POLITIQUE

Commission Chamberland: Coderre refuse un « mur d’étanchéité » entre lui et la police

Le maire a refusé une modification au Code d'éthique des élus qui lui interdirait de communiquer avec le chef de police pour des dossiers qui l'impliquent personnellement.

26/09/2017 18:39 EDT | Actualisé 26/09/2017 18:39 EDT
Olivier Robichaud

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a refusé lundi une modification au Code d'éthique des élus qui lui interdirait de communiquer avec le chef de police pour des dossiers qui l'impliquent personnellement.

Le principal parti d'opposition, Projet Montréal, a déposé une motion en ce sens lors de la dernière réunion publique du conseil municipal avant les élections du 5 novembre. La modification proposée empêcherait tout membre du comité exécutif, dont le maire, de communiquer avec le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ou son état-major pour des sujets qui les impliquent ou qui impliquent leurs proches.

Tant la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, que le porte-parole du parti en matière de sécurité publique, Alex Norris, ont rappelé que Denis Coderre a contacté le directeur du SPVM à deux reprises pour de tels sujets.

Le maire a d'ailleurs dû témoigner devant la Commission Chamberland sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques pour avoir « pété sa coche », selon son expression, à l'ex-directeur du SPVM Marc Parent lorsqu'il a appris que le journaliste Patrick Lagacé avait mis la main sur une contravention qui lui avait été octroyée.

Il a également contacté le directeur actuel, Philippe Pichet, lorsqu'il croyait que son fils avait été victime d'un vol d'identité. L'enquête avait été confiée à la Sûreté du Québec.

« Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail sans crainte d'ingérence politique ou d'ingérence policière. [...] Au final, les Montréalais et les Montréalaises veulent savoir qu'il y a un mur étanche entre la haute direction de la Ville de Montréal, en la personne du maire, et le service de police», a déclaré Mme Plante.

Le leader de la majorité, Francesco Miele, a accusé l'opposition de «personnaliser le débat». Sa collègue Anie Samson, responsable de la sécurité publique au sein du comité exécutif, estime que le maire doit pouvoir contacter le directeur du SPVM pour assurer la bonne gestion de la Ville.

«Le maire de Montréal n'est pas un citoyen ordinaire. Le maire de Montréal a des pouvoirs pour gérer une grande ville. Alors vous comprendrez que son rôle est aussi de s'occuper de ses citoyens et de s'assurer que tout fonctionne bien», a-t-elle dit.

Mme Plante a répliqué que, justement, le maire n'est pas un citoyen ordinaire lorsqu'il appelle le directeur de police pour des affaires personnelles.

M. Coderre ne s'est pas levé pour défendre sa position, mais il s'est opposé à la motion, tout comme les autres membres de son parti. La proposition a finalement été battue à 36 voix contre 23.

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