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Le Festif de Baie-Saint-Paul ou l'art de se réconcilier avec les festivals

«L'une des forces de cet événement est qu'il a grandi avec les citoyens de Baie-Saint-Paul en symbiose presque parfaite.»

24/07/2017 17:29 EDT | Actualisé 24/07/2017 18:26 EDT
Sarah-Émilie Nault
Vincent Vallières qui a livré un spectacle surprise dans la cour arrière d'une résidente de Baie-St-Paul.

Une programmation de qualité, une ambiance électrisante, un décor de rêve planté en pleine nature charlevoisienne, des spectacles surprises livrés dans des lieux inusités, de la simplicité, du respect de l'environnement, des artistes dévoués, de l'intimité et surtout, un nombre parfait de festivaliers au savoir-vivre aussi éloquent que leur désir de danser et de faire la fête: Le Festif de Baie-St-Paul est ce festival aux notes parfaites qu'on n'attendait plus vraiment. Retour sur cette plus-que-festive 8e édition dont on se rappellera encore longtemps.

L'amour des artistes pour Le Festif

Depuis quelques années, je suis de ces festivalières au cœur déchiré. Déchiré entre mon amour des événements célébrant la musique et ma déception lorsque j'assiste à de ces festivals qui ne se soucient plus de leurs festivaliers... Dans la petite ville de Baie-St-Paul, du 20 au 23 juillet derniers, j'ai retrouvé l'essence même de ce qui porte et fait vibrer les amateurs de musique qui se regroupent en plein air. En quelques minutes, j'ai su que Le Festif allait être l'événement qui allait me réconcilier non seulement avec les festivals, mais à plus grande échelle, avec le genre humain.

Les jeunes et passionnés organisateurs du Festif n'auraient pas pu trouver meilleurs artistes pour porter leur message de simplicité, d'amour de la musique et de vérité dans les relations humaines que les Xavier Rudd, Daniel Bélanger, Lisa Leblanc, Richard Séguin,Valaire, Caravan Palace, Loco Locass, Louis-Jean Cormier, We are Wolves et Vincent Vallières. Qu'ils soient en prestation sur la scène principale, sous une large ou une plus petite tente, dans un sous-sol d'église , sur le toit d'une voiture, dans un autobus ou sur un quai au bord de l'eau, ils se sont faits porte-parole d'un festival unique aux belles convictions.

«C'est merveilleux ici, a affirmé l'artiste, activiste, musicien et homme-orchestre australien de renommée internationale Xavier Rudd. Les gens sont gentils et l'atmosphère, comme la nature tout autour, est belle. Les gens semblent heureux ici, j'y sens beaucoup d'amour. On célèbre la musique et la vie. Notre spectacle se met au diapason avec tout cela.»

«J'aime beaucoup revenir au Canada», a ajouté celui qui allait effectivement livrer un spectacle au parfait diapason avec ce festival misant sur la simplicité, l'intimité et l'amour sous toutes ses formes.

«Pourtant, je sens que le Québec n'est pas vraiment le Canada. On se sent dans un pays différent, l'énergie est différente, tout comme les gens. Le Québec est ma région favorite au Canada. J'aime que les Québécois soient fiers de leurs racines. J'adore jouer ici, c'est magnifique. Il semble que je résonne avec les gens qui parlent français. Nous avons eu de super spectacles en France, au Québec, sur l'île de la Réunion... Les gens ressentent l'esprit et l'essence de ce que nous apportons: l'esprit et l'énergie de notre Australie natale. Nous avons un grand respect pour la terre d'ici; c'est cela la véritable cérémonie. Le spectacle vient simplement s'ajouter à tout cela.»»

Même son de cloche chez Vincent Vallières qui a livré un spectacle surprise (annoncé aux festivaliers quelques minutes avant sa prestation via l'application mobile du Festif) dans la cour arrière d'une résidente de Baie-St-Paul.

«Quand l'équipe du Festif nous a proposé de faire un show surprise, on a trouvé que c'était une belle idée et une bonne raison de nous rendre dans Charlevoix. On se pointe ici dans le pur plaisir de faire de la musique», a-t-il expliqué.

