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Uber va annoncer qu'il compte quitter le Québec

Les nouvelles conditions de formation et de sécurité seraient incompatibles avec son modèle d'affaires.

26/09/2017 06:01 EDT | Actualisé 26/09/2017 12:56 EDT

QUÉBEC – Uber va annoncer qu'il compte quitter le Québec en raison des nouvelles conditions de formation et de sécurité qui seraient incompatibles avec son modèle d'affaires, ont confirmé des sources bien au fait du dossier.

Le directeur général d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, fera une annonce à ce sujet à 11h à Montréal.

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a confirmé vendredi que le projet-pilote d'Uber allait être prolongé d'un an, tout en exigeant une formation de 35 heures et un resserrement des vérifications d'antécédents criminels. Il estime que ces demandes sont «raisonnables» du point de vue du gouvernement.

Uber a répliqué que ces nouvelles conditions étaient incompatibles avec son modèle d'affaires et mettaient «en péril» sa capacité d'opérer au Québec.

Les heures de formation supplémentaires – qui équivalent à une semaine de travail – pourraient décourager les «partenaires-chauffeurs» qui exercent la profession à temps partiel. Qui plus est, elle est «incompatible» avec le modèle d'affaires, qui fonctionne selon un système de pointage après chaque course. Après deux avertissements, le chauffeur est remercié.

Le ministre Lessard a également confirmé vendredi qu'il n'avait pas consulté les services de police avant d'annoncer des vérifications supplémentaires imposées à tous les chauffeurs. À l'heure actuelle, la vérification est faite par le privé.

Selon nos informations, une rencontre aurait eu lieu avec le siège social de la compagnie pour trancher sur l'avenir d'Uber au Québec. Il semble maintenant que la décision soit finale. «À moins d'un miracle, il n'y a rien à faire», a laissé entendre une source.

Ouvert à négocier « sur la forme »

Du côté du ministre des Transports, on maintient que le gouvernement est prêt à négocier «sur la forme», mais pas sur le fond. Les 35 heures de formation obligatoire iront de l'avant, tout comme la vérification des antécédents judiciaires.

Mais Québec est ouvert à voir comment ces 35 heures pourraient s'articuler concrètement, explique Mathieu Gaudreault, l'attaché de presse du ministre Lessard. «Ce n'est pas obligé d'être un professeur dans une classe avec une craie et un tableau», dit-il.

M. Gaudreault n'a pas voulu s'avancer sur le futur d'Uber au Québec. Il réitère néanmoins que les demandes de Québec sont «très raisonnables». Si l'entreprise décide de quitter tout de même, «c'est une décision d'affaires qui leur revient».

«Du bullying commercial», réplique l'industrie

L'industrie du taxi affirme de son côté qu'Uber n'est «pas obligé» d'arrêter ses opérations et maintient que cette menace plane «uniquement pour frustrer ses utilisateurs et faire pression sur le gouvernement».

«Encore une fois, Uber, au lieu de négocier de bonne foi, préfère faire du bullying commercial. C'est le chantage classique d'Uber», critique Georges Malouf, porte-parole montréalais des intermédiaires de taxi.

«La vraie question, nous la posons depuis bientôt trois ans, le gouvernement du Québec est-il capable de se faire respecter ou va-t-il encore flancher et se mettre à plat ventre devant les quelques pressions d'Uber? »

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