POLITIQUE

Le gouvernement du Québec investit 59,8 millions $ pour l'usine d'eau Atwater

Cette somme aidera à éviter que les travaux de construction à l'échangeur Turcot et au pont Champlain ne contaminent l'eau potable.

24/08/2017 10:32 EDT | Actualisé 24/08/2017 12:41 EDT
Olivier Robichaud
Le maire Denis Coderre, la responsable de l'eau Chantale Rouleau, le ministre Martin Coiteux et le maire de Verdun François Parenteau.

Le gouvernement du Québec investira 59,8 millions $ pour éviter que les travaux de construction à l'échangeur Turcot et au pont Champlain ne contaminent l'usine d'eau potable Atwater, qui fournit 42 % de l'eau de Montréal.

Québec finance ainsi la majorité du contrat de plus de 75 millions $ accordé par la Ville de Montréal pour construire une nouvelle canalisation et une nouvelle prise d'eau.

La nouvelle canalisation suivra l'axe du boulevard Champlain, dans l'arrondissement de Verdun. L'emplacement actuel longe l'autoroute 15 et se trouve à ciel ouvert.

"La présence de l'autoroute 15 à quelques dizaines de mètres de la prise d'eau de l'usine Atwater constitue un défi pour a protection de la source d'eau brute. Mon administration a entrepris, au début de l'été, les travaux nécessaires pour sécuriser l'arrivée d'eau brute à l'usine", souligne le maire de Montréal, Denis Coderre.

Le ministre des Affaires municipales et ministre responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, s'est déplacé sur le site pour annoncer la subvention jeudi.

"L'usine Atwater est une infrastructure névralgique au cœur de la métropole, affirme-t-il. L'investissement majeur du gouvernement, associé à celui de la Ville, contribuera à assurer l'approvisionnement en eau à cette usine et donc la livraison d'une eau de qualité à des centaines de milliers de citoyens."

Le nouveau tunnel de canalisation sera creusé sur une distance de 900 mètres. L'ensemble des travaux devrait se terminer en juin 2018.

"Nous sommes on time et on budget avec ce projet", souligne le maire Coderre.

L'eau bien gérée, dit le maire

La gestion du dossier de l'eau a été la source de nombreuses critiques et de nombreux reportages au cours des dernières années, y compris à l'usine Atwater. La Ville avait exigé l'installation d'un système de sécurité qui n'avait qu'un seul fournisseur, mais qui ne respectait pas les normes canadiennes. La plupart des caméras de sécurité étaient également non fonctionnelles.

Le HuffPost Québec a aussi appris que les travaux à l'usine d'eau Pierrefonds ont été repris au début, après cinq ans de déboires. La gestion de ce dossier a forcé la Ville à résilier cinq contrats pour les réunir en un seul appel d'offres, qui coûtera 9,7 M$ de plus que prévu.

«Dans le dossier de Pierrefonds, ça coûte peut-être un peu plus cher, mais c'était des travaux qui étaient nécessaires et il y a des dépenses qui étaient connexes à ça», répond M. Coderre.

Selon le maire, le dossier est mieux géré depuis qu'il est au pouvoir.

«Regardez ce qu'on a fait du côté de Rosemont. [...] Ça a fonctionné à merveille, il n'y a eu aucun problème, aucun délai», souligne-t-il, en référence aux travaux au réservoir d'eau potable Rosemont, mis hors service en 1978.

À terme, ce réservoir augmentera de 40% la production d'eau potable de la Ville.

Selon M. Coderre, les problèmes de sécurité à l'usine Atwater ont été réglés.

L'opposition officielle déplore toutefois la multiplication des travaux sans analyse complète des besoins. Les travaux à l'usine Pierrefonds, par exemple, ont été menés alors que le problème de surcapacité aurait pu être réglé par une meilleure connexion avec les autres usines de l'ouest de l'île, selon un reportage du quotidien The Gazette.

LIRE AUSSI:
» Des travaux repris à zéro à l'usine d'eau potable Pierrefonds

VOIR AUSSI:

Sans eau potable depuis 20 ans dans une réserve ontarienne