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Thaïlande : des dizaines de prévenus, dont un général, coupables de trafic d'êtres humains

Vaste réseau de traite d'immigrants

19/07/2017 12:30 EDT | Actualisé 19/07/2017 12:32 EDT
Jorge Silva / Reuters

Des dizaines de personnes, dont un général de l'armée thaïlandaise, ont été reconnues coupables de trafic d'êtres humains à la suite du démantèlement d'un vaste réseau de traite d'immigrants.

Ce réseau, dont les activités étaient dénoncées depuis des années par des ONG, a été démantelé par les autorités thaïlandaises après la découverte de fosses communes dans des camps de migrants cachés dans la jungle.

L'offensive policière contre le réseau de passeurs avait d'ailleurs conduit à l'abandon en mer de milliers de migrants Bangalais et de musulmans rohingyas qui fuyaient la Birmanie.

En tout, 102 personnes ont été arrêtées et reconnues coupables dans cette affaire au terme d'un procès d'un an et demi. Aucune peine n'a encore été prononcée par la Cour pénale de Bangkok pour des chefs d'accusation de traite d'êtres humains, de demande de rançon et de meurtre.

Les coupables sont passibles de la peine de mort pour ces crimes en Thaïlande.

Un puissant général parmi les coupables

Quant au général Manas Kongpan, qui fait partie des coupables, les juges ont expliqué qu'il était un maillon actif de ce réseau et qu'il a utilisé sa position et son autorité pour faciliter la traite des migrants, notamment pour faire sortir des Rohingyas du pays en échange d'argent.

L'officier de renom, promu à l'époque où l'actuel chef de la junte Prayut Chan-O-Cha était à la tête de l'armée, a nié toutes les accusations retenues contre lui.

Selon les enquêteurs thaïlandais, le général Manas aurait empoché au moins 14,8 millions de bahts (554 000 $CAN) en échange de ses services dans ce réseau criminel.

Des fonctionnaires, policiers et soldats

Le démantèlement de ce réseau a aussi révélé l'implication de nombreux fonctionnaires, soldats et policiers, mais aussi de politiciens dont le maire de la ville de Pedang Besar, dans le sud du pays.

La puissante organisation de trafic humain avait des ramifications dans tout le golfe du Bengale où des migrants birmans ou bangladais tentaient de passer en Thaïlande pour entrer ensuite clandestinement en Malaisie.

Beaucoup de ces migrants ont été retenus contre leur gré par des passeurs dans des camps cachés dans la jungle, en échange de rançons exorbitantes (2000 $ à 3000 $) réclamées à leur famille.

Des témoignages de survivants de ces camps font état de passages à tabac, de meurtres et de viols fréquents. Des dizaines de fosses communes ont été retrouvées dans la jungle près de ces camps.

Certaines ONG qui redoutent que l'enquête de police ait été bâclée dans cette affaire rappellent que le haut responsable de la police thaïlandaise avait précipitamment quitté le pays à la suite de cette enquête, en affirmant craindre pour sa vie. Il a depuis demandé l'asile politique en Australie.