POLITIQUE

C’est officiellement la fin de recherche et d'exploitation d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti

Le gouvernement du Québec s'est aussi entendu pour dédommager la majorité de ses partenaires dans cette aventure.

28/07/2017 08:59 EDT | Actualisé 28/07/2017 09:01 EDT
AFP/Getty Images

Après plus d'une année d'incertitude, le gouvernement du Québec a définitivement mis fin à toute possibilité de travaux de recherche et d'exploitation d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti. Il s'est aussi entendu pour dédommager la majorité de ses partenaires dans cette aventure, à un coût bien moindre qu'avancé dans les derniers mois.

Un texte de Mathieu Dion

En 2014, le gouvernement du Parti québécois, par l'intermédiaire d'Investissement Québec, avait créé la société Hydrocarbures Anticosti avec trois entreprises (Corridor Resources et Saint-Aubin E&P) pour découvrir le potentiel d'exploration de pétrole et de gaz de schiste sur l'île du golfe du Saint-Laurent.

Mais lors de la conférence de Paris sur les changements climatiques en décembre 2015, le nouveau premier ministre libéral, Philippe Couillard, a clairement fait connaître son intention de se dissocier du projet pétrolier et gazier. « J'aurais préféré ne pas trouver ce projet sur mon bureau », avait-il déclaré.

Depuis, rien ne va plus.

La firme Pétrolia a tout tenté pour forcer le gouvernement à respecter son contrat, mais en vain.

Compensations de 41 millions de dollars

En vue de mettre fin aux travaux et de résilier le contrat, Québec est parvenu à s'entendre avec deux de ses trois partenaires, Corridor Resources et Saint-Aubin E&P.

Une autre firme, Junex, s'est également engagée à abandonner tous les permis qu'elle détient sur Anticosti.

Les compensations versées s'élèvent ainsi à plus de 41 millions de dollars; elles sont basées sur les dépenses engagées jusqu'ici.

Seul Pétrolia ne s'est pas entendue avec le gouvernement. L'entreprise réclamait une compensation totale d'au moins 200 millions de dollars pour les partenaires. La valeur des ententes négociées s'avère donc bien moins importante, considérant qu'elles représentent plus de la moitié de l'ensemble des permis sur l'île.

Activités pétrolières et gazières maintenant illégales

Avec les autorisations environnementales en poche, Pétrolia avance depuis des mois qu'elle peut réaliser des forages exploratoires, mais les opérations sont sans cesse reportées.

Voilà que le gouvernement Couillard les rend dorénavant impossibles avec l'adoption d'un arrêté ministériel visant à interdire la recherche et l'exploitation de pétrole et de gaz naturel sur Anticosti.

Québec avait aussi donné son appui en janvier à la municipalité de L'Île-d'Anticosti pour inscrire la plus grande île de la province au patrimoine mondial de l'UNESCO. Son entrée sur la fameuse liste aurait le potentiel de protéger définitivement le territoire.

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