POLITIQUE

Lucie Charlebois a elle aussi tenté de repousser la légalisation du «pot»

Sans succès.

24/08/2017 22:09 EDT | Actualisé 25/08/2017 05:39 EDT
LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC – La ministre responsable du dossier du cannabis, Lucie Charlebois, admet qu'elle a elle aussi tenté de convaincre Ottawa de repousser la légalisation de la drogue, mais elle a essuyé un non catégorique de la part de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott.

« Ça s'est arrêté là comme discussion », a simplement dit la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie. Les deux femmes ont tenu un « échange informel » cet été à ce sujet, en marge d'une annonce sur les sites d'injection supervisée à Montréal.

« Ceci étant dit, l'ensemble des provinces va être prêt, maintient Mme Charlebois. Pourquoi le Québec ne serait-il pas prêt? Moi, je ne laisserai pas la chance aux autres provinces de venir vendre des produits ici. Il faut qu'on soit prêts, qu'on ait une bonne loi-cadre et on est capables d'arriver à temps. »

Sachez qu'on va être prêts. On n'a pas le choix pour la santé et la sécurité de la population

La ministre était de passage à Québec pour une consultation régionale sur l'encadrement du cannabis, après un arrêt à Rimouski plus tôt cette semaine. Une consultation en ligne est aussi en cours, et quelque 7000 personnes auraient déjà fait part de leur opinion sur la plateforme du gouvernement du Québec.

Ce n'est pas la première fois que Québec tente de convaincre Ottawa de repousser la date d'entrée en vigueur de la légalisation de la drogue, prévue pour le 1er juillet 2018. Le chef de cabinet du premier ministre Philippe Couillard avait lui aussi essuyé un refus du gouvernement Trudeau, selon La Presse.

Mme Charlebois se fait toutefois rassurante : Québec aura fait ses devoirs même si les délais sont serrés. « Sachez qu'on va être prêts. On n'a pas le choix pour la santé et la sécurité de la population », a-t-elle dit lors d'un point de presse jeudi soir.

Pas de consensus

Au terme de deux journées de consultations, la ministre n'ose pas se prononcer sur les intentions du gouvernement du Québec, qui devrait déposer sa loi-cadre cet automne. « On a un constat qui est clair : il y a des opinions qui sont très diversifiées », a-t-elle simplement dit.

Il y a toutefois certains points qui font consensus, comme l'importance de la prévention et de la formation, tant pour les forces de l'ordre, mais aussi pour les distributeurs dans les points de vente. La santé publique et la sécurité publique sont également source de préoccupations.

Si l'âge de 18 ans pour acheter et consommer du cannabis semble faire consensus, certains participants ont évoqué l'idée de hausser l'âge minimum à 21 ans. Mme Charlebois dit que son ministère va colliger les informations pour ensuite prendre une décision finale à ce sujet.

Les prochaines consultations auront lieu à Saguenay le 29 août, à Trois-Rivières le 31 août et ensuite à Granby le 1er septembre.

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