POLITIQUE

Les propos déplacés du juge Jean-Paul Braun suscitent l’indignation à Québec

La ministre de la Justice va demander une enquête à ce sujet.

25/10/2017 13:18 EDT | Actualisé 25/10/2017 16:02 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – Les propos déplacés d'un juge qui banalise l'agression sexuelle d'une adolescente ont provoqué un tollé à l'Assemblée nationale.

« On peut le dire qu'elle a un peu de surpoids, mais elle a un joli visage, hein ? » s'est permis de dire le juge Jean-Paul Braun en parlant de la victime de 17 ans, qui aurait été embrassée de force et attouchée sexuellement par un chauffeur de taxi, rapporte le Journal de Québec.

Le juge Braun a ajouté que la victime était peut-être même « un peu flattée » que son présumé agresseur s'intéresse à elle.

Tous les partis politiques à Québec ont dénoncé ces propos « inacceptables » et ont souhaité que le Conseil de la magistrature se saisisse du dossier. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a confirmé aux journalistes qu'elle allait demander une enquête.

Les partis d'opposition ont remis en doute la capacité du juge à exercer ses fonctions pendant l'enquête à son sujet. Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, dit que s'il était à la place du juge, il demanderait à être suspendu de ses fonctions.

Le porte-parole caquiste en matière de Justice, Simon Jolin-Barrette, estime que l'autorité compétente dans ce dossier doit « ses responsabilités le plus rapidement possible ».

« J'invite le Conseil de la magistrature à regarder ce qui s'est passé dans ce dossier-là et prendre toutes les mesures nécessaires pour que ça ne se reproduise plus jamais et, à court terme, spécialement pour ce juge-là. »

Ce n'est pas la première fois que le juge Braun émet des commentaires déplacés. En 2013, il avait dit d'une victime qui s'était fait prendre les seins par un technicien de Bell, venu chez elle, que ce n'était pas le « crime du siècle ».

M. Lisée invite le Conseil de la magistrature à « considérer la récidive comme un facteur aggravant pour prendre sa décision ».

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, est allée plus loin, en disant que les propos du juge démontrent que « la culture du viol est implantée dans différentes sphères de l'État québécois ».

Le Conseil de la magistrature n'a pas pu confirmer ni infirmer qu'une enquête avait été lancée au sujet du juge Braun.

Les clichés sur le sexisme illustrés par des pictogrammes