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Après les affrontements, les loups sortent à Québec

La Meute est sortie de sa tanière après une contre-manifestation violente.

20/08/2017 16:14 EDT | Actualisé 22/08/2017 00:55 EDT

QUÉBEC – Une contre-manifestation violente s'est estompée pour laisser La Meute aboyer son opposition à l'immigration dite « illégale » dans les rues de Québec en toute quiétude, dimanche.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant un édifice de la rue Louis-Alexandre-Taschereau, près du Parlement, où les sympathisants du groupe d'extrême droite étaient réunis. Ces derniers sont restés terrés dans le stationnement jusqu'en fin d'après-midi pour des raisons de sécurité.

Des manifestants masqués ont malmené des passants qu'ils croyaient affiliés avec La Meute. Ils se sont battus avec un individu qui a fini par leur faire un salut nazi avant d'être escorté par le Service de la police de la Ville de Québec (SPVQ). D'autres passants, comme Denis Lambert, ont reçu de l'encre au visage.

L'escouade de policiers anti-émeute s'est par la suite déplacée sur la rue Jacques-Parizeau, où des manifestants masqués leur ont lancé des pétards et des bouteilles de bière. C'est à ce moment que le SPVQ a déclaré la manifestation illégale à cause « des actions de violence et de vandalisme ». Les policiers ont averti les manifestants qu'ils pourraient être arrêtés.

Éric Roy, qui transportait un drapeau des Patriotes, a été sérieusement blessé au visage par les manifestants dits « antifascistes » qui l'accusaient de faire partie de La Meute.

LA PRESSE CANADIENNE

Des journalistes ont également été la cible des manifestants, qui ont endommagé une caméra de Global News.

Les policiers ont forcé les manifestants à avancer vers le boulevard René-Lévesque vers 16h, usant de gaz poivré pour les plus récalcitrants. La Meute a ainsi pu sortir du stationnement en question pour manifester autour de l'Assemblée nationale dans le calme en fin d'après-midi.

« J'ai honte »

« La violence a été au menu », explique Maxime Fiset, ancien skinhead devenu agent de prévention pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. Celui qui était venu comme observateur à la contre-manifestation a dénoncé le comportement des manifestants masqués.

« Honnêtement, j'ai honte d'être du même côté en théorie que ces gens-là parce que ça n'a pas de bon sens de la violence comme ça dans nos rues. C'est ce qui fait aujourd'hui que La Meute s'en sort avec le gros bout du bâton au niveau des relations publiques », affirme-t-il après les faits.

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Selon lui, c'était une erreur de cerner l'édifice dans lequel La Meute était cachée pour les empêcher de sortir. « Dès qu'on les empêche de manifester, La Meute a le beau jeu d'utiliser ça pour alimenter leur discours victimaire », fait valoir M. Fiset.

En début de soirée, la police de Québec a fait état d'une seule arrestation, mais elle a prévenu que d'autres pourraient suivre car elle dit détenir des images et des vidéos d'individus «qui ont participé activement à cette manifestation illégale».

Elle a aussi affirmé dans un communiqué que trois policiers avaient été incommodés par «un irritant chimique». Du côté des manifestants, la police dit avoir été informée de six transports à l'hôpital.

Avec La Presse Canadienne.

La contre-manifestation à Québec tourne au vinaigre

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