POLITIQUE

Le député libéral Guy Ouellette arrêté par l'UPAC

Il est soupçonné d'avoir coulé des documents en lien avec l’opération Mâchurer aux médias.

25/10/2017 16:46 EDT | Actualisé 26/10/2017 10:07 EDT

QUÉBEC – Le député libéral Guy Ouellette a été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) mercredi. Selon La Presse, il est soupçonné d'avoir coulé des documents en lien avec l'opération Mâchurer aux médias de Québecor.

Le député se retire du caucus libéral jusqu'à ce que le directeur des poursuites criminelles et pénales se prononce sur les suites de son arrestation, a fait savoir la présidente du caucus de l'aile parlementaire libérale, Filomena Rotiroti, jeudi matin.

M. Ouellette, député de Chomedy depuis 2007, est un ancien enquêteur de la Sûreté du Québec et un spécialiste du crime organisé. Il préside la Commission des institutions qui a étudié le projet de loi 107 sur l'indépendance de l'UPAC.

Au printemps, le Bureau d'enquête de Québecor a publié une série d'articles qui portaient sur des courriels datant de 2011 échangés entre Marc Bibeau, l'ex-grand argentier du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean-Louis Dufresne, l'ex-chef de cabinet du premier ministre Philippe Couillard, Violette Trépanier, la directrice du financement du PLQ, et Hugo D'amours, l'ancien directeur des communications du premier ministre Jean Charest.

Dans cette même période, M. Ouellette s'était plaint en entrevue avec TVA Nouvelles, en disant qu'il était « écoeuré » de toutes ces fuites et des conflits d'intérêts qui faisaient les manchettes. Sur les ondes du 98,5 FM, il a ensuite déclaré que l'establishment du parti tentait de le pousser à la retraite.

En commission parlementaire, le commissaire de l'UPAC Robert Lafrenière, a déclaré qu'il ferait tout en son pouvoir pour trouver la source des fuites. Il a également confirmé que l'enquête Mâchurer, qui concerne entre autres l'ancien premier ministre Jean Charest, suivait son cours. Il a promis de rendre une enquête «complète, ficelée et totale».

Les libéraux restent muets

Au moment de publier, l'UPAC n'avait pas encore confirmé que M. Ouellette était l'individu arrêté mercredi. Son nom ne sera dévoilé qu'au moment de porter les accusations.

Les libéraux sont donc restés prudents dans leurs commentaires, mercredi, en soirée.

«Je viens de l'apprendre, comme l'ensemble de mes collègues. Je n'ai pas de commentaires pour le moment là-dessus. Je vais attendre d'avoir l'ensemble des faits», a réagi Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique.

«Je n'ai pas de commentaires pour l'instant, a renchéri Pierre Arcand, président du Conseil du Trésor. C'est très surprenant. Écoutez, on va absorber tout ça tout à l'heure.»

«Je me suis toujours très bien entendue avec Guy Ouellette, a déclaré Rita de Santis, députée de Bourassa-Sauvé. Maintenant, je ne sais vraiment pas c'est quoi la vérité. Je n'ai rien à dire.»

Les partis d'opposition sous le choc

Si les faits allégués s'avèrent, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, estime qu'il s'agit d'une « bombe » pour le gouvernement Couillard.

«Pourtant, [Guy Ouellette] a la réputation d'être très droit. Qu'est-ce qui se passe au Parti libéral ? On veut le savoir.»

«On ne sait rien. On n'en sait pas assez pour commenter, a fait valoir le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. C'est grave qu'un parlementaire soit arrêté. Pour l'instant, on est dans le noir, ça ne sert à rien de spéculer.»

«On est très surpris, a dit pour sa part le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Ce n'est pas à cette arrestation-là qu'on attendait, c'est sûr.»

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