POLITIQUE

Le transport crée des flammèches entre Denis Coderre et Valérie Plante

Sans surprise, la question du transport a occupé une place de choix lors du débat

19/10/2017 19:56 EDT | Actualisé 19/10/2017 20:59 EDT
Olivier Robichaud

Sans surprise, la question du transport a occupé une place de choix lors du débat entre les deux principaux candidats à la mairie, Denis Coderre et Valérie Plante. Elle a également été le théâtre des échanges les plus musclés.

Les deux rivaux s'affrontaient jeudi dans le cadre d'un débat organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Lorsqu'il est venu le temps de parler de transport en commun, la fameuse «ligne rose» de Projet Montréal a été centrale.

«Le développement, c'est pensé à long terme. Quand ils ont fait le métro dans les années 1960, ils ont pensé aux besoins pour les 10, 20, 30, 40 années suivantes. [...] La ligne rose ouvre des quartiers densément peuplés qui sont fermés sur eux-mêmes», a dit Mme Plante.

M. Coderre a répondu à répétition «qui va payer?». Ce qui a causé la seule véritable hésitation de la soirée. En point de presse après le débat, Mme Plante a souligné que le premier mandat de son administration serait utilisé pour finaliser la planification de la ligne rose.

«Monsieur Fluidité»

Quelques minutes plus tôt, Mme Plante était passée à l'attaque sur le bilan de M. Coderre en matière de circulation.

«"Monsieur Fluidité", ça n'a pas été concluant. Nous voulons créer une équipe pour régler les problèmes de circulation rapidement», a-t-elle affirmé, en référence à la brigade qu'elle propose de créer pour inspecter les chantiers.

Rappelons que Pierre Lacasse, alias «Monsieur Fluidité», avait le mandat d'élaborer des mesures d'atténuation de la circulation. Il a été congédié cet été, deux mois après son embauche.

Selon M. Coderre, il a été congédié pour des questions de harcèlement.

«Vous savez pourquoi cet homme ne travaille plus pour Montréal. Il y a eu une situation qui demandait la tolérance zéro. On a voulu protéger nos travailleuses», a-t-il dit.

Mme Plante et M. Coderre ont d'ailleurs commencé leurs allocutions avec la question du harcèlement sexuel et du mot-clic #MoiAussi, au lendemain des graves révélations concernant Éric Salvail et Gilbert Rozon.

Retenir les familles

Projet Montréal a profité du débat pour dévoiler sa plateforme électorale et faire une nouvelle promesse concernant les familles. Le parti de Valérie Plante s'engage à rembourser la taxe de bienvenue aux familles ayant au moins un enfant qui souhaite acheter une propriété à Montréal.

Le remboursement serait plafonné à 5000$ et ne pourrait être réclamé qu'une seule fois. À partir de la mise en place du programme, les familles auraient quatre ans pour le réclamer.

Mme Plante a lancé cette promesse pour la première fois lorsque l'animateur du débat, l'éditorialiste en chef de La Presse François Cardinal, a demandé aux candidats ce qu'ils feraient pour retenir les familles.

M. Coderre a répondu à la même question en disant qu'il ne fallait pas mettre la métropole en compétition avec les banlieues, qui attirent chaque année de nombreuses familles montréalaises.

«La population de Montréal a quand même augmenté de 3,3%, rappelle-t-il. Je ne veux pas mettre la banlieue contre la ville. On est une grande région.»

Rappelons que M. Coderre propose de subventionner l'achat d'une maison grâce à un nouveau programme de 17 M$. Il estime que 2300 familles en profiteront. Projet Montréal estime pouvoir aider «la majorité des familles, sans restriction liée au prix de la propriété»

Les autres thèmes de la soirée étaient le commerce – un sujet qui a encore une fois attiré les allusions au maire du Plateau-Mont-Royal Luc Ferrandez – et la gouvernance.