sa flotte », déplore M. Vicefield.