BIEN-ÊTRE

Le vin australien séduit de nouveau

L'Australie veut transformer les touristes étrangers en ambassadeurs de ses vins.

20/09/2017 14:42 EDT | Actualisé 20/09/2017 14:42 EDT
David Gray / Reuters

Après une décennie difficile, le vin australien retrouve de la vigueur à l'étranger et séduit les touristes, à la faveur d'une réputation qui s'améliore.

Les chiffres officiels des exportations australiennes 2016-17 montrent que sa renommée internationale est en train de changer. Trop souvent associé aux boissons corsées et bon marché avec lesquels l'Australie, cinquième plus gros exportateur, a longtemps arrosé le marché, le vin du bout du monde l'est désormais de plus en plus aux crus de qualité.

Cette année, la valeur des exportations de vin australien a augmenté de 10%, passant de 2,17 à 2,31 milliards de dollars grâce à une hausse de la demande sur ses deux plus gros marchés: la Chine (+44%) et les États-Unis (+3%).

Holger Leue

Selon Wine Australia, qui représente la profession, la plus forte hausse va aux vins premium et aux variétés pétillantes, dont les exportations ont doublé cette saison.

La croissance des vins à l'étranger est en outre plus forte que celle de ses concurrents. Si la France reste de loin le premier fournisseur de vins en Chine, l'Australie y fait une percée sans précédent.

Investissement dans l'oenotourisme

Ce pic de demande s'explique notamment par un changement d'image. «En Chine, la classe moyenne est de plus en plus éduquée et connaisseuse», explique à l'AFP Tony Battaglane, président de la Fédération des vignerons australiens.

«Fini le temps où les consommateurs associaient systématiquement haut de gamme et vins français. Aujourd'hui, ils apprennent à reconnaître la variété et les qualités de nos vins. Quant aux États-Unis, notre changement de stratégie s'est révélé gagnant. Au lieu de continuer à suivre une logique tarifaire et une politique des volumes, on a tablé sur la montée en gamme», ajoute-t-il.

L'Australie veut renforcer cette nouvelle donne en transformant les touristes étrangers en ambassadeurs de ses vins.

Fin août, le gouvernement fédéral annonçait un plan d'investissement ambitieux dans le secteur vinicole: 50 millions de dollars sur trois ans, répartis entre aide à l'export et développement de l'oenotourisme.

Des plus anciennes, comme la Hunter Valley, près de Sydney, à la plus visitée, la Yarra Valley, dans la région de Melbourne, en passant par la très isolée Margaret River, en Australie-Occidentale, l'île-continent n'a pas attendu pour miser sur ses 65 régions viticoles.

Selon un sondage gouvernemental, un million de touristes étrangers ont visité un vignoble australien en 2016-17, soit 13% du nombre total de visiteurs et 37% de plus qu'en 2015. Quant à leurs dépenses locales en vin et en nourriture, elles ont crû de 21,1%, s'établissant à 6 millions de dollars selon Tourism Australia.

Aux visites guidées traditionnelles s'ajoutent désormais des jeux interactifs pour reconnaître les arômes, des pique-niques ou des balades à vélo dans les vignes... Quand il ne s'agit pas de survoler un domaine ou une région en hélicoptère.

Cours d'assemblage de vin

«Notre cible va des fous de vins fins aux amateurs motivés», résume Sally Cope, directrice de Ultimate Winery Experiences Australia, qui regroupe dix-neuf domaines et une centaine d'offres originales. Des voyageurs qui veulent vivre des expériences immersives et sont prêts à payer pour un accès privilégié aux coulisses du vignoble.

À l'est du Victoria, Tahbilk, où la famille Purbrick s'est établie en 1925, accueille chaque année 40 000 touristes, dont 10% d'étrangers. Bruce Minchinton, responsable marketing, y anime des cours d'assemblage de vin: «Les gens adorent repartir avec une bouteille de vin de leur confection!», dit-il.

En plus des Anglais, des Américains et des Européens, les trois marchés où les vins du domaine sont déjà bien identifiés, «les Chinois et les Japonais viennent toujours plus nombreux» dit-il.

En 2014, Tahbilk tirait 2000 dollars de ses activités touristiques viticoles. Trois ans plus tard, ces revenus ont décuplé. Mais le vrai bénéfice est à long terme: la publicité que fourniront gracieusement les visiteurs du vignoble une fois revenus dans leur pays.

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