«L'une des forces de cet événement est qu'il a grandi avec les citoyens de Baie-Saint-Paul en symbiose presque parfaite. Ce n'est pas un événement qui s'est imposé, mais qui a plutôt toujours travaillé avec la communauté en plus d'être au goût du jour par rapport à l'environnement et à la musique. Les organisateurs sont jeunes et dynamiques; ils créent un événement à leur image, dans l'une des plus belles régions du Québec. Je fais de la musique depuis longtemps, essentiellement pour m'exprimer et rencontrer des gens de partout. Je trouve qu'un événement comme Le Festif est le prétexte idéal pour le faire.»Vincent Vallières

Lisa Leblanc, qui en est à sa deuxième participation au Festif, avait préparé un pot-pourri d'anciennes et de plus récentes chansons qui a fait danser - et body-surfer - la foule en délire.

«Je gardais un très bon souvenir du Festif, a-t-elle expliqué. Les gens, le party, l'atmosphère générale dans le village. J'ai tout de suite accepté de revenir. Ici, même si on est dehors, on a pourtant l'impression de jouer dans une salle plus intime, c'est étrange. C'est peut-être à cause de la façon dont le stage est fait, mais l'atmosphère reste intime avec une crowd en folie.»

«Je trouve que Le Festif est comme un exemple à suivre pour les autres festivals, a ajouté celle qui s'envolera sous peu pour l'Europe où elle se produira en Allemagne, en France et en Belgique. C'est une belle équipe de jeunes dynamiques qui a tellement d'imagination et de curiosité. Ils prennent des risques, ils veulent faire découvrir de nouveaux bands aux festivaliers et cela se sent. Il y a tellement d'amour qui vient avec ce festival.»

Découvrir, profiter et vivre de musique

Dans un dépanneur, j'ai découvert le catalan Vurro, un homme-orchestre jouant des cymbales avec les cornes de son masque de squelette bovin. Sous une tente dans une foule en délire, j'ai enfin pu assister à un spectacle de Qualité Motel, le projet formule DJ des talentueux membres de Valaire. Sous des chapiteaux, j'ai découvert les excellents We are Wolves. En me baladant sur la jolie rue festive, j'ai dansé au son des mélodies des Lemon Bucket Orkestra et du Vent du Nord. Au bout du quai, j'ai profité du soleil et de l'air marin sublimés par la poésie de Philippe B et de Sarah Toussaint-Léveillé. À la scène principale, je suis retombée sous le charme de la musique et des paroles de Daniel Bélanger, tout comme j'ai vibré devant la grandeur d'âme et le talent de Xavier Rudd. Tout le week-end, j'ai fait ce que j'aime le plus faire au monde: vivre de musique, découvrir de nouveaux artistes, chanter et danser tout au long d'un festival hallucinant d'originalité, d'authenticité et d'intimité.

Le Festif de Baie-Saint-Paul édition 2017

«On sent très bien une évolution dans la foule, dans les idées, dans tout ce qui entoure Le Festif, affirme Luis Clavis, membre de Valaire et de Qualité Motel. Cette équipe là fait tellement les choses pour les bonnes raisons et cela se sent autant du côté de l'accueil des artistes que de leur dévouement pour que le public passe un bon moment. C'est vraiment un exemple à suivre pour les autres festivals. À la place de faire trois gros spectacles avec des gens qu'on entend à la radio en ce moment dans le seul but d'attirer du monde, ils se soucient que les festivaliers découvrent des trucs, vivent des expériences, aient du plaisir et fassent la fête de façon tout à fait respectueuse. C'est important de le souligner lorsque c'est bien fait.»

À ce joyeux Festif qui se trouve sans doute tout près de la croisée des chemins (devenir ou ne pas devenir plus gros et plus grand sous la demande?), on ne peut souhaiter que de bonnes choses: de sages décisions, une âme pure qui ne sera jamais vendue au diable et une authenticité préservée pour l'amour de la musique et du bien-être des festivaliers.

Xavier Rudd l'a si bien dit: «ce qui est important aujourd'hui, c'est de prendre le temps de regarder le soleil briller sur cette montagne. Nous voilà aujourd'hui dans un endroit où il est toujours possible d'apprécier ce genre d'instant. Qui sait s'il n'y aura pas un moment où ce ne sera plus possible. Nous sommes ici comme une famille qui s'apprête à profiter de la musique, c'est tout ce dont il faut se préoccuper pour le moment.»

Envie de vous rendre à la prochaine édition du Festif – ou tout simplement dans Charlevoix – sans utiliser de voiture? On opte pour le train. De Montréal à Québec, on monte dans l'un des trains de Via Rail Depuis la vieille capitale, on utilise la navette PLUM Mobile pour se rendre au Parc de la Chute Montmorency. Puis, on prend place à bord du nouveau train de Charlevoix afin de profiter des plus beaux paysages québécois qui soient.

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