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Voici pourquoi le marché de l'immobilier de Montréal ne deviendra pas comme ceux de Vancouver et Toronto

Le marché est sain, mais il ne sera pas aussi compétitif que ceux de Vancouver ou Toronto.

25/09/2017 14:03 EDT | Actualisé 25/09/2017 14:56 EDT
Getty Images/iStockphoto

Better Dwelling: Le marché de l'immobilier de Montréal n'est pas en plein essor, et il n'est pas alimenté par des acheteurs étrangers qui quittent Toronto ou Vancouver.

Dans les médias, on entend que Montréal est la nouvelle ville en vogue pour investir dans le marché de l'immobilier, surtout dans l'immobilier de luxe. Nous avons analysé des statistiques de ventes de l'Association canadienne de l'immeuble (ACI) et de la Chambre immobilière du Grand Montréal. Si le marché de l'immobilier à Montréal va bien, de dire qu'il est en plein essor est un mensonge.

Les prix montent de 200 $... Oui, vous avez bien lu!

Le prix d'une maison à Montréal augmente, mais pas de façon significative. Le prix moyen d'une maison typique a augmenté à 326 400 $. C'est 0,06% de plus que le mois dernier, ce qui fait une différence de 200 $. Comparé au même mois de l'année en 2016, le prix est de 4,64 % (14 5000 $) plus cher. En comparaison, l'augmentation du prix moyen pour tous les centres urbains canadiens était de 11,24 %. Montréal a eu une bonne augmentation, mais reste une ville moins performante comparativement au reste du pays.

Le prix moyen de vente montre des gains encore plus conservateurs. La maison moyenne dans le Grand Montréal a été vendue en moyenne à 374 333 $, une augmentation de 4,1 % comparativement au même mois l'an passé. C'est un marché sain, mais qui est tout juste au-dessus de l'inflation.

Le marché de luxe de Montréal n'est pas en plein essor

Les agents se sont vantés qu'il y avait une croissance dans l'achat de maisons de luxe de plus d'un million de dollars à Montréal. Au mois d'août, il y a eu 64 ventes de plus d'un million de dollars, comparativement à 59 le même mois l'an dernier. C'est une croissance de 8 %, juste un peu en dessous de la croissance de 8,1 % dans la région. Les ventes au-dessus d'un million de dollars représentent 2,2 % de toutes les ventes à Montréal. Ce n'est pas une grosse portion des ventes, ni une énorme croissance - malgré ce qu'en disent les agents.

En contrepartie, regardons les ventes de luxe à Toronto - qui sont généralement au-dessus de 2 millions de dollars. En août, il y a eu 132 ventes au-dessus de 2 millions de dollars, environ 4,8 % du marché. Si on ajoutait les ventes au-dessus d'un million, ce nombre irait à 15 %.

Les acheteurs étrangers de Toronto et de Vancouver ne s'intéressent pas à Montréal

Les médias ont rapporté que les acheteurs étrangers ont apporté des gains énormes à Montréal. Il y a deux types importants d'acheteurs étrangers - les immigrants et les banquiers de terres urbaines. Et Toronto a beaucoup de gens dans la première catégorie. Les statistiques du Toronto Real Estate Board montrent que 91,5% des acheteurs étrangers ont acheté leur maison pour y habiter. La majorité de ces acheteurs déménageaient des États-Unis.

Plusieurs de ces acheteurs étrangers ont déménagé pour un emploi. Une taxe ne change pas les opportunités d'emploi du jour au lendemain et n'envoie pas les emplois ailleurs. Si une taxe de non-résident est appliquée quand le terrain est enregistré, ils peuvent toujours l'acheter et ne pas être taxés s'ils ne l'habitent pas et revendent la propriété. Ceci étant dit, une taxe n'envoie pas les gens qui déménagent pour un emploi à une autre ville. Ça peut retarder l'achat jusqu'à ce que le nouveau résident n'ait plus besoin de la payer.

S'il y a beaucoup d'immigration à Vancouver, le vrai problème est que les acheteurs font l'achat de maisons comme pour stocker des fonds. En effet, les maisons à Vancouver ne sont pas achetées pour y habiter, mais plutôt pour les revendre lorsqu'on a besoin de liquidité, comme les lingots d'or dans un compte de banque suisse.

Il y aurait 66 179 maisons vides ou occupées occasionnellement dans la région du Vancouver métropolitain. Une analyse faite l'an dernier montre qu'une maison revendue sur dix n'a jamais été habitée, et certaines pendant aussi longtemps que 20 ans.

La taxe d'achat étrangère a freiné l'achat à Vancouver. Ceci étant dit, les prix des maisons ne descendront pas. Cette conservation des valeurs continue à rendre Vancouver attirante.

Cet article est d'abord paru sur Better Dwelling puis sur le HuffPost Canada et a été traduit de l'anglais. Vous pouvez suivre Better Dwelling sur Facebook